‹ Contribution à l'Étude des Diarrhées chez le Chien: Essai de traitement par l'émulsion de Bacillus subtilisChapitre 18 sur 21 · HAN · texte numérisé non relu

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d’un écraseur de Chassaignaic sur le pédicule et nous serrons très lentement. La tumeur ainsi enlevée, nous réussissons alors à retirer un chiot à la peau macérée et mort depuis au moins douze heures. Nous ne, pouvons atteindre les autres chiots; le même liquide vert gluant, nauséabond, s’écoule mêlé de sang.

Nous administrons le traitement suivant :

— 300.000 U de pénicilline-retard; — 500.000 U de pénicilline; — 20 UI de post-hypophyse.

Dans la matrice, nous injectons directement, à la seringue, 80 cc de l’émulsion de Bacillus subtilis.

L'animal évacue, dans la nuit, trois autres chiots, tous morts.

Le lendemain, la température est de 40°5.

Au palper de l'abdomen, nous sentons une matrice vide. |

Nous renouvelons notre injection de la veille de 80 cc de l’émulsion de Bacillus subtilis, à la seringue, dans la matrice.

Quinze jours plus tard, nous avons l’occasion de passer dans cette ferme, nous demandons à voir notre chienne; on nous apprend qu’elle est dans les champs, partie garder les moutons et qu’elle a repris son service de « chien de rive » depuis déjà huit jours.

Nous avons pensé à utiliser ainsi les propriétés antiseptiques du Bacillus subtilis dans ce cas de métrite aiguë, à la suite de la lecture d’un article extrait de la « Vie Médicale », numéro de décembre 1950 : « Un nouveau traïtement de la plaie variqueuse : lémulsion de Bacillus subtilis », par René Henry.

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I. — VUE D’ENSEMBLE SUR LES RESULTATS OBTENUS ET MODE D’ACTION DU B. SUBTILIS

Nous avons fait de nombreuses autres observations, nous avons notamment traité de nombreux chiots, que nous n’avons pu revoir nous-mêmes un mois plus tard, ceux-ci ayant été donnés ou vendus à de nouveaux propriétaires après leur guérison. Nous pouvons, cependant, dire que dans tous lés cas traités, l'effet du B. subtilis s’est montré très efficace. Lorsqu’il n’amène pas la guérison de l’affection causale, il apporte au moins une amélioration considérable des phénomènes intestinaux, favorisant ainsi l’évolution de l’affection primitive. Son action la plus nette se montre dans les entérites du jeune, qu’il s'agisse d'une intolérance ou d’une entérite isolée.

L'influence du B. subtilis est, également, très satisfaisante dans toutes les entérites banales de l’adulte, notamment dans les entérites vermineuses et par intolérance.

C’est surtout dans l’entérite de la forme digestive de la maladie de Carré que nous avons rencontré des échecs. Sur sept cas de cette affection qui ont été soumis à la subtilithérapie, nous n’avons noté que dans deux cas une légère amélioration. La plupart du temps, si nous avons obtenu une amélioration des svmptômes intestinaux (puisque, à l’autopsie, nous ne trouvions plus de lésions intestinales), les sujets, par la suite, ont fait des complications pulmonaires et nerveuses qui les ont terrassés.

Nous citons une observation sur l'emploi de B. subtilis, dans un cas de métrite aiguë purulente, en injection locale intra-utérine, chez une chienne; nous

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avons obtenu un excellent résultat. Nous croyons qu'il y aurait là un champ d’expérimentation et nous n’hésiterions pas, le cas échéant, à renouveler cette expérience, même sur nos grands animaux.

Mode d’action du Bacillus subtilis

Dans un article de la « Gazette Médicale de France », René Henry, François Mielle, Heinrick, Mohr, ont traité entièrement cette question; nous ne pensons pas que le mode d’action soit différent chez nos animaux.

« On a invoqué, écrivent ces auteurs, le phénomène de concurrence vitale, le B. subtilis étant un des microbes les plus proliférants qu’on connaisse. Les solutions de toxines microbiennes (titrées en toxine diphtérique, par exemple) et mises en présence de B. subtilis, voient leur titre tomber à zéro » (Ramon et Richou : « De l’antagonisme microbien en général ». - « Revue d’Immunologie », tome IX, n° 5-6, 1944-1945). - (Ramon et Richou : « Des propriétés antagonistes des filtrats de culture du B. subtilis à l’égard de certaines toxines microbiennes ». - « Presse Médicale », 28 juillet 1945, p. 405).

