B. — LA CONDUITE D'AMENÉE DES EAUX
Alimenter en eau potable une ville de l’importance d’Arcachon en ayant recours à un lac situé à 17 kilomètres, est toujours une œuvre délicate et généralement riche en difficultés. En fait, dans le cas qui nous occupe, les techniciens chargés de résoudre le problème ont été favorisés par la sensible déclivité qui pousse tout naturellement les eaux du lac de Cazaux vers Arcachon. I n’en faudrait pourtant pas conclure que la chose fut aisée : les transformations diverses que subit le puits de prise en plusieurs circonstances en font largement foi, Pour la commodité de notre exposé, nous envisa-
serons successivement
a) le puits de prise;
b) la conduite d’amenée des eaux proprement dite; c) les réservoirs de distribution;
d) les canalisations de distribution en ville,
a) Le puits de prise. — A l'origine, en 1886, la prise d’eau comprenait : |
4° Un chenal de 58 mètres de longueur sur 2 m. 20 de largeur, constitué de pieux moisés et de palplanches;
2° Une chambre découverte de 5 m. 80 sur #4 m. 10, établie comme le chenal et commandée par une grille de 2 mètres de largeur sur 4 mètre de hauteur;
3° Une chambre couverte de 5 m. 80 sur 4 mètres, établie comme la précédente, mais munie d'un plancher et commandée par deux châssis mobiles, garnis de toile métallique:
4° Un regard carré en béton de ciment, de i m. 20 de côté, renfermant { robinet-vanne de O0 m. 60 commandant la conduite de dérivation de 0 m. 60.
En 1897-1898, le canal en palplanches et la chambre, désormais en mauvais état, furent remplacés par :
1° Un puits de prise fondé sur béton de ciment et consistant en un Cylindre vertical de 1 mètre de diamètre, portant vers la base et sur sa face antérieure une tubulure de 0 m. 80 de diamètre, commandée par une grille mobile, et sur la face postérieure une tubulure de O0 m. 60 de diamètre, amorce d’une dérivation en tuyaux fer et ciment de O0 m. 60 établis sur 58 mètres de longueur. Puits de prise et conduite étaient protégés par des pieux battus et moisés, la partie entourant le puits de prise, recouverte, fournie de palplanches et protégée d'un enrochement de gros moellons; l’autre partie sans palplanches, mais également couverte et formant chemin d'accès au puits de prise.
2° Une chambre de décantation couverte; de 4 m. 25 sur 2 m. 95, en deux compartiments : le compartiment amont, commandé par un robinet-vanne de 0 m. 60, le compartiment aval par trois châssis mobiles en bronze, munis de toile métallique également en bronze.
En 1899, sur la demande de la ville, et pour des raisons que nous examinerons dans le prochain chapitre, la prise fut reportée à 100 mètres en amont et munie d’une seconde tête exactement semblable à la première, la grille de celle-ci étant
reportée en tête. En 1927-1928, à la suite d’une très forte asplration motivée par une longue période de sécheresse, une grande quantité de sable et de vase pénétra dans la prise. M. le Docteur Marcotte proposa aussitôt de surélever l’entonnoir de prise de À m. 80, de manière à l’amener à la cote de 20 m. 22, la cote des plus hautes eaux étant à 21 m. 72 et celle des plus basses eaux à 20 m. 61. De plus, il suggéra de remplacer la pénétration horizontale de l’eau par une pénétration verticale de haut en bas. Le tout fut approuvé par la Commission d'hygiène et exécuté par la Compagnie des eaux. Les travaux, commencés en 1927, et mal exécutés une première fois, ne furent définitivement terminés que le À* mars 1928. La prise se compose donc présentement : d’un premier puits, prenant l’eau à la cote 20 m. 22, protégé par “une chambre de pieux moisés et palplanches enrochée de gros moellons; d’une dérivation en tuyaux fer et ciment de 0 m. 60 sur 100 mètres de longueur et assemblés à l’aide de joints étanches en caoutchouc. Cette dérivation est munie, à son point de départ de la tête de prise, de grilles en toile métallique, et vient déboucher dans un deuxième puits, protégé comme le premier. Une nouvelle dérivation en tuyaux de fer et ciment, de 0 m. 60 sur 58 mètres de longueur, lui fait suite et aboutit à une chambre de décantation en maçonnerie et
ciment. Cette chambre, couverte et fermée, présente intérieurement deux compartiments de décantation, séparés par des treillis à mailles fines, et c’est du compartiment situé en aval que part la conduite d’adduction des eaux vers Arcachon.
b) La conduite d'amenée des eaux proprement dite. — Cette conduite a une longueur totale de 16.400 mètres. Sur les 10 premiers kilomètres, elle est en béton de ciment, et son diamètre est de 0 m. 60; les 6.400 mètres qui suivent sont en fonte, avec un diamètre de 0 m. 50.
Elle part de Cazaux à la cote de 19 m, 85, et sa partie amont est munie de nombreux regards, nivelés suivant les plus hautes eaux du lac. Sur une longueur de 9.600 mètres, elle suit la voie du chemin de fer de La Teste à Cazaux et présente, au