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ÉXAMEN DES FOYERS DE FRACTURE

A. Fracture du radius (voir planche II). — Il à été:

dit plus haut que le manchon diaphysaire se trouve réduit en fragments multiples au niveau de la fracture. On note également un fait remarquable, à savoir une incurvation extrêmement marquée du fragment supérieur de l'os fracturé, à sa partie externe. Los s'est ployé bien au delà des limites normales avant de se laisser rompre, ainsi que l’atteste la forme du manchon osseux coudé environ à 90°, au niveau de la fracture. Alors que la plupart des auteurs signalent que, dans l’ostéopsathyrose, les os deviennent assants et se brisent « comme du verre », il est inléressant de faire remarquer que, dans notre cas, À “existe, au contraire, un degré marqué dé ramollisse-

- ment de Pos, et que ce dernier ne s’est laissé briser :

qu'après avoir subi, au préalable, une coudure très considérable. | HAS Ù

iette coudure de los à cu pour effet d'effacer la cavité médullaire; à l'endroit de la coudure, les fragments sont restés à peu près au contact, de sorte

qu'il n’est presque pas question de cal intermédiaire.

Le périoste est largement décollé de l’os ancien, et la cal figurant, dans son ensemble, un renflement fu- - siforme, ainsi qu'il est classique, c'est en regard. du trait de fracture que le périoste est le plus écarté de

l'os ancien sous-jacent. Sur une des faces, la néofor-

mation fibreuse inflammatoire a dépassé le périoste et s'étend à sa face externe où elle diffuse dans le -tissu céllulo-adipeux et dans les muscles voisins. On reconnaît au périoste une couche externe fibreuse, dense, qui paraît avoir gardé sa constitution normale, ef une couche profonde certainement très épaissie dans son ensemble; cette couche est formée d'un tissu conjonctif à fines fibrilles disposé en strates superposées entre lesquelles s'interposent des lits de cellules fusiformes; elle est assez riche en vaisseaux et se dégrade progressivement avec la couche de tissu conjonctif jeune qui la sépare de l'os ancien et loge les diverses néoformations constitutives du cal périostique. Cette dernière couche a acquis, déjà à un centimètre de la fracture, une épaisseur notable e telle, que la somme de de couches disposées de part et d'autre de la diaphyse ancienne égale sensiblement ie diamètre de cette diaphyse elle-même. Cette épaisseur est à peu près doublée au point qui correspond à, la plus grande épaisseur du cal. Il a été dit, cidessus, que cette couche se prolonge loin de la fracture et-qu'on la retrouve souvent jusqu’au voisinage immédiat des cartilages épiphysaires. Au voisinage du foyer de fracture, la couché néoformée en question, a la constitution d’un tissu conjoncetif jeune, avec de très fines fibres entrecroisées dans toutes les direetions-et au sein duquel les cellules conjonctives bien développées affectent à peu près toutes une forme rameuse bien apparente. Il s’agit donc d’une sorte de stade muqueux. Ce tissu présente de nombreux vaisseaux : ceux-ci sont des capillaires avec une lumière étroite, quand on les considère dans la zone voisine du périoste, tandis que profondément et quand on se rapproche de l'os ancien, ces vaisseaux se dilatent jusqu'à former de grandes lacunes intercommuniÿ-

cantes.

De plus, au sein de cette couche, ont pris naissance de nombreuses trabécules osseuses néoformées. Ces

trabécules sont disposées en un réseau qui unit la

face profonde du périoste à la surface de l'os ancien; au voisinage de la fracture, cette dernière se revêt d'une couche osseuse néoformée continue. Il est à

noter que les trabécules osseuses se développent dans

ie tissu conjonetif, à distance des vaisseaux, de telle surte que, quand le réseau des trabécules s’est consti-

tué, les lumières des vaisseaux se trouvent toujours

au centre des espaces conjonctifs qu'elles circonscrivent. Au contact des trabécules osseuses, les cellules conjonctives se disposent en grand nombre suivant la disposition classique des ostéoblastes.

Dans la région du renflement correspondant au cal proprement dit, la néoformation se complique de l’apparition de tissu cartilagineux de divers types. Les points les mieux différenciés présentent une structure de cartilage hyalin d’un type tout à fait achevé, avec

de grands chondroplastes de forme arrondie, serrés

les uns contre les autres et que remplissent completement les cellules cartilagineuses. Ces masses cçarti: lagineuses sont en continuité de substance avec les trabécules osseuses et la matrice conjonctive au sein d‘ laquelle elle se sont développées; il en résulte que, dans les zones de transition, on observe des formes d» tissus intermédiaires entre le cartilage et l’os, ou entre le cartilage et le tissu conjonctif (ñbro-cartilage). Les territoires cartilagineux occupent la zone moyenne du cal périostique; les couches sous-périostiques ou juxta-diaphysaires sont au stade fibro-os- -seux de leur évolution. Quant au cal médullaire il est très réduit de par l’écrasement de la diaphyse; il est surtout formé d’un tissu muqueux riche en vaisseaux; des néo-trabécules osseuses y apparaissent à distance de Ja fracture, tandis qu’au contact immédiat des

PLANCHE II. = Fracture du su droit

a, moelle osseuse — b, ancienne diaphyse osseuse — C0 néoformé — d, périoste — e, fibres musculaires — f, tissu fibreux d’ origine inflammatoire — g, travée de tissu osseux néoformé, élément du cal médülaire — À, diaphyse ancienne coudée à 90° — :, ilot cartilagineux du

cal périostique — j, fibro cartilage.

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