‹ Contribution à l'étude des Délires de Zoopathie interneChapitre 25 sur 42 · NEO · texte numérisé non relu

NEO

signes physiques et psychiques, si les premiers manquent souvent, les signes psychiques sont suffisamment nets pour permettre d'affirmer la nature hystérique du délire ».

La présence d’un tœnia a suffi pour créer de toutes pièces le délire qui persista après la disparition de l’animal, c'està-dire après la disparition du trouble cénesthésique; or, si ces deux personnes avaient été d’une intelligence normale-et bien conformée, il est probable que même ayant fait un délire au sujet de leur tœnia, ce délire eut cessé aussitôt après l’expulsion du vers. Ces observations sont, il est vrai, un peu succinctes. Mais Kéraval nous dit que les psychonévroses. jouent un grand rôle dans la genèse de ce délire.

En étendant un peu le délire de possession par les ani maux, et en faisant entrer l’espèce humaine ou tout au moins des fœtus humains dans cette classe, nous voyons que le délire de fausse grossesse prend place dans le délire z00pathique. Or, il a été dit de tout temps que ce délire de fausse grossesse évolue surtout chez les hystériques. Nous citons ici deux observations de Ch. Leuridan, où rien ne peut donner naissance à ce délire, aucun trouble cénesthésique n’est en cause, et seule la mentalité des sujets a créé le délire.

OBSERvVATION XVI (Résumée)

(LeurtAN, Revue de psychiatrie, 1903.)

N..., âgée de cinquante-trois ans, entre à l’asile de Bailleul le 5 novembre 1900.

Pas d’antécédents héréditaires ni personnels ; à noter qu’elle n’a jamais eu d’enfants.

Les fonctions des intestins, de digestion, de respiration, de circulation s’accomplissent normalement. Rien du côté des organes génitaux urinaires. Pas de troubles des fonctions de relation, de la sensibilité ni de

la motricité.

ne

Le début des troubles mentaux remonte en février 1900, après une attaque d’influenza. N... devient anxieuse, angoissée par la crainte de mourir, Idées de damnation etde possession démoniaque : « j’ai le diable en moi. » Elle s’est fait exorciser. De plus, idées de négation d’organes et d’immortalité,

Hallucinations de l’ouie assez fréquentes, celles de la vue beaucoup plus rares.

En octobre 1901, apparaît brusquement l’idée délirante de grossesse Au milieu de la nuit, la malade se réveille en sursaut et dit à son mari: « À l'asile de Bailleul on m’a mariée à un M.S... et de lui je vais avoir une petite fille ». À partir de ce moment elle crut toujours qu’elle allait être mère. Un jour, après s'être assise sur une chaise qui avait été précédemment occupée par un prêtre, elle prétendit être enceinte de lui et se sentit devenir grosse. |

Etat actuel : Elle comprend maintenant qu’elle a interprété les faits d’une façon bizarre et absurde pour arriver à avoir ces idées de grossesse dont elle reconnaît l’absurdité. Mais elle demeure convaincue qu’elle est enceinte. « Pour guérir, il faut que j'aie un enfant. Je suis enceinte, j’éprouve toutes sortes de sensations bizarres, Il y a quelque chose qui se décroche en moi. Il me semble toujours que j’ai un enfant et que j’avorte parce que je ne fais pas ce que je dois faire. » 5

Cette idée de grossesse persiste toujours avec les autres idées délirantes signalées plus haut. La malade n’a pas conscience de son état mental.

OBSERVATION XVII (Résumée)

(LeuripaAN, Revue de psychiatrie, 1903.)

F..., âgée de vingt-cinq ans, est entrée à l'asile le 25 août 1898. Rien où presque à noter dans les antécédents héréditaires ou personnels. Elle a une petite fille de cinq ans.

Quelque signes physiques de dégénérescence. Les fonctions organiques s’accomplissent normalement. La sensibilité et la motricité ne sont pas troublées. Réflexes normaux.

Page 1