CONCLUSIONS
I. Désirant étudier les modifications de la circulation de retour sous l'influence de certains agents thérapeutiques, nous nous sommes adressé pour exprimer nos résultats à la pression veineuse périphérique, comme étant la valeur qui donne le plus de renseignements sur la circulation de retour.
Abandonnant la méthode indirecte de mesure de la pression veineuse, infidèle et peu sensible, nous avons eu recours à la phlébopiézométrie directe qui, en raison de son caractère physiologique, nous fournit des chiffres précis et comparables entre eux.
Nous avons utilisé un dispositif nouveau qui, grâce à une chambre de relai, permet d'utiliser le phlébopiézomètre classique tout en évitant la coagulation
du sang :
II. Ainsi mesurée, la valeur de la pression veineuse périphérique comme instrument d'étude de la circulation de retour nous paraît indiscutable comme le prou-
vent.
etes
a) Les expériences physiologiques sur les variations de la pression veineuse (Delezenne, Capps
et Matthews, Plumier, Gollwitzer-Meïer, etc...)
b) Chez l'homme les épreuves hypertensives veineuses, telles que la toux, l'expiration bloquée, la compression des-veines jugulaires, le réflexe oculo-cardiaque qui élèvent la pression veineuse périphérique et cela dans des proportions à peu près identiques à l'élévation de la pression rachi-
dienne.
c) Les constations cliniques au cours de
différents états pathologiques.
III. Nous avons étudié l'action sur la pression veineuse périphérique de l’homme des médicaments
suivants
1. Ouabaïne. — Chez le sujet normal, elle ne modifie pas la pression veineuse. Chez les sujets à cœur déficient, elles la fait baisser de quelques degrés, comme si le cœur malade était plus sensi-
ble à son action que le cœur sain.
2. Adrénaline. — Elle est inactive introduite par voie sous-cutanée. Injectée dans les veines à la dose de 1/20 de mgr., elle produit une hyper-
tension veineuse importante, contemporaine des
réactions vaso-motrices classiques observées chez
le sujet.
3. Trinitrine. — Absorbée dans la bouche, elle donne des résultats discordants : écarts de
quelques centimètres dans les deux sens.
4. Acétylcholine. — Injectée sous la peau aux doses thérapeutiques usuelles, elle n’a aucune
action notable sur la pression veineuse.
5. Histamine. — Elle élève faiblement la pression veineuse. La tolérance du médicament a
toujours été parfaite.
6. Gluconate et chlorure de calcium. — Injectés à la dose de 2 gr., ces deux sels élèvent notablement la pression veineuse, mais d’une manière fugace, en même temps que le sujet éprouve
une sensation de chaleur généralisée.
7. Vagotonine (hormone pancréatique). —Nous n’avons enregistré aucune modification de la
pression veineuse sous son influence.
8. Post-hypophyse. — Pour être actif sur la pression veineuse de l'individu normal, cet extrait glandulaire doit être injecté dans les veines et à forte dose. Dans ces conditions, hausse nette et
assez durable, de 3 cm. environ. A signaler la
JE ra
tolérance parfaite des sujets. Des résultats inverses ont été obtenus chez des tuberculeux pulmo-
naires hémoptoïques à pression veineuse élevée.
IV. Pendant l’anesthésie générale par le protoxyde d’azote, la pression veineuse est élevée constamment et dans une forte proportion, qui peut aller jusqu’au double. Il semble qu'il y ait un rapport assez étroit entre le taux de l'hypertension veineuse et l'intensité
de la cyanose de l’opéré.
V. De cette étude sur la circulation de retour il nous paraît possible de retenir quelques notions sur le
caractère de la pression veineuse périphérique.
a) à l’état normal, il faut des substances très actives, et le plus souvent injectées dans les veines à forte dose, pour faire varier la pression veineuse. Celle-ci paraît donc avoir une constance et une fixité relatives, plus grandes que celles
de la pression artérielle.
b) Il convient de discriminer les effets obtenus sur la pression veineuse normale ou pathologiquement modifiée ; dans ce dernier cas, ils sont plus nets et plus importants et se font souvent dans
un sens opposé.
c) La plupart des substances qui ont agi sur la pression veineuse ont agi aussi sur le fonction-
nement du cœur.
d) Le facteur cardiaque de la pression veineuse, comme tendent à le prouver les expériences sur l'animal, paraît dominant. Le facteur périphérique ou vaso-moteur, dans les conditions où nous nous sommes placé, semble jouer un rôle secondaire, sans doute parce qu’il demande pour être mis en jeu des incitations plus fortes ou
quotidiennement renouvelées.
Vu : Vu :
Le Doyen : Le Président de la thèse :
ROUSSY. Maurice VILLARET.
Vu el permis d’imprimer :
Le Recteur de l’Acadénue de Paris: