‹ Contribution à l'étude des eaux d'alimentation de la ville d'ArcachonChapitre 4 sur 57 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'étude un peu approfondie des multiples problèmes intéressant l'hygiène montre très vite au moins averti que celui de l'alimentation en eau potable reste, de nos jours, comme il le: fut jadis, la préoccupation cardinale de ceux qui ont pris à cœur la lourde charge de veiller à la santé publique. Loin d’être un souci contemporain, l’examen des eaux fut entrepris dès la plus haute antiquité. Les anciens, dont l'esprit était si aisément ouvert à toutes choses, exigeaient d’une eau qu'elle fût « claire, fraîche et agréable au goût », et l’étroite surveillance dont ils entouraient leurs sources prouve bien qu'ils avaient compris le rôle de facteur de santé que joue l’eau dans l'alimentation des collectivités.

Beaucoup plus tard, en 630, le roi Dagobert, puis en 1224 Frédéric II, empereur d'Allemagne, pour ne citer que les plus vigilants, exercèrent leur sévérité dans le même sens. En 1802, la surveillance des eaux prit un caractère nettement

officiel par la création, à Paris, du premier conseil d'hygiène; ce dernier, qui vit le jour à l'instigation d'un pharmacien célèbre, Cadet de Gassincourt, comprenait trois autres membres : Huzard, Deyeux et Parmentier, tous également pharmaciens. Dès lors, l'hygiène en général, et celle des eaux en particulier, prirent, par degrés, dans les esprits du temps, une place assez prépondérante pour faire naître à la fois réformes décisives et améliorations indispensables. Depuis un siècle, chaque jour a vu l’éclosion de découvertes inestimables; profitant des progrès incessants réalisés dans les autres branches de la science, se dépouillant de ses tendances quelque peu vieillottes et irrationnelles, servie par des savants d’une remarquable valeur, enrichie de moyens d'investigation sans cesse en évolution vers le mieux, riche d'expériences multiples et sincères, l'hygiène s'impose aujourd'hui à tous avec une singulière vigueur, Nul, désormais, n'en peut contester la force et la valeur.

C’est pourquoi, de nos jours, chimistes et hygiénistes savent fort bien déterminer, avec les origines des eaux, les critériums de leur potabilité. L'analyse chimique, solidement étayée par les recherches bactériologiques et les constantes physiques, permet d'établir en fait d'alimentation en eau potable une très large sécurité. Dès lors, le présent travail pourra sembler, sinon inutile, du moins d’un intérêt moins immédiat. Nous ne pensons pas qu'il en soit entièrement ainsi, et si notre modeste contribution à cette vaste étude des eaux peut apporter une aide, si légère soit-elle, aux chercheurs futurs, nous ne connaîtrons pas de meilleure récompense.

Seule, en effet, une expérimentation patiente et souvent renouvelée peut servir de base aux améliorations de demain; seules, le plus souvent, une répétition des mêmes recherches, une observation toujours intéressée des mêmes phénomènes, provoquent un pas vers la lumière.

Mais nous avons surtout été guidé dans le choix de notre travail par l'intérêt incontestable que présentent les eaux d'alimentation de la ville d'Arcachon. Lieu d'élection de nom-

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