‹ Contribution à l'étude des eaux d'alimentation de la ville d'ArcachonChapitre 29 sur 57 · PA E · texte numérisé non relu

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Tindal, Schneller et Van der Sleen. Ces savants reconnurent que l'ozone, oxydant énergique, se portant sur les matières organiques vivantes ou inertes contenues dans l’eau, en assure la stérilisation, la décoloration et la désodorisation si la dose est suffisante et si un bon contact du »az avec toutes les molécules de l’eau est réalisé. Un tel procédé de stérilisation implique deux opérations successives : en premier lieu, il est nécessaire de se procurer de l'ozone ou plutôt de l’eau ozonisée en utilisant un appareil dit ozoniseur ou, mieux, Ozoneur; ensuite, grâce à un émulseur spécial, on provoque un mélange intime de l'eau à stérihiser avec l'air ozonisé ainsi obtenu.

« Les ozoniseurs sont essentiellement constitués par des vases fermés munis de deux électrodes séparées par un espace où jaillit l’effluve que traverse le gaz à ozoniser, et reliées l’une à une source d'électricité, l’autre à la terre. » (Bruère.)

Le premier ozoniseur de laboratoire fut conçu par Du Moncel, en 1853. En 1857, l'Allemand Siemens, reprenant les données de Du Moncel, réalisa le dispositif suivant : deux lames de verre peu distantes l'une de l’autre et recouvertes à l'extérieur par deux lames métalliques, ces dernières respectivement reliées à chacune des bornes d’une bobine de Rumkorif. Le passage du courant provoquait une pluie d'étincelles entre les deux lames, donnant naissance à de l’ozone, perceptible par son odeur.

Avec M. Bruère, nous distinguerons :

a) Les ozoniseurs à diélectriques, dont les électrodes sont séparées par une substance mauvaise conductrice, le verre par exemple (procédé Du Moncel). L'ozoniseur de Houzeau, à électrodes solides (cuivre), et celui de Berthelot. à électrodes liquides (S0* H? dilué), sont munis de diélectriques, de même d’ailleurs que ceux utilisés dans les procédés de stérilisation Marmier et Abraham, Ofto, Siemens et de Frise (1908).

b) Les ozoniseurs sans diélectriques, dont les électrodes ne sont séparées par aucune substance intermédiaire.

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Parmi ces derniers, citons l'appareil de Warburg et celui de de Frise (1903), produisant d’ailleurs, par kilowatt-heure. moins d'ozone que les ozoniseurs à diélectriques.

Quoi qu'il en soit, l'air à ozoniser doit être desséché et débarrassé de ses poussières si la nécessité s’en fait sentir; après quoi, il est soumis à l’action de l’effluve électrique et se charge d'ozone. Reste à le brasser avec l'eau contaminée: à cet effet, et abstraction faite des modifications de détail, on fait usage « de colonnes vides, mais divisées en tronçons réguliers par des cloisons perforées d’une multitude de trous de 7/10 de millimètre. L'eau et l'air ozonisé y pénètrent ensemble par la base et, se heurtant ensemble à chacune des cloisons qui déterminent leur mélange intime, assurent ainsi la dissolution de l’ozone, que facilite la pression correspondant à la hauteur de l’eau contenue dans l'appareil ».

La durée de contact varie entre six et dix minutes, temps nécessaire à une parfaite stérilisation, dont témoigne la présence de l’ozone dans l’eau qui s'écoule de l’émulseur. Pour rendre cette présence évidente, il sulfit d'ajouter à un peu d’eau traitée quelques gouttes d’une solution d'iodure de potassium et un peu d’empois d’amidon : il doit se développer une coloration bleue. Enfin, il est préférable que le débit de l’eau et le débit du gaz stérilisant soient enclenchés, c'est-à-dire que l’arrivée d’eau cesse ou soit dérivée vers une décharge si la production d'ozone vient à s’interrompre accidentellement.

C’est avec quelque raison que l’on considère aujourd'hui la stérilisation par l’ozone comme le procédé de choix de purification des eaux. À condition de l'appliquer à des eaux naturellement claires ou déjà clarifiées artificiellement, il présente des avantages très nets sur les systèmes d'épuration envisagés jusqu'ici. Bien que n’exigeant pas une surveillance très stricte, il est susceptible de donner sans défaillance une eau bactériologiquement pure : ceci est un point capital. L'extrême rapidité avec laquelle 1l élimine germes et toxines permet de l'appliquer à la purification de volumes d’eau

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considérables. De plus, l'ozone ne laisse dans l’eau traitée aucun résidu, car son excès s’y détruit de lui-même en quelques minutes et il ne peut modifier qu’en mieux la composition chimique et les caractères organoleptiques de l'eau. D'ailleurs, le nombre de stérilisateurs par l’ozone utilisés en France et à l'étranger témoigne de l'intérêt du procédé : à Nice, Chartres, Dinard, Les Sables d'Olonne, Saint-Brieuc, Armentières, Wiesbaden, Berlin, Florence, Gênes, Pétrograd, les hygiénistes s’en montrent entièrement satisfaits.

Aussi, dès que prit jour à Arcachon l'idée d’une stérilisation des eaux de Cazaux, les suffrages allèrent unanimes à l’utilisation de l'ozone. Aucune difficulté technique ne pouvait conduire à un échec, pas plus le volume des eaux à traiter que leur limpidité variable, et pour s’en assurer M. le Docteur Marcotte établissait, le 24 novembre 1928, un projet en vue d'installer dans le fond du jardin du dispensaire municipal un baraquement destiné à recevoir un appareil de stérilisation par l’ozone, Les projets étaient donc sur le point d’être réalisés, et seul restait à déterminer le type de l’appareil le plus approprié aux besoins de la ville. On comptait sans le prix d'achat, d'installation et d'entretien d’un tel appareil, et alors que l’ensemble des questions techniques se trouvait favorablement résolu, la question pécuniaire bouleversa une fois encore le plan élaboré. On constata, chiffres en mains, que la stérilisation par l'ozone grèverait d'impôts nouveaux les usagers, tenus désormais à payer l’eau 1 fr. 80 le mètre cube; comme le devis d’installation prévoyait une dépense de 1.200.000 francs, il fallut perdre tout espoir de mener à bonne fin la tâche entreprise: et ainsi fut abandonné ce projet d'organisation qui, méthodiquement réalisé, aurait pu, à l'exemple de 40 villes qui recourent à ses bons offices, doter Arcachon d’eau bactériologiquement potable, à l’abri de toute critique.

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