II. — Le traitement des dysenteries doit comprendre
1°) Un traitement médical commun à toutes les formes (diététique, sulfate de soude, laudanum, lavages.)
2°) Un traitement spécifique variable avec l’agent pathogène : émétine dans les dysenteries amibiennes, sérum antidysentérique dans les dysenteries bacillaires, arsenicaux dans les dysenteries spirillaires et à protozoaires.
3°) Un traitement chirurgical qui sera mis en œuvre toutes les fois que le traitement médical se montrera nettement inefficace, ou lorsqu'on se trouvera en présence de formes graves que l'expérience a montrées au-dessus de la thérapeutique ordinaire.
III. — Les cas nécessitant l'intervention peuvent être aigus ou chroniques. |
Dans les formes aiguës, l'apparition du « syndrôme de gravité » (température élevée persistante, douleur à la pression sur tout le colon, aggravation rapide de l’état général, selles : fréquentes, fétides, très sanglantes), sera une indication d'opérer sans retard. -
Dans les formes chroniques, il faudra intervenir dès les premières menaces de cachexie.
IV. — L'intervention aura pour but de mettre au repos dans la plus grande mesure possible le colon malade et de permettre d’agir directement sur les lésions ulcéreuses de cet organe.
Les différentes interventions effectuées par les auteurs sont :
1°) la résection (2 cas), opération illogique dans les formes aiguës où les lésions sont généralisées à tout le colon. La gravité de l’état des malades ne leur permet pas d'autre part de supporter des interventions aussi traumatisantes.
2°) les méthodes d'exclusion : % 2
A — Les entéro-anastomoses (1 cas) à proscrire également car, d’une part elles ne permettent pas d’agir directement sur les ulcérations, et d'autre part elles ne protègent pas la totalité du colon ulcéré contre le contact irritant des matières.
B — Les anus contre nature:
a) sur la terminaison de l’iléon: ont été pratiquées dans 2 cas pour des lésions graves et généralisées du gros intestin. Ce serait certainement l'opération idéale, car elle assure l’exclusion complète du gros intestin, et permet les lavages par le bout inférieur, mais elle a le grave inconvénient de laisser une infirmité dont la cure radicale présente quelques dangers.
b) au niveau des différents points du côlon: (2 cas); s'ils ne siègent pas sur le cæcum, ils ne protègent pas la totalité des ulcérations contre le contact des matières.
3°) Les fistulisations.
A — L'iléostomie (1 cas) passible des mêmes critiques que l’anus iléal.
B — Les colostomies (5 cas): seule bénéficie de l’opération la portion du côlon située en aval de l’orifice créé.
c — L'appendicostomie (8 cas) indiquée dans les formes moyennes où l’on peut intervenir assez tôt pour espérer obtenir la guérison des ulcérations uniquement par les lavages.
D — La cæcostomie simple (1 cas de cæcostomie valvulaire) qui ne diffère pas sensiblement de la précédente opération, au point de vue de ses indications et de ses résultats.
E — La cæcostomie large (12 cas) opération supérieure à la simple fistulisation en ce œu’elle dérive dans une mesure suffisante le cours des matières et permet les lavages du gros intestin : c’est l'intervention qui nous paraît en tous points être l’opération de choix.