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2° ETAT DIATHÉSIQUE.
1° Terrain.
L'augmentation du nombre de phlébites que certaines statistiques accusent correspond sans doute à une augmentation réelle. Les causes en sont multiples.
Payr insiste sur la fatigue et les troubles de la vie actuelle, sur le rôle de l’empoisonnement du sang par les produits industriels, benzol, teintures, carburants, ettnretc:.
Rost pense que notre alimentation, dont la teneur en potassium est exagérée prédispose aux phlébites.
Il faut accorder, certes, beaucoup plus d’importance à l’état du malade; nous opérons actuellement des sujets que nous n’opérions pas il y a quelques années; ce sont des malades tarés, des malades à la limite de l’opérabilité, des malades âgés.
Grâce à la préparation pré-opératoire, à l’anesthésie locale, aux’soins post-opératoires, nous opérons des malades dont le cœur, les poumons, le foie et les reins sont déficients; or, cette déficience est capitale dans la production des phlébites. On a même pu opérer des malades atteints d’affections cardio-vasculaires très avancées.
2° Appareil circulatoire, sang.
1. Varices. — Nous n’attachons pas une importance notable aux phlébectasies, contrairement à Ulrich, Delater, Hugel, Challier; les varices des membres infé-
da. Or
rieurs sont très fréquentes, et nous n’avons pas observé, malgré cela, une plus grande proportion d’accidents veineux post-opératoires chez ces malades.
2. Hémorragies. — Dans son étude sur les phlébites et embolies consécutives aux opérations gynécologiques (qui entrent dans notre statistique au taux de 20%), E. Macias de Torrès rapporte que les deux tiers environ de ses malades avaient été atteintes, dans les périodes prétédant de peu l’opération, d’hémorragies plus ou moins considérables et en général répétées. Sur ce point, nous sommes entièrement d’accord
avec lui.
3. Tension artérielle. — Chez tous nos malades, la tension artérielle prise au Vaquez le matin de l’intervention était normale, sauf un cas (Obs. 24). Nous ne pouvons donc rien en déduire.
4. Stase sanguine. — Ducuing insiste souvent sur Ja stase sanguine constatée au cours des interventions sur les veines du petit bassin, considérablement dilatées. [1 y aurait donc des phénomènes d’hypotension localisés auxquels on pourrait attribuer une, importance réelle.
5. Hypoglobulie. — Elle serait peut-être en rapport avec ces phénomènes de stase.
6. Hyperplaquettose. — D'après les travaux de M. le Professeur Grégoire en 1929, l’hyperplaquettose favoriserait la formation du caillot.
7. Coagulabilité sanguine. — À la suite des nombreuses recherches sur le temps de coagulation et le
LERPATIT
temps de saignement, on a tenté de trouver, d’après les chiffres obtenus, un degré de probabilité au déclanchement des accidents veineux post-opératoires.
Comme l'ont fait remarquer Chauvin, Esmenard, Jaur, Mayet et Macias de Torrés :
1. Les procédés mis en œuvre pour vérifier les temps de saignement et de coagulation, bien que nombreux, sont encore trop imparfaits;
2. Il est à peu près impossible de s’appuyver uniquement sur les données du laboratoire, qui sont sujettes à des variations telles qu’on se voit obligé d’accroître les limites de la coagulation normale; d’après les travaux de ces auteurs, elle varierait suivant les jours, l'heure, et même au cours des interventions;
3. Il est certain que les thromboses spontanées dans les vaisseaux et en dehors d’eux doivent être des phénomènes entièrement différents (Chauvin);
4. Ces mêmes auteurs considèrent la coagulation comme un phénomène physique : transformation des albumines dissoutes en albumines insolubles ; la thrombose serait un phénomène que l’on peut dire vital : agglutination et organisation trabéculaires des éléments du sang. Il faudrait en conclure que la thrombose ne peut s'expliquer par aucune des actions qui favorisent la coagulation;
5. Schikle a déduit de ses expériences que l’ovaire et l'utérus secrétaient des agents anti-coagulants et que leur suppression causerait la thrombose.
Fellner pense que les substances coagulantes seraient libérées par le traumatisme de l’opération.
Bertin et Feltz croient que c’est le métabolisme
anormal de ces tissus traumatisés qui déterminerait la production de ces substances.
Van Stockun l’attribue à la pénétration dans la circulation veineuse de substances nocives par la voie lymphatique.
Loeb, Achard et Aynaud attribuent les troubles de
la coagulation aux lésions des endothéliums vasculaires.
3° SEPTICITÉ.
Ces complications sont-elles plus fréquentes après les interventions septiques ?
L'étude comparée de notre statistique et des nombreux travaux parus sur cette question nous ont conduits aux remarques suivantes :