‹ Contribution à l'étude des Délires de Zoopathie interneChapitre 36 sur 42 · OBSERVATION XXXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXIII

(H. Daconer, Nouveau traité des maladies mentales, Paris 1876.)

Un lyÿpémaniaque, en proie à un délire religieux et dominé par des idées de suicide, prétendait ressentir dans son estomac les mouvements d’un serpent qui lui faisait ressentir de cruelles morsures. Chaque jour il demandait qu’on lui fit une opération, et il finit par s’ouvrir largement le ventre lui-même. A l’autopsie, on trouva des vers lombrics et deux ulcérations situées dans la grande cavité de l’estomac.

Cette observation nous montre un malade qui après avoir longtemps demandé l’opération finit par la faire lui-même.

Mais ce cas est plutôt une observation d’auto-mutilation directe ayant amené la mort qu’un cas de suicide a proprement parler, ce malade n'ayant pas l'intention formelle de se détruire, mais bien de faire échapper son parasite. Dans l'observation de Charcellay, nous voyons que Lucie, après l'échec des premières opérations, trompant la surveillance

roue la plus active, n’hésite pas à se jeter par une fenêtre et à faire une chute de deux mètres. N'ayant pas réussi, quelque temps après elle est surprise, la nuit, à faire des tentatives de strangulation avec un mouchoir au pied de son lit.

Nous pouvons donc constater que les malades sont à surveiller et à surveiller attentivement, de peur qu'ils n’attentent à leurs jours. Rarement, ils se tournent vers d’autres personnes, car rarement ce sont des persécutés extériorisant, cependant le cas de Plaquet prouve qu'ils peuvent le devenir. Leur réactions ont lieu comme pour les persécutés, car ils le sont véritablement, contre leurs persécuteurs qui, dans le cas présent, est un animal, et voulant le détruire ou le faire partir ils ne réussissent qu’à se mutiler ou à se suicider. Tant qu’ils ne font que fatiguer le médecin ou le chirurgien de leurs demandes de médicaments ou d'opérations, le mal n’est pas très grand, mais il le devient, quand fatigués eux-mêmes de ces demandes incessantes et vaines, ils finissent par mettre fin à leurs jours.

Nous n’avons pas fait dans ce chapitre de distinction spéciale entre les malades présentant un délire de zoopathie interne à point de départ psychique ou à point de départ viscéral, estimant que les réactions sont identiques dans les deux formes cliniques. Il en est de même pour l’évolution, ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant, mais ils diffèreront pour le pronostic et le traitement.

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