— Mais cette hypothèse ne vaut que pour l’intestin grêle, car on ne retrouve pas de B. subtilis dans l’intestin terminal des malades traités. |

— On a mis en avant les propriétés fermentatives importantes du B. subtilis, dues à une amylosucrase et à une protéase, dont l’action « in vivo » est vérifiée. Les malades soumis au traitement par le B. subtilis présentent, en effet, très rapidement, des selles très acides, alors que la flore intestinale pathogène

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est presque toujours favorisée par l’alcalinité du milieu. ;

— On a proposé l’action enzymatique du B. subtilis envers certaines toxines microbiennes (Ramon et Richou). Il possède, en effet, des propriétés enzymatiques remarquables vis-à-vis des glucides, des protéines et des peptides, du tryptophane et des acides nucléiniques.

Enfin, il est permis d'imaginer que le B. subtilis, doué d’une extraordinaire vitalité, dont on sait qu’il cultive en milieu gastrique ou duodénal, entretient, dans le tube digestif, l'émission de substances antibictiques. Récemment, les savants américains ont isolé, des cultures de B. subtilis, plusieurs substances antibiotiques. Jansen et Hirschmann, en 1944, isolent la Subtiline.

Forster et Woodruff, en 1945, isolent la Bacilline.

En 1946, Gause isole la Colistatine; Johnson et Burdon l’Eumycine.

En 1947, Johnson isole la Bacitracine,-active contre les bactéries à Gram +, les spirochètes et les germes entéritiques.

En 1948, Landy, Warenne et Coiio isolent la Bacilloniycine; Howekk et Tauber la Subténoline.

On comprend, à l'énoncé de ces différents antibiotiques, que l’action du B. subtilis puisse être polyvalente dans les infections du tractus digestif.

Son utilisation, d’ailleurs, ne date pas d’aujourd’hui et les paysans utilisent, depuis très longtemps, sans le savoir, la subtilithérapie dans le traitement de l’entérite des veaux. Normalement, le tube digestif

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des ruminants est rempli de B. subtilis qui semblent jouer un rôle important dans l'équilibre de leur flore intestinale. Or, les veaux, jeunes, sont fréquemment atteints d’une diarrhée aiguë qui peut être mortelle.

On soigne cette entérite en donnant aux veaux du « thé de foin », qui est une banale infusion de foin. Or, le foin est très riche en spores de B. subtilis et ces spores sont particulièrement résistantes à la cha-

leur.

On appelle d’ailleurs, vulgairement, le B. subtilis « le Bacille du foin ». Il est très commun dans la nature. Ses spores abondent dans la poussière, l'eau, l'air, les plantes fraîches où sèches. Il est naturellement absorbé par les herbivores, dont il semble aider le fonctionnement digestif.

IT. -- POSOLOGIE. -- MODE D’ADMINISTRATION REGIME COMPLEMENTAIRE

Au début de nos observations, nous avons commencé à administrer des doses très faibles; nous dont nions deux ampoules par jour, une le matin et une le soir. Pour arriver à fixer la posologie, nous avons augmenté progressivement les doses. Les doses peuvent varier suivant la gravité des cas, l’âge ou ie poids des sujets. Il nous apparaît que les doses utiles vont, en moyenne, de quinze à vingt ampoules de 10 cc de émulsion commerciale de Bacillus subtilis.

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Nous 2vons, parfois, utilisé des doses fortes, allant jusqu’à trente ampoules par jour chez de jeunes sujets. En aucun cas nous n’avons eu à constater d’intolérance au traitement.

Cette thérapeutique se montre donc d’une innocuité absolue, Il y a intérêt à administrer d'emblée une forte dose pour la diminuer par la suite.

Le mode d'administration du Bacillus subtilis est aisé, Lorsque le chien se nourrit, on peut mélanger le contenu des ampoules dans un peu d’eau ou de lait sucré ou pur. Le chien, d’ailleurs, n’éprouve aucune répugnance pour ce produit, de saveur douceätre assez désagréable.

Dans le cas où l’animal refuse toute nourriture, méme liquide, il suffit d’administrer le produit à la seringue, en penchant légèrement la tête de l’animal en arriére et en introduisant l'extrémité de La seringue par une commissure labiale; on injecte, ensuite, lentement le contenu en suivant le rythme des déglutitions du sujet. Nous avons procédé méthodiquement à la seringue pour être sûr que l’animal absorbe la dose voulue; nous signalons que nous n’avons jamais remarqué d'efforts de vomissements à la suite de ces administrations forcées.

Les premiers jours du traitement, nous avons laissé nos animaux à la diète hydrique. Ensuite, nous avons ordonné, pour les nourrir, le système des petits repas multipliés dans la journée : à base de viande de chevai grillée, de riz bouilli et d’eau de riz, en interdisant les soupes au lait et au paÿn et tous aliments fermentescibles.

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