‹ Contribution à l'étude des durillons professionnelsChapitre 20 sur 21 · ER · texte numérisé non relu

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1° À Ja main droite callosité palmaire entre les deux plis de flexion extrêmes de la peau. Quelquefois chez les anciens un ou deux durillons plus élevés ;

2° À la main gauche, durillons palmaires peu marqués, deux durillons sur le bord cubitalde la première phalange des troisième et quatrième doigt;

3° Ongles usés et dépolis ;

4 Avant-bras gauche; sur le bord cubital plaque d’épiderme épaissi variant des dimensions d'une pièce de 5 francs à celles de la paume, causée par le bord tranchant du tonneau (1).

Les plaques calleuses du sternum signalées par Vernois, sont exceptionnelles.

OBSERVATION VIII (Sainturet).

Brio. Etienne, $o ans, travaille depuis 26 ans, rouleur de fûts, à Bercy.

Les antécédents ne présentent rien de bien particulier, dans son passé pathologique nous relevons un érysipèle à la suite d'une chute.

Le mains sont considérablement hypertrophiées élargies en battoir. Leur couleur est gris noirâtre, la peau est épais sie. L’épiderme, en certains points, est comme granuleux, mais dans d'autres il est poli. L’éminence thénar (la gauche est plus frappée que la droite) est finement quadrillée et en mosaïque. Elle présente un aspect squameux rappelant

(1) Sainturet — thèse, Paris, 1800.

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Rare

l’ichthyose. Les principaux plis de flexion sont bien plus marqués qu’à l’état normal; ils ont un aspect fissuraire, ils se détachent en rose sur le fond gris noir de la peau et l’un d'eux plus marqué que les autres sur la ligne médiane, un peu plus bas que la gouttière du poignet sera d’après le sujet le siège d’une ulcération. En effet nous l’avons revu quelques jours plus tard et une crevasse s'était formée en ce point.

Sur le bord des sillons, l’épiderme corné est légèrement décollé et par place relevé ce qui contribue à donner à la main un aspeet ichtyosique.

Les doigts gros et cylindriques présentent des lésions moins accusées. Les pulpes digitales sont cependant presque toutes le siège de crevasses à différents degrés d'évolution ; la plupart très profondes et dont les bords calleux et surélevés audessus de la peau environnante montrent qu’elles sont de date assez ancienne.

Les ongles sont épais, dépolis, usés à l'extrémité libre. La peau forme au dessus d’elle un mince bourrelet noïrâtre.

OBSERVATION IX (Sainturet).

On. Ernest, 35 ans, tonnelier, à Javel, fabrique des tonneaux pour les produits chimiques, travaille principalement dans le: vieux.

Au moment où nous l’examinons, il travaille à la chanfreinière et protège son avant-bras gauche avec un coussin decuir

rembourré.

La main droite est large et forte, couleur acajou, elle offre

un épaississement général de l'épiderme de la paume, avec

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deux durillons situés entre les plis extrêmes de flexion, de la largeur d'une pièce d'un franc et faisant une saillie marquée d'environ trois millimètres.

La main gauche est semblable à la droite comme aspect général. La paume présente un bourrelet calleux à la hauteur de la tète des métacarpiens et un durillon bien nettement séparé du reste de l’épiderme mois épais sur le bord cubital des premières phalanges des troisième et quatrième doigts. Ces durillons sont de la grosseur d’une lentille.

Les ongles ne sont pas déformés.

L'avant-bras gauche présente un épaississement notable de la peau, large comme la paume de la main. Au moment où nous J’observons cette partie est rouge, douloureuse, et le bord tranchant du tonneau y a marqué un fort sillon.

Il n’a jamais eu de durillons forcés.

Tourneurs sur bois, tourneurs sur cuivre.

Les lésions sont à peu près les mêmes chez les deux catégories d'ouvriers, plus prononcées toutefois chez les tourneurs sur cuivre qui font un travail plus pénible.

Main gauche. Callosités de toutes les parties saillantes pendant une flexion énergique de la main sur l'objet mis au tour ou sur l'instrument destiné à entamer le bois ou le métal; les durillons sont marqués sur le pouce et sur l'index. Les tourneurs sur bois présentent quelquefois un durillon au sternum causé

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par la pression du thorax sur l’objet soumis au travail. Ceux qui actionnent eux-mêmes le tour présentent une déviation de la colonne vertébrale.

OBSERVATION X (Personnelle).

Charles Der..., tourneur sur cuivre, 67, rue du Chemin- Vert, 24 ans.

Les antécédents ne présentent rien de particulier.

Il travaille dans un atelier où la force motrice est fournie par une machine à vapeur. Les mains seules offrent donc des marques professionnelles.

Main droite. — Toute la main est dure, noire ; c'est elle qui tient les différents outils en acier qui entament le cuivre. Elle offre un durillon très étendu, mais peu épais, dans la commissure interdigitale du pouce et de lindex, un gros durillon dans la paume à un travers de doigt au dessous de la tête du quatrième métacarpien, enfin une rangée de durillons très petits sur les racines des quâtre derniers doigts.

Main gauche. — Cette main appuie surle tour ; elleprésente les lésions suivantes : callosités sur les deux bords du pouce,

‘petits durillons sur les phalanges des autres doigts, plus

prononcés sur l'index et le médius. La paume de la main présente un durillon correspondant à celui de la main droite, mais beaucoup moins marqué.

Vachers suisses.

D'aprèsM. le docteur Thiéry les vachers suisses auraient unn façon toute particulière de traire les vaches. Ils saisissent le pis entre l'index et le pouce, la face dorsale du pouce tournée en dedans. Ils présentent deux petits durillons en forme de demi-lune sur l'articulation des deux phalanges du pouce droit.

Verriers.

Ces ouvriers présentent des lésions identiques aux deux mains : une série linéaire de durillons coupant transversalement la paume au niveau du pli de flexion supérieur. De petites brides verticales continuent chaque duriHon en haut et en bas.

Cette altération est due au contact du tube très chaud servant à souffler le verre. :

Pr D — CONCEUSIONS - :

L'exercice de la profession, par l'uniformité de mou- 2

vements et d'attitudes, qu’elle exige, produit à la longue

chez tous les ouvriers des déformations parieniéses,

professionnelles. me

ee Certaines de ces affections, les durillons, sont tout

à fait indépendantes de tout état diathésique, de toute

- ‘idiosyncrasie; elle sont invariablement liées à l’exer- z cice de la profession. |

= On appelle durillon un épaississement localisé de

l'épiderme produit par la pression sur des points dé-

terminés de la peau, de l'outil ou de l'objet de travail,

» plus rarement par l’action de liquides irritants et caus-

2 tiques. Ces lésions, sauf complications sont Ci es très bénignes,

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