‹ Contribution à l'Étude des Diarrhées chez le Chien: Essai de traitement par l'émulsion de Bacillus subtilisChapitre 9 sur 21 · __ HABITAT. MORPHOLOGIE · texte numérisé non relu

__ HABITAT. MORPHOLOGIE

Le B. subtilis fut décrit, pour la première fois, en 1838, par Ehrenberg, sous le nom de « Vibrio subtilis », puis, en 1875, par Cohn, sous le nom de « Bacillus subtilis. »

a) Habitat

Les spores de ce micro-organisme abondent dans l’eau, la poussière, l’air, les couches supérieures du sol, dans les plantes fraîches, les plantes sèches et, notamment, le foin. Le B. subtilis est aussi dénommé : bacille du foin.

b) Morphologie Le Bacillus subtilis se présente sous forme de bâtonnets :

— de 1,5 micron à 4 microns de long;

— de 0,5 micron à 0,8 micron de large;

— droits ou recourbés, à extrémités arrondies, isolés ou réunis en chaînettes de longueur variable (4 à 12 bacilles) ;

— mobiles, grâce à 8 ou 12 flagelles péritriches,

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non capsulés, présentant une spore ovale subterminale; __ de 0,6 micron à 1,5 micron, à germinaison équatoriale, sans division au long de l’axe transversal. Gram +, non acidophiles.

2, __ PROPRIETES DU BACILLUS SUBTILIS 1° Propriétés enzymatiques Métabolisme glucidique :

Le Bacillus subtilis fermente le glucose, le maltose, le saccharose, avec formation d’acide lactique et d’une très faible quantité d’acides volatils sans dégagement gazeux.

Par son amylase, le B. subtilis décompose l’amidon en monoses.

Par un exoenzyme de nature adaptative, qui ne se forme qu’en présence de saiccharose dans le milieu de culture, le B. subtilis transforme le saccharose en levanes (polyosides composés de fructose).

Saccharose.... glucose + levanes (fructose)n. Métabolisme protidique :

Le B. subtilis présente une activité protéolytique très étendue. Ù

Il liquéfie la gélatine (liquéfaction rapide en forme d’entonnoir)!.

Il hydrolyse les peptones, l’ovalbumine (formation de plaque-albumine), les protéines du sérum et du lait, les protéoses et divers peptides synthétiques.

En présence d'extrait de levure ou de malt, les exoenzymes sont cent fois plus riches en gélatinase qu’en milieu ordinaire (bouillon de viande).

Le B. subtilis catabolise les protéines sans forma-

ARE rate

tion d’indol ou de SH, ; il produit un exopeptide, constitué exclusivement par de l'acide d (—) glumatique, isomère non naturel. Une particularité de ce peptide réside en la présence d’un certain nombre de haisons gamma-peptidiques (Ivanovics, 1937; Bovarnik, 1942).

Il possède un pouvoir de synthèse considérable à l'égard des protéines, démontré par sa croissance sur des milieux synthétiques ne présentant, comme source d'azote, que des sels ammoniacaux, à condition que les glucides soient présents, transformant le tryptophane en acide cynurique et acide anthranilique.

Ajoutons que le B. subtilis possède également une lipase.

Activités oxydo-réductrices :

Le B. subtilis réduit le bleu de méthylène (en présence de nombreux substrats); les nitrites et les nitrates, les sélénites; décompose l’eau oxygénée en eau + oxygène (activité catalasique), possède les cytochromes a, b, © et la cytochrome — oxydase (a ).

Métabolisme des acides nucléiques :

Le B! subtilis décompose l’acide ribonucléique de levure en ribose acide phosphorique; bases puriques; bases pyrymidiques (Mac Fayden, 1932).

Le B. subtilis possède des propriétés antigéniques mal connues.

Il semble qu’il existe :

— un antigène somatique thersmostable;

— un antigène flagellaire thermolabile;

__ un antigène sporulaire, différent de l’antigène somatique.

ÉLAS EE

2° Propriétés antidotiques, antibiotiques, virulicides

En dehors des propriétés enzymatiques, le B. subtilis présente des propriétés antidotiques, des propriétés antibiotiques (tout comme les filtrats de Penicillium notatum, ou d’Actinomyces griseus) et des propriétés virulicides. À cette association d’activités diverses, Ramon et Richou ont donné le nom de « complexes antagonistes ».

À) Propriétés antidotiques. — Le filtrat de B. subtilis détruit les toxines de :

— staphylocoque; — bacille tétanique; — bacille botulinique; — germes de la gangrène gazeuse; — bacille diphtérique; — batille de Preiz-Nocard, chez le Cheval.

