‹ Contribution à l'Étude des Déterminations Cutanées au Cours de l'Encéphalite Épidémique (Herpès, Zona et particulièrement les érythèmes tox-infectieux)Chapitre 14 sur 26 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

SABRAZÈS, FLYE-SAINTE-MaARIE, BAYLAC.

Érythème scarlatiniforme au début d'une encéphalite épidémique.

T. C., âgée de 16 ans, domestique dans un Lycée de jeunes filles, entre, le 7 janvier 1923, à l'Hôpital d'isolement des contagieux.

Jlistoire ue la maladie. — Début le mardi 2 janvier 19923, tout à fait insidieux, par des troubles de la vision. La malade commença par voir trouble et ressentit quelques bourdonnements d'oreilles, sans courbature, ni céphalée, ni fièvre. Elle put continuer ses occupations pendant deux jours; cependant, déjà, elle éprouvait un besoin anormal de sommeil; elle s’alita le vendredi 5 janvier sans avoir éprouvé de frissons, de vomissements, ni de douleurs de gorge.

Lg

Le lendemain matin, elle ne put se lever, eile voyait double. Sa température axillaire s'éleva ce jour-là à 39 degrés.

Le lendemain, les troubles visuels persistent, la température est à 38 degrés, et c'est le dimanche 7 janvier au matin, cinq jours après le début de la maladie, que M'° Campana, docteur en médecine, va la. voir au Lycée de jeunes filles. Elle constata alors une éruption scarlatiniforme des plus nettes sur le visage, les bras, les plis des coudes et le thorax, en même temps que de la rougeur de l’arrière-gorge et un état framboisé à la pointe et sur les bords de la langue. Les traits scalariformes des plis des coudes sont des plus nets. La température est à 39 degrés.

Cet ensemble clinique fait porter le diagnostic de scarlatine, et c'est avec cette éliquette que la malade est envoyée d'urgence à l'Hôpital d'isolement.

Il est à noter qu’au cours de son examen, Ml Campana remarqua du strabisme interne, mais l'entourage déclare que cetle personne louchaïit un peu antérieurement.

Antécédents personnels. — Rougeole à 7 ans. Pas d'autre maladie de l'enfance.

Réglée à 12 ans; depuis lors, ses règles sont régulières, d’une durée de quatre jours. Elle n’est pas mariée. La malade avait ses règles au moment de son entrée à l'hôpital.

Antécédents héréditaires. — Mère morte en juin 1922, âgée de 39 ans, à la suite d’une opération chirurgicale. Père âgé de 50 ans et trois sœurs, tous bien portants.

État le 8 janvier 1923 : premier examen. — La malade est couchée dans son lit, dans le décubitus dorsal. Elle est somnolente, le facies un peu pâle, inexpressif, les yeux presque clos. Elle ne parle pas spontanément, mais simplement, répond lentement, doucement, et après plusieurs secondes de retard aux questions qu'on lui pose. Rapidement, l’effort qu’elle semble faire pour répondre est épuisé. Elle ne répond plus et l'on est obligé d'élever la voix pour réveiller son attention.

A cette date, il n'y a plus trace d’éruption; plus de traits scalariformes ; il reste un peu de rougeur de la gorge, mais sans douleur, la langue est saburrale et non dépouillée.

ON

Température, 38 degrés. Pouls, 102. Respiration, 18.

L'abdomen n’est pas douloureux. La malade n’a pas eu de selles spontanées ; elle à uriné 500 cc. et ne présente rien de particulier du côté des appareils pulmonaire et cardiaque.

Sa tension artérielle est de :

Maxima sr 2e 15 MiDimars ses.

Indice FE Eee

à l’oscillomètre de Pachon.

L'examen du système nerveux ne révèle pas de Kernig, mais une légère raideur de la nuque; la motricité est intacte, mais la malade n’a pas la moindre énergie; sa sensibilité générale est très atténuée.

Les réflexes tendineux (achilléens et rotuliens) sont normaux, les réflexes plantaires sont faibles, mais en flexion ; les réflexes abdominaux nuls, le réflexe pharyngien également.

Du côté des yeux, on ne note pas de paralysie de la musculature externe; les pupilles sont égales, réagissant, mais très faiblement, à la lumière, à l’accommodation ct à la convergence. Les réflexes cornéens existent des deux côtés. Depuis deux jours, il n’y a plus de diplopie. Une lumière assez vive provoque facilement du larmoiement. Le réflexe oculo-cardiaque est plutôt légèrement inversé.

Examen du sang :

YMPROCY ICS RARES EEE 25 p. 100.

MONODIASTESERPEPPEE REA 0,8 »

MONOCVIESR ER AR ERA 5,855) Monocytes à noyau lobé ......... 136-200 Polynucléaires neutrophiles...... 65 »

Polynucléaires éosinophiles...... 0 »

Mastzellon PRIT 0,8 »

La valeur nucléaire est de 248. Les hématies granuleuses sont peu nombreuses. Les globulins paraissent peu abondants. Il y a peu d’enclaves basophiles dans les polynucléaires neutrophiles, bien moins que ce que l’on rencontre habituellement dans la scarlatine.

On pratique une ponction lombaire à la malade sans qu'elle manifeste la moindre résistance. Le liquide est clair et s'écoule goutte à

goutte. On trouve de 4 à 10 lymphocytes par champ dans le culot de centrifugation ; il n’y a pas de bacilles de Koch; on ne rencontre pas d'autre microbe.

L'examen chimique du liquide donne :

Albumine ........ 0,50 Glucose ...... AA 0,57

On pratique ce jour-là sous la peau de la malade une injection de 3 ce. de liquide céphalo-rachidien.

Le 9 janvier température malin, 38°2; soir, 38 degrés.

Pouls, 110.

L'état est stationnaire, la malade toujours somnolente.

Ponction lombaire : Liquide clair s’écoulant normalement goutte à goutte; on en injecte 3 ce. sous la peau ainsi que 10 cc. du sérum sanguin de la malade.

Le 10 janvier, la malade est toujours dans le même état, toujours somnolente, passant des nuits tranquilles sans rêves. Son facies est toujours inerte et inexpressif. La motricité est conservée, la sensibilité générale émoussée. Les réflexes achilléens et rotuliens sont normaux; les réflexes périostés et tendineux des membres supérieurs, nuls ou très faibles; les massétérins faibles. Les réflexes plantaires se produisent en flexion, les plantaires profonds sont nul à droite, très léger à gauche. IL n’y à pas de Kernig, mais une légère raideur de la nuque.

Le réflexe cornéen se produit des deux côtés. Les réflexes pupillaires à la lumière, à l’accommodation et à la convergence sont très faibles. Le réflexe oculo-cardiaque est toujours légèrement inversé.

La langue s’est dépouillée surtout à la pointe.

A l'examen du liquide céphalo-rachidien (fait par M.le professeur Sabrazès), on trouve :

15,5 d'éléments par millimètre cube à la cellule de Nageotte.

Le culot de centrifugation est formé par des lymphocytes petits, à mince ourlet protoplasmique, auxquels sont associées quelques grandes formes ayant la taille d'un lymphoblaste et même plus, prenant parfois le type d’une cellule de Türk, avec expansion protoplasmique large, à basophilie diffuse, dont le noyau n’est pas tou-

Flye-Sainle-Marie 2

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