‹ Contribution à l'Étude des Eaux sulfurreuses de DigneChapitre 18 sur 20 · PS +O0—= HO —+ES · texte numérisé non relu

PS +O0—= HO —+ES

Le soufre ainsi formé se fixe dans leur phytoblaste et est rejeté ensuite à l'état d'acide sulfurique qui se combine aux bases pour donner des sulfates,

Il reste à expliquer l’origine des sulfures ; comme nous l'avons dit dans un chapitre précédent,l'origine en est microbienne; c'est à la fermentation de la

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cellulose ou d’un hydrate de carbone transformé en milieu alcalin et anaérobie que les sulfates doivent d'être décomposés, ou encore dans les couches ligniteuses du sol par l'action sur So! Ca du formène qui prend naissance dans la fermentation lente des débris végétaux. |

Winogradski entreprit une série de recherches sur les sulfuraires ; ses expériences très précises et très rigoureusement conduites montrent :

19 Que conservées dans une atmosphère renfermant une petite quantité d'hydrogèae sulfuré, 123 beggiatoa se remplissent de granules de soufre.

2° Qu'ils se vident très rapidement de ces mêmes granules, lorsqu'on les met dans l’eau de source exposée à l'air.

30 Que dans une eau chargée de gypse ils se comportent exactement comme dans l’eau pure; qu'ils commencent par y perdre leur soufre, puis s'y segmentent, ce qui est un signe de souffrance et finissent par y périr.

49 Que si dans la culture faite dans une eau séléniteuse il y a quelque part un phénomène de putréfaction, dû aux impuretés vivantes et mortes dont on sépare difficilement les beggiatoa, les filaments vivants peuvent très bien ne pas perdre leur soufre ou en reprendre s'ils l’ont perdu, et s’allonger lentement comme ils le font lorsqu'ils ont rencontré de bonnes conditions d'existence, mais c’est que la pu. tréfaction survenue sur un point de la culture ou de la préparation fournit de l'hydrogène sulfuré que le beggiatoa oxyde. |

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50 On trouve des sulfo-bactéries dans presque toutes les eaux sulfureuses. Certaines ne contiennent que des beggiatoa blancs et des thiotrix. Mais toutes les fois qu’on a affaire à des bactéries colorées, les espèces sont très nombreuses.

Ces sulfo-bactéries que l’on désigne plus généralement sous le nom de thio-bactéries à cause des granules de soufre qui se trouvent emmagasinés dans leur protaplasma peuvent être soit incolores (beggiatoacées) dont les représentants sont :

Les thiotrix nivea, thiotrix tenuissima étudiés par Winogradski (1),les beggiatoa alba et le beggiatoa leptomitiformis décrits par Trévisan (2).

Soit colorées en rouge, en rose ou en violet par des pigments spéciaux analogues à la bactério purpurine, tels les thiocystis violacea, la thiosarcina rosea, le chromatum Okenii, le monas vinosum, etc... étudiés par Winogradski, Ehrenberg et Miyoski (3).

Winogradskifen s'appuyant sur le fait qu’une bactérie en présence de H?S a toujours la même grosseur, tandis que sa longueur s’accroit très rapidement, a classé celles-ci d’après leur diamètre, contrairement à la classification de certains auteurs qui les rangeaient suivant le nombre de grains de soufre contenus dans leur protoplasma.

(1) Winogradski: Beitrage zur morphologie und phvsiologie der Baterien, Heft. I. Schwefelbactèrien 1888, p. 30, 40, 65.

(2) Trévisan : Flora Eugonea, p. 56.

(3) Miyoski : Journal of the collège, of science, imp. Université, Tokio, 1897.

Sa classification est la suivante :

| BEGGIATOA Diamètre jusqu'à 1 2. .1.. — Beggiatoa minima — NÉS es l= — media — SORT Ne PP TR — alba — déd'rainie = — major THIOTRIX Diamètre inférieur à 1p.. — thiotrix tenuissima — SA ADR re" thiotrix tenus

à la base 2u à 2u,5

Diamètre / au milieu 1y7 ) == thiotrix nivea. à la pointe 1p,4 à 1p,5

Les bactéries que l’on rencontre en très grande abondance à la surface de l’eau dela source des Etuves, sont représentées par des begoiatoa caractérisés par de longs filamentsincolores, le plussouvent fragmentés (Figures 1, 4 et 5), leur protoplasma renferme de très nombreuses granulations de soufre (Fig. 3). Ces filaments sont formés par des articles peu distincts qui sont rendus visibles par l’aniline ou en chauffant le micro-organisme dans la glycérine qui a la propriété de dissoudre les granules surtout en présence du sulfite de soude (Fig. 4)

Ces sulfo-bactéries ont des mouvements à peine perceptibles, leur diamètre varie de 14. à 1y. 5 et les plus longs filaments n’atteignent jamais un centimètre. Nous rapprocherons leur étude de celle des bactériesdes sources St-Henri et St- Augustin.