Le filtrat de B: subtilis peut détruire « in vitro » et même « in vivo » la toxicité de la tuberculine pour des cobayes tuberculeux.

A titre d'exemple, rappelons que 1 cc de filtrat de B. subtilis ajouté à 4 cc de filtrat de B. de Loeffler, détruit la toxine diphtérique (Ramon et Richou, 1942).

li semble que les filtrats interviennent non pas en neutralisant, d’une façon plus ou moins sensible, les poisons bactériens, à la manière d’une antitoxine, mais en les décomposant irréversiblement et définitivement eu leur faisant perdre, à la fois, leurs propriétés toxiques et antigéniques.

Toutefois, cette action, si elle est de nature diastasique, peut revêtir des caractères tout à fait particuliers. Elle s’exerce encore, bien que plus ou moins

ATP O En

fortement diminuée, lorsque les filtrats sont chauffés à 125° pour ceux du B. subtilis (à 75° pour les filtrats de Penicillium notatum et d’Actinomyces griseus) et l’action antidotique n’est pas troublée par addition d’une minime proportion de formol (0,05 pour 1000). :

B) Propriétés antibiotiques. — Elles sont de trois genres :

a) Propriétés bactériostatiques :

1 cc de filtrat de B. subtilis, ajouté à 4 cc de bouillon inhibe complètement la croissance de la bactéridie charbonneuse.

Le bouillon de culture de B! subtilis contient un principe hautement bactériostatique sur :

— Pneumocoque;

— Clostridium welchi; — Staphylocoque;

— Streptocoque.

Ainsi, l'administration de bouillons de culture de B. subtilis à des souris infectées avec du streptocoque pyogène neuf heures après inoculation microbienne, — alors que la maladie est déjà à un stade avancé, — amène la guérison.

b) Propriété bactéricide :

1/2 cc de filtrat de B. subtilis ajouté à 4 cc de bouillon détruit la vitalité des germes diphtériques.

C) Propriétés bactériolytiques. — Elles s’exercent à l’égard de très nombreux germes :

— Streptocoque;

— Staphylocoque;

— Colibacille;

— Bacille de Shiga;

— Bacilles typhiques;

— Anaérobies;

— Bactéridie charbonneuse;

— Pneumo-bacille de Friedländer;

— Coco-bacille de la pseudo-tuberculose;

— Bacille de la peste;

— Bacille de la morve….

.— Et même à l'égard du bacille tuberculeux (souche d’Arloing et Courmont, B. humain virulent). — (Ramon - Richou).

Dans ces dernières années, on a pu isoler du B. subtilis une gamme particulièrement remarquable de substances antibiotiques, suite qui montre avec quelle ténacité les savants du monde entier poursuivent leurs recherches à propos d’un micro-organisme qui semble être l'un des plus intéressants qui soient.

Une longue période de silence avait suivi la publication, dans les « Comptes Rendus de la Société de Biologie », en 1911, des résultats des travaux de Levaditi et Twort, sur une substance produite par le B. subtilis et active contre les tréponèmes, la trypanotoxine.

Cette substance, produite dans les filtrats de culture et retrouvée dans les culots de centrifugation, était également active à de hautes concentrations contre les spirilles et les Leishmania.

Puis, à partir de 1944, un grand nombre de travaux remirent au premier plan de l’actualité bactériologique le B. subtilis.

C’est en cette année 1944, que Jansen cet Hirschmann isolent la subtiline, de nature polypeptidique, riche en soufre, active contre les germes Gram +, à de très hautes dilutions (1 gamma par cc).

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La subtiline inhibe :

— le Bacillus anthracis; — le Diplococcus pneumoniæ; — le M. tuberculosis; — le Streptococcus pyogenes; — le Staphylococcus aureus (1/10.000) ; — le Neisseria gonorrhæ (Gram —); — le Neiïsseria catarhalis (Gram —).

En 1945, Vallée étudie :

La Subtilysine, qui contient un principe lytique et développe une grande activité contre les différents clostridia.

Foster ct Woodruff isolent :

La Bacilline, efficace contre :

— le streptocoque pyogène; — le D. pneumoniæ, type II; — les salmoniella; — Jes pasteurella.

En 1946, Johnson et Burdon isolent :

L’Eumycine, exerçant une certaine action contre : — les streptocoques; — certains Gram —-; — Jes champignons filamenteux pathogènes.

Gause isole :

La Colistatine, qui inhibe la croissance du pneumocoque.

En 1947, Johnson isole :

La Bacitracine, polypeptide dont la molécule diffère. de celle de la subtiline par deux ou trois acides aminés. |

Grande activité contre les bactéries à Gram +, particulièrement :

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