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IV. — PÉRIODES D'ÉCLOSION

Il ressort des nombreuses observations faites par

les chirurgiens, trois ordres de faits :

1° la coincidence des complications post-opératoires avec d’autres effections;

2° l'influence des saisons;

Ho

3° le rôle des conditions atmosphériques et climatiques.

1° Coïncidences avec d'autres affections.

Elle est évidente : A. Owen écrivait en février 1927, à la suite de Lister :

« Chaque fois que je vois un cas d’affection pulmonaire post-opératoire à l’hôpital, je vois en même temps, en dehors, des cas similaires chez des patients qui n’ont subi aucune intervention chirurgicale, mais qui sont atteints de l’influenza. »

Il cite en exemple quatre cas : 2 embolies pulmonaires, dont une fatale; une hémiplégie; une embolie cérébrale fatale; survenus pendant les 19 jours du mois de septembre, lorsque l’influenza faisait rage dans sa clientèle.

Au centre anticancéreux de Toulouse, le Professeur Ducuing signale que les deux périodes d’éclosion de juillet et août 1932 et 1933 ont été DRASS de deux cas d’érysipèle.

Foucault (de Poitiers) rapporte sept cas d’embolie après érysipèle, dans une salle de femmes : elles avaient été soignées par une même infirmière qui avait eu un érysipèle quelque temps auparavant.

Des cas analogues et nombreux, notamment à Poccasion de l’épidémie de grippe de 1919, s'étant produits dans d’autres services, ont fait soulever cette question de l’épidémicité ou de la contagiosité des phlébites.

Nous reviendrons plus loin, à propos de lPinfection, sur ce point si important.

LG 2° L'influence des saisons.

Un rapport récent de M. le Professeur Ockinczye auprès de l’Académie de Chirurgie (19 mai 1937) appelle l'attention sur une série de phlébites post-opératoires groupées dans un laps de temps relativement court.

Il rapporte une série de douze phlébites avec six cas compliqués d’embolies et deux embolies mortelles qui ont suivi des interventions assez simples. Le seul élément étiologique à retenir est l'existence d’une colibacillose urinaire très nette chez la seule malade qui n'avait pas été opérée.

Cette notion de l'influence des saisons n’est pas nouvelle; déjà MM. les Professeurs Jean-Louis Faure, Anselme Schwartz, Sauve, Auvray, Hanselmann, Manzac et d’autres avaient insisté sur l'influence de la grippe en 1919. C’est ainsi que M. le Professeur J.-L. Faure a observé à cette époque sept cas d’embolie dans un mois, dont quatre mortels. Il fut même sur le point de ne plus opérer dans son service; il commenca par ne plus opérer les femmes atteintes de fibromes dont l'intervention n’était pas urgente.

La statistique du Professeur Fiolle, de Marseille, donne 7 phlébites de juillet à décembre 1933, alors que, sur 641 interventions pratiquées dans les deux années et demie précédentes, il eut seulement onze phlébites.

Le Docteur Aubert rapporte, de mai à août 1933, six cas (3 appendicites, 1 hystérectomie, 1 cholécystectomie, 1 réduction de fracture).

M. le Professeur Ducuing (Presse Médicale du 11 février 1933), qui ne croyait pas à l’infection ni à l’in-

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fluence de la grippe et des saisons sur la recrudescence des accidents emboliques, se montre fort impressionné par le caractère d’épidémicité dans l’apparition des phlébites :

En 1931-32, 16 phlébites en dix mois et demi, et 10 en un mois et demi;

En 1932-33, 14 phlébites en dix mois et demi et puis brusquement 6 entre le 1* août et le 15 septembre, tandis que dans sa clinique privée il eut 16 phlébites dans l’année, dont 7 pendant le mois de mai.

La recrudescence des embolies signalées par le Professeur J.-L. Faure en 1919 avait été constatée en février et en mars.

M. le Professeur Ducuing remarque qu’elles peuvent aussi bien apparaître en juillet et août, comme

en 1932 et 1933.

Personnellement, nous avons pu constater les faits suivants :

Par ordre de fréquence, les dates des différents accidents emboliques ou phlébitiques (uniques ou répétés) se groupent de la façon suivante : sur 76 accidents, nous avons constaté le maximum pendant le mois de novembre (19), suivi par le mois de mai avec 14 accidents. Mars et avril voient le même nombre d’accidents : 8.

Soit deux périodes maximum : printemps et automne,

Nous avons pu remarquer aussi que le hasard fait de curieuses séries.

En 1931, il n’y eut que 4 cas d’embolies, mais 3 furent mortelles.

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