Nos principales recherches ont été faites dans l’eau des sources Saint-Augustin et Saint-Henri, qui contiennent les plus beaux thiotrix de la station en

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même temps que Îles plus gros beggiatoa. La source Saint-Henri nous a fourni les espèces les plus exagérées, et cela sans aucun doute à cause du principe sulfureux qui est en cet endroit en plus grande quantite,

C’est toujours accolés aux parois des tuyaux que nous avons observé les thiotrix, dont les formes affectent des allures singulières et très éloignées du type des beggiatoa; tandis que ceux-ci se présentent sous la forme de longs filaments libres doués de mouvements très brusques, à cloisons visibles ; les thiotrix au cortraire sont caractérisés par des filaments courts, irréguliers, sans mouvements et sans cloisons apparentes; munis à l’une de leurs extrémités d’une gaine gélatineuse qui leur permet de s'attacher aux parois des corps qu'ils rencontrent, ils forment des touffes à aspects glaireux qui se confondent avec la glairine (fig. 5 et 6).

Nous avons retrouvé dans Saint-Henri des thiotrix dont le diamètre atteignait 2 » 5 et des beggiatoa de plus de un centimètre de longueur sur 4 » de diamètre. Les échantillons que nous avons essayé de cultiver en différents milieux nous ont permis d'étudier le mode de vie de chacune de ces espèces.

Les thio:rix étaient recueillis directement dans les tuyaux et les beggiatoa étaient retenus par des ficell:s que nous avions le soin de tendre dans les baignoires à partir de la conduite et cela pendant 24 heures.

Leur étude était rendue difficile à cause de la

rapidité avec laquelle ces micro-organismes se désagrègent et meurent.

Dès le début, c'est-à-dire au moment où on les retirait de l'eau de la source, les beggiatoa étaient doués de mouvements oscillatoires et leur protoplasma présentait de nombreuses granulations de soufre, peu à peu et cela en quelques heures, leurs mouvements devenaient de plus en plus imperceptibles, pour être nuls au bout de 48 heures; pendant ce temps les granulations de soufre disparaissaient presque complètement.

Dans les mêmes conditions, les thiotrix immobiles, étaient gorgés de grains de soufre qui disparaissaient en vingt-quatre heures.

Le beggiatoa ou le thiotrix presque complètement débarrassé de son soufre, se gorgeait rapidement de granulations quand on le mettait en contact d’une eau légèrement sulfureuse. Toujours nous avons constaté ce fait, et grâce à cette observation, qui avait du reste été faite par Winogradski, nous avons pu comme lui étudier, mais rarement, sur une lame de microscope les cultures que nous ensemencions avec une goutte d’eau très lésérement sulfureuse.

Nous avons essayé de les cultiver successivement dans une eau chargée soit de sulfate de chaux, soit de sulfate de fer, soit même de sulfate de cuivre. Les bactéries très soigneusement lavées à l’eau distillée se sontcomportéés dans ces différents milieux comme dans l’eau pure ; elles ont tout d’abord perdu leurs grains de soufre et sont mortes.

Nous avons au contralre toujours obtenu des

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résultats, chaque fois que nous avons introduit des germes étrangers ; toutes les fois qu'il y avait un phénomène de putréfaction dû aux impuretés vivantes et à la glairine.

C'est ainsi que les eaux chargées de sulfate de chaux, de sulfate de fer, de sulfate de cuivre, favorisaient le développement des sulfo-bactéries, quand nous introduisions dans chacun des milieux un morceau de la ficelle qui avait servi à retenir les beggiatoa et quelques thiotrix. Il y avait dans ce cas formation de ưS provenant de la décomposition de la matière organique azotée sous l’action des agents de la putréfaction qui était favorable au déve= loppement de ces microorganismes.

Les plus belles cultures ont été obtenues dans des ballons contenant de la glairine et dans lesquels nous avions introduit une petite quantité de sulfate déthinst(fieut2),7et S);

Chaque fois que nous avons pris les précautions nécessaires pour avoir une culture exempte de tout germe, c'est-à-dire que nous avons parfaitement

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lavé nos bactéries avec de l'eau distillée stérilisée, il nous a été matériellement impossible d'arriver à un résultat, les bactéries que nous placions à la surface de notre liquide, gagnaient le fond du vase et se désagrégeaient.

C’est ce qui explique l'erreur théorique commise par tous ceux qui ont fait de ces bactéries les agents réducteurs des sulfates, car pratiquement il est presque impossible d'obtenir des cultures pures.

Dans la source Saint-Augustin on rencontre des thiotrix d'un diamètre variant de 1 y. à 2 ». et des beggiatoa de 15. à 2 y. 5.

Notons surtout la présence dans les deux sources, Saint-Henri et Saint-Augustin de nombreux infusoires, d’anguillules et de quelques champignons.

La source Saint-Gilles n'est pas riche en bactéries, les beggiatoa sont seuls représentés et encore sontils très petits, leur diamètre ne dépassant jamais 1h. 5 Leuntype ressemblé à celurde la Soureétdes Etuves.

Dans toutes les autres sources nous avons surtout caractérisé les beggiatoa de 1 v. de diamètre sans rencontrer un seul thiotrix.

En résumé, c'est surtout le beggiatoa minima qui domine dans les sources thermo-minérales de Digne, sauf dans les deux sources Saint-Augustin et Saint- Henri, où nous avons retrouvé les beggiatoa media et alba.

Quant aux thiotrix qui ne figurent que dans ces deux dernières, nous les rapprocherons des thiotrix nivea de la classification de Winogradski.

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