CONCLUSIONS
1° La corpulence et l’adiposité, mesurées par les méthodes les plus exactes dont nous disposions actuellement, se trouvent diminuées, de façon constante, dans la tuberculose pulmonaire chronique. Ce premier résultat de nos recherches est d’ailleurs conforme à ce que nous apprennent les observations les plus anciennes des malades atteints de tuberculose.
2° A la première période de la maladie l'excitation catalytique, c'est-à-dire l'incitation à la destruction qui dépend dela surface totale du corps, est supérieure à sa valeur normale dans 10 0/0 des cas. Aux périodes suivantes, cette excitation catalytique dépasse sensiblement la normale dans tous les cas observés. Elle augmente d’ailleurs progressivement avec le développement de la maladie.
3° Contrairement aux prévisions qui découlent du fait précédent, à savoir l’augmentation de l'excitation catalytique, l’activité histolytique, jugée d’après l’urine des 24 heures, se trouve inférieure à sa valeur normale dans 73 0/0 des cas. Si on la détermine aux heures matinales, c’est-à-dire en se mettant le plus possible à l'abri de toute cause d'erreur, on la trouve encore inférieure à la normale 52 fois sur 100. Elle est normale 8 fois, supérieure 40 fois.
4 A la première période de la tuberculose, l’activité histolytique est, en règle générale, diminuée. Ainsi sommes-nous
amenés à comparer le tuberculeux à l’homme dont l’alimentation serait insuffisante par défaut de recettes; il utilise avec parcimonie les ressources albuminoïdes dont il dispose. Pourtant, quand les fonctions digestive et assimilatrice sont encore suffisantes, l’activité histolytique prend une valeur supérieure à la normale, pendant la première période de la maladie; cette constatation est toujours l'indice d’une suractivité nutritive de bon augure.
5° À la deuxième période, l'élaboration azotée suit les mêmes variations qu'au début de la tuberculose; elle se prêtera donc aux mêmes considérations pronostiques.
6° À Ja troisième période, l'organisme, succombant dans la lutte contre le bacille de Koch, livre ses derniers moyens de défense, consomme ses ultimes réserves; l’activité histolytique devra donc se trouver accrue, du fait même de la fonte protoplasmique exagérée. C’est, en effet, ce que nos recherches établissent nettement pour cette période de la maladie.
T° L’hémoptysie provoque pendant plusieurs jours consécutifs un ralentissement marqué des échanges nutritifs; ceux-ci sont au contraire manifestement exagérés dans la tuberculose aiguë.
8° La destruction de la matière protéique se fait chez les tuberculeux suivant une modalité imparfaite, ainsi qu’en témoignent et les fortes valeurs de la molécule élaborée moyenne et le fléchissement uniforme du coefficient azoturique.
9° Ce dernier rapport urologique tombe de 0,85, valeur normale que nous admettons, à 0,78; cette différence se retrouve à peu près également à toutes les périodes. Tandis que la valeur élevée de ce même rapport, chez un malade apyrétique, indique naturellement une élaboration azotée satisfaisante, chez le fébricitant, au contraire, cette valeur
élevée n’est pas forcément une indication favorable, puisque l'état de fièvre provoque en général, une destruction plus complète des molécules.
10° Le volume des urines, habituellement normal aux première et deuxième périodes, est cependant, dans cértains cas, notablement accru; la phosphaturie n’est pas d’ailleurs associée à cette polyurie. A la troisième période, la diminution du volume des urines est constante.
11° Le résidu fixe, l’urée, les phosphates et les chlorures éliminés diminuent graduellement, en valeur absolue, au cours de la tuberculose. Ces divers éléments ne présentent d’ailleurs une signification réelle, qu’autant qu’on peut rapporter leur détermination à une unité de comparaison rationnelle, c’est-à-dire au kilogramme d’albumine fixe.
12° Contrairement à ce qui est trop généralement admis sans preuves suffisantes, l'élimination des phosphates est normale ou légèrement diminuée à la première période de la tuberculose. Cette diminution se retrouve uniformément d’ailleurs, quoique plus accentuée, dans les autres périodes de la maladie.
13° L’examen des éliminations urinaires, pratiqué à l’aide de la méthode cryoscopique, indique une diminution d’activité de l’épithélium rénal. Ce résultat est d’ailleurs conforme à ce que d’autres chercheurs ont constaté avant nous, notamment M. Le Noir, qui a rencontré l’albuminurie chez 30 0/0 des malades étudiés aux différentes périodes de la maladie.
14% Si, enfin, nous comparons l'élimination urinaire des heures matinales à celle des 24 heures, nous constatons que le poids de la molécule élaborée moyenne est plus faible pendant la période de jeûne, tandis que le rapport azoturique est notablement plus élevé. La fièvre qui apparaît généralement vers le soir porterait à prévoir un résultat tout opposé,