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CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Indépendamment de la présentation monographique des principales propriétés des dérivés fluorés, nous avons étudié l’absorption in vitro du fluor par les dents. Bien que cette étude paraisse nécessaire à la compréhension du rôle attribué au fluor en prophylaxie dentaire, elle ne semble pourtant pas avoir été entreprise jusqu’à ce jour.

En vue de lui donner plus d’ampleur nous avons considéré : 1. - Les dents de différentes espèces animales, saines ou cariées.

2. - La nature de la combinaison fluorée, minérale ou organique et nous avons préparé dans ce dernier cas des sels organiques fluoborés et étudié l’action du trifluorure de bore sur différents type d’amines.

3. - Le temps, la température, le pH des solutions et leur concentration en ions fluor.

Les multiples déterminations analÿtiques auxquelles nous avons procédé ont montré :

1. - Que les dents de lait saines d’enfant fixent moins de fluor que les dents cariées d’adulte.

2. - Les dents de rats et de cobayes absorbent plus de fluor que les dents de chats et de chiens et que les dents humaines.

3. - La fixation du fluor par la dent est plus rapide et plus complète avec les dérivés fluorés minéraux qu’avec les dérivés fluorés organiques.

La vitesse d’absorption avec les dérivés minéraux varie d’un composé à l’autre, beaucoup plus faible avec le fluoborate d’ammonium qu’avec le fluosilicate de magnésium ou le fluorure de sodium.

4. - Les mouillants n’accélèrent pas la vitesse d’absorption du fluor par la dent.

5. - L’absorption du fluor par la dent est d’autant plus rapide et plus importante que la température est plus élevée, la solution plus acide et la concentration en dérivé fluoré plus forte. Toutefois, l’absorption n’est pas proportionnelle à la con-

centration et le rapport Fluor absorbé diminue lorsque la concentration augmente. . Fluor total

6. - Il existe une limite d’absorption du fluor qui dépend de la concentration | et des conditions d’acidité et de température et qui est généralement atteinte en 4; à 8 jours d'immersion.

Nous avons ensuite étudié l’action du trifluorure de bore sur quelques amines ; primaires, secondaires et tertiaires et quelques fluoborates d’amine, et déterminé la vitesse d’absorption du fluor de ces composés par les dents.

L'expérience a montré que la vitesse d’absorption du fluor est plus lente avec les composés organiques qu’avec les sels minéraux et que les amines primaires cèdent plus facilement aux dents le fluor que les amines secondaires, lesquelles le cèdent plus facilement que les amines tertiaires.

Nous avons vérifié expérimentalement l’action antienzymatique et antiacide du fluorure de sodium qui explique en partie son rôle prophylactique dans la carie dentaire.

Enfin nous avons dosé directement le fluor dans les dents après destruction de la matière organique et nous avons constaté que les dents immergées pendant un mois dans des solutions de fluorure de sodium à 1 % renferment en poids 8 à 10 fois plus de fluor que la dent non immergée.

La dureté des dents appréciée empiriquement par leur résistance à l’écrasement croît avec le pourcentage de fluor qu’elles renferment.

Vu, Strasbourg, le 25 avril 1955.

Le Président du Jury, P. CORDIER.

Vu et approuvé :

Strasbourg, le 2 mai 1955.

Le Doyen de la Faculté de Pharmacie, Y. VoLMAR.

Vu et permis d'imprimer :

Strasbourg, le 12 mai 1955.

Le Recteur de l’Académie, Président du Conseil de l’Université,

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