B. — ELIMINATION DES PRODUITS QUI RÉSULTENT DE L'ATTAQUE
Ce procédé, le seul qui nous semble de réalisation relativement économique, consiste à supprimer les produits résultant de l'attaque des métaux qui subissent le contact des eaux agressives. Ce n’est. pas, il s’en faut, que pour opérer cette élimination, les travaux indispensables soient de prix très modique; mais, du moins, avons-nous la certitude qu'ils ont été entrepris ailleurs et menés à excellente fin. :
A Franciort, à Hanovre, à Lehe, en particulier, on opère depuis longtemps une déferrisation des eaux. Dans ce but, on met l’eau en contact avec l’air, soit en la faisant passer dans une colonne remplie de coke ou dans des ruisseleurs, soit en la faisant tomber en pluie dans l’air sur environ deux mètres de hauteur, puis, dans les deux cas, en filtrant au sable.
À Arcachon, nous avons vu que le trouble ferrugineux provenait
a) de l’eau du lac;
b) d'infiltrations dans la conduite d'amenée;
c) d’une légère attaque de cette conduite d'amenée;
d) des conduites publiques ou particulières encore en fer.
Nous pensons qu'il serait donc utile d'opérer les modifications suivantes :
Pour éliminer le fer venant de (a) : aérer l’eau à Cazaux même, sitôt sa sortie du lac. On pourrait utiliser, à cet elfet, un des systèmes existant à Francfort ou encore le dispositif
que nous préconisions, il y à un instant, pour l'enrichissement en gaz carbonique; sitôt formé le précipité d'oxyde de fer HIT, l’eau serait transportée dans des décanteurs jumelés ou, à la rigueur, sur des filtres à sable.
Nous considérerons le fer provenant de (b) comme éliminé par définition, les réparations de la conduite actuelle ou son doublement étant les premiers travaux à entreprendre. Quant au fer signalé en (c), nous avons tout lieu de le croire en proportion minime, et, de ce fait, aisément arrêté par les décanteurs de la ville haute.
Reste le dépôt provenant de (d); sa suppression paraît plus délicate. Avant toute entreprise nouvelle, il serait fort désirable d'éliminer encore un certain nombre de ces malencontreux culs-de-sac, réceptables attitrés de dépôts abondants. Ceci fait, nous préconisons l'établissement, dans la ville basse, de quelques décanteurs semblables à ceux de Cazaux, précédés, si nécessaire, d’un quelconque système d'aération. Après quoi, il faudrait cependant s’avouer impuissant à éliminer le dépôt produit par la corrosion des tuyaux constituant les canalisations particulières. Ou, du moins, pourrait-on laisser ce soin à l'habitant et lui recommander, par des avis réitérés : soit de laisser couler l’eau un court instant avant usage, soit de la filtrer sur un simple tampon de coton.
Ces propositions multiples pourront sembler de complexité trop grande, de réalisation trop lointaine : nous sommes toutelois convaincu qu’elles apporteraient vers le mieux un changement si sensible que l’on ne songerait plus à regretter les sacrifices pécuniaires (non négligeables malgré tout) dont elles auraient été le prix. Car il faut bien se pénétrer de cette idée que nul travail ne semble plus opportun et plus urgent que celui dont nous venons de nous entretenir et dont l’accomplissement terminera, sans doute, avec bonheur une ère de luttes et de soucis, pour le maintien, à Arcachon, d’une hygiène irréprochable.