‹ Contribution A L'étude Des Eaux Dans La Régence De Tunis Et Le Sahara Tunisien Principalement Au Point De Vue De L'hygièneChapitre 23 sur 24 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En résumé nous pouvons dégager, de ce modeste travail, les conclusions suivantes :

1° Le climat de la Tunisie et du Sahara Tunisien est très sain ;

20 Les eaux thermales, qui sont en grand nombre, sont presque toutes chlorurées sodiques — quelques unes sont, en outre, légèrement sulfureuses — deux sont ferrugineuses — une arsenicale, probablement — et une acidulée ;

3° La syphilis parait fortement atténuée à mesure qu'on avance, dans la région chaude, par l’usage des hammam— elle paraît s’aggraver, au contraire, quand il n’y à ni eau, ni hammam;

40° Le OnbEe des points d’eau potable entre Gabès et Rhadamès est assez considérable pour permettre à des Européens de circuler dans cette région, en prenant, bien entendu, les précautions d'usage dans tout pays, où les communications sont lentes et difficiles.

Avant de clore cette courte étude, je dois exprimer, ici, tous mes remerciements à ceux qui m'ont permis de parcourir le Sud Tunisien, dans les conditions nécessaires pour faire les observations que j’ai décrites.

Le Gouvernement Tunisien a facilité la tache que je m'étais donnée. Il m'a Lémoigné une sollicitude dont je ne saurais trop lui être reconnaissant en me faisant chercher et prévenir par télégraphe à Gafsa, à Tozeur, à Foum-Tatahouine de la nécessité de veiller sur ma route pour ne pas me jeter dans les embuscades du Rezzou qui, à la fin d'octonre dernier, assassinait le lieutenant Collot au fort Mae-Mahon, peu de jours après menaçait Sinaoun et répandait la terreur, dans tout le Sahara septentrional.

Mais, c’est, particulièrement aux officiers et aux médecins des divers postes du Sud, que je suis reconnaissant de l’aceueil qu'ils m'ont fait, me recevant, toujours, avec la plus grande cordialité et m'accompagnant, quelquefois, aussi loin, que le permettait leur consigne. J'ai été profondément touché de leurs attentions et je les en remercie. — Ainsi, j'ai parcoura une partie du Dahar, « le pays de la soif » et c’est pourquoi les eaux m'ont paru avoir une importance considérable. Déjà, j'avais vu, par une chaude journée, des hommes mourant.de soif, dans les grands chotts du Djerid, des chevaux tomber d'épuisement, les chameaux seuls, ces merveilleux animaux, vraiment faits pour le désert, supporter, sans, faiblir ces redoutables épreuves et après huit jours passés sans hoire, ne pas paraitre

souffrir, mais c'est bien autre chose dans le Dahar où les puits, souvent à sec, sont séparés par des distances considérables, où l’on ne trouve ni la trace d'un homme, ni celle d'un animal qui puisse vous guider vers l’eau.

Djenaien a été le point terminus de eette course que j'aurais voulu prolonger plus loin, mais j'ai dû m'incliner devant la volonté du Gouvernement Tunisien qui, par prudence, n'avait pas. voulu m'autoriser à le dépassér, — À Djenaien on se trouve en plein désert, sans un être vivant autour de soi; les oiseaux, euxmêmes, fuient ce pays déshérité; partout des dunes de sable, quelques maigres végétaux (des labiées) clairsemés y sont la seule manifestation de la vie.

Quand vint le moment du retour et que tout fut: prèt, mon mondé à cheval, je contemplai une dernière fois, du sommet dé la falaise qui domine Se puits de Ron le désert qui w’entourait.

La plaine qui s’étèndait à mes pieds était couverte de dunes; les unes d’uné blancheur éclatante, les autres avec les reflets d'or du Soleil couchant, mais toutes éblouissantes de cette lumière saharienne auprès de laquelle nos plus beaux jours de soleil sont bien pâles. Ma pensée, franchissant les Côteaux de Zar qui limitent, au Sud, la plaine par une traînée d’azur me montrait, de l’autre côté, le sable, encore humide, du sang de Morès et l'image de ce vaillant, dans sa longue agonie. Puis, je pensais au traitre, qui, à peu d'heures de moi, se prélassait dans l'impunité et je me disais que malgré toutes nos découvertes, malgré la poudre, malgré la vapeur et lélectricité nous sommes bien inférieurs aux Romains, puisqu'il y a vingt siècles, depuis la Méditerranée jusqu'au Maroc et jusqu'au Fezzan, le titre de citoyen Romain était une protection suffisante, tandis qu'aujourd'hui, les hordes sahariennes avec une audace, toujours croissante, MOD AROUE leurs attaques contre nous.

Morès, hélas! n’a pu dire : ego, quidem, civis Romanus sum. F

Sous l’empire de ces réflexions, je sentais une tristesse indéfinissable m’envahir et c’est le cœur serré que, faisant brusquement volte-face, je pris au galop la:route du Nord, pour rejoindre, avant la nuit, les chameaux de charge, qui m'attendaient sur le Djebel- Abdallah. |

Le Président,

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