‹ Contribution à l'étude des Cowpérites dans l'Uréthrite chroniqueChapitre 9 sur 44 · IL. — NomBrE · texte numérisé non relu

IL. — NomBrE

Classiquement, on décrit deux glandes de Cowper, une droite el une gauche, mais les recherches des anatomistes ont montré combien ce nombre était inconstant. Depuis Méry et Cowper, les auteurs ont discuté à perte de vue sur ce point d'anatomie ; il est incontestable que ce chiffre de deux n'est pas fixe et que ceux qui ont voulu donner des règles absolues sont dans l'erreur, quelle que soit leur opinion.

Alors que Méry décrivait deux glandes situées en arrière du bulbe, Cowper en admettait une troisième qu'il plaçait sur la ligne médiane dans l’interstice du bulbe et de l'urèthre membraneux. Littre, Lieutaud et Morgagni se rangent à la théorie de Cowper, alors que par la suite d’autres auteurs décrivent cette troisième glande comme un lobe accidentel.

Gübler, dans son importante thèse sur les glandes bulbouréthrales, estime qu'il existe souvent des glandules accessoires et peu importantes, plongées dans l’épaisseur du tissu spongieux et de chaque côté des canaux excréteurs.

Pour Charpy, il y aurait deux glandes, tantôt en masses compactes avec lobules aberrants, tantôt constituées par des granulations disséminées.

Pierre Delbet ne décrit que deux glandes, signalant seule-

ment, comme variété, la possibilité de l'existence de glandules accessoires.

Lebreton qui, dans sa thèse, a repris avec soin cette étude anatomique des glandes de Méry, déclare que « tout en admettant qu'il existe d'ordinaire deux glandes bien nettes et des prolongements glandulaires bulbaires pouvant être pris pour une troisième glande, il est impossible de dire, comme Gübler et Littre, qu'on les trouve sur tous les sujets examinés ».

Il est amené à cette conclusion par le résultat de ses dissections : mais nous croyons que sa méthode était entachée de causes d'erreurs.

En effet, le fait que les glandes aient manqué trois fois sur cinq cadavres d’amphithéâtre disséqués par Lebreton, : ne permet pas de conclure à la possibilité d'absence des glandes de Méry, car suivant sa propre remarque «les recherches ont pu être faussées par le fait de l'infiltration cadavérique ». Quant aux deux cas où les glandes ont fait défaut sur des pièces fraîches, un examen microscopique en aurait peut-être révélé des traces que le scalpel n'avait pu découvrir.

Aussi, Croyons-nous que /a seule méthode, qui ait permis d'arriver à des résullats précis, est celle à laquelle Hogge s’est adressé et qu'il a exposée dans son mémoire sur les muscles du périnée et du diaphragme pelvien et sur les glandes de Cowper. W à pris, en effel, des fœtus à terme, ou presque à lerme et des nouveaux-nés, dont il a fait des coupes sériées du bassin dans différentes directions.

Nous verrons plus loin comment il comprend les glan-

des de Cowper ; disons seulement ici qu'il affirme leur

existence constante et qu’ en cela il est d accord avec Ge

bier. AE

ILE. — VoLuME

- Ici encore les opinions varient suivant les auteurs. Pour

Méry les glandes ont la grosseur d’un pois ; Gübler leur

donne chez l'enfant le volume d’un grain de chénevis à celui d’un pois, chez l'adulte il les compare à un noyau de cerise et parfois à un haricot. Cette dernière dimension est certainement très exagérée et ne se rencontre pas à l'état normal. Selon le même auteur les glandes bulbo-uré-

thrales subissent avec l’âge, comme la prostate, une

hypertrophie, alors que Tiedemann pense qu’elles s’atrophient. Lebreton nous dit, que dans ses dissections leur volume oscillait entre celui « d’un petit haricot et celui d’un très petit pois » mais que là où il a rencontré les glandes

les plus volumineuses ce n’était pas chez les sujets les pis

âgés.

Il est une remarque importante que nous croyons devoir faire, et sur laquelle il est nécessaire d’insister : c’est

que pour apprécier le volume des glandes de Cowper, il

faut tenir un grand compte de leur état. Saines elles sont

de petit volume, alors que sous l'influence d’une inflam-

mation aussi bien chronique qu'aiguë elles augmentent rapidement : aussi peut-on dire, semble-t-il, que loutes les fois que les auteurs ont assigné aux glandes de Cowper un volume comparé à celui d’un haricot par exemple, c'est

que dans leurs recherches ils s'étaient adressés, sans le savoir, à des sujets atteints d’inflammation cowpérienne très

probablement ancienne.

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