HISTORIQUE
Les exostoses ostéogéniques ne peuvent être considérées comme une affection rare, le nombre des ob-
servations qui ont trait à cette curieuse maladie est
considérable et sans vouloir faire une étuce historique
complète de la question on peut diviser l’histoire des exostoses ostéogéniques en trois périodes :
Dans une première période dont le début ne peut être fixé exactement, le nom d’exostoses était employé pour désigner des tumeurs constituées par du tissu osseux. Galien aurait été un des premiers à employer cette expression.
En 1706, Leclerc dans son Trailé des maladies des os
distingue des exostoses d’origine scorbutique, scrofu-
leusé, vénérienne. Plus tard, dans les thèses de Millière, Ramonet (1814) la confusion avec l’ostéo-sar-
come est manifeste. Les exostoses étaient donc con-
fondues durant cette période avec des affections du
squelette toutes différentes. On ne doit donc pas dire
que les exostoses ostéogéniques étaient connues avant Broca. : '
Dans cette deuxième période les auteurs vont s’ef-
forcer de détacher des autres maladies des os un syn-
drome bien défini.
LE TO SSS
En 1854, Soulier inspiré par Broca, montre dans sa thèse l'importance du cartilage de conjugaison et le parallélisme qui existe entre le développement du squelette et celui de certaines exostoses. Sous le qualificatif d’exostoses de croissance ou ostéogéniques il sépare la catégorie de tumeurs osseuses qui constituent le principal élément de la maladie qui nous occupe. Durant cette période, les exostoses ostéogéniques ont été parfaitement décrites; par la palpation les auteurs arrivaient à les compter sur le même sujet. Ces études numériques manquaient d’ailleurs de précision, certaines régions restant inaccessibles à la palpation. En plus certaines exostoses volumineuses, isolées, n’étaient sans doute qu’une masse constituée par la réunion de plusieurs exostoses qui peuvent dans certains cas simuler un véritable manchon.
Les caractères anatomiques avaient besoin d’être précisés et c’est alors que commence une troisième période.
La radiographie ouvrit en effet une ère nouvelle. Par elle on put découvrir des exostoses qui n'auraient, pas été révélées par le simple examen. La forme les dimensions, l'aspect radiographique purent être précisés.
Les caractères cliniques et les troubles associés du développement osseux (courbures, arrêts de croissance) sont bien connus depuis l'important travail de Bessel- Hagen. |
En France la question a surtout été étudiée par :
Poncet (Traité de Chirurgie de Duplay et Reclus) :
Lenormant en 1905, dans la Revue d’orlhopédie, qui
Ver
ins nr ès of
mé TE CE A PA
ET Ma: AN Dis var [Lam
PNR RE
insiste sur les troubles de croissance dans les exostoses ostéogéniques et les chondromes des os. S
Mauclaire, 1908, Trailé de chirurgie. |
Citons encore les travaux d’ensemble de Leri (Widal, Nouveau lrailé de médecine), Ombredanne (Précis de chirurgie infantile). |
Ollier (1900, dans Lyon médical).
Auvray et Guillain (1901, Archives générales de médecine). |
Pierre Marie (1905, Bullelin el Mémoires de la Socrélé médicale des hôpilaux).
: Lannois et Tremolières (1905, Bullelins el Mémoires de la Sociélé médicale des hôpitaux).
Lenormant et Lecène (1906, Revue d’orthopédie).
Carnot et. Bonniot (1909, Bullelins el Mémoires de la Société médicale des hôpilaux). |
Tessier et Bernard (1909, Bullelins el Mémoires de la Sociélé médicale des hôpitaux).
Rathery et Binet (1913, Bullehns el Mémoires de la Sociélé médicale des hôpilaux\. |
Lenormant (1925, Sociélé de chirurgie).
Leri et, Linossier (1925, Paris médical).
Rathery et Julien Marie (1926, Bullelins el mémoires de la Sociélé médicale des hopilaux). |
La bibliographie s’est enrichie parallèlement de nombreuses thèses :
Royer (Paris, 1893); Fourneau (Paris, 1893); Patriarche (Bordeaux, 1896) : Iribarne (Paris, 1899); Bourguignon (Lyon, 1900) et enfin :
la thèse de Reubsaët (Paris, 1909), Essai sur les vraies
el les fausses exostoses ostéogéniques.
SAHOE
Reubsaët attribue aux vraies exostoses les caractères suivants :
a) se développent sur le squelette au moment de la croissance ;
b) sont toujours héréditaires;
c) sont presque toujours une dystrophie régulière;
d) sont constituées par un tissu identique à l'os normal.
Et pour les fausses :
a) leur développement se continue après la fin de la période ostéogénique du squelette,
b) ne sont pas héréditaires;
c) ne sont pas une dystrophie régulière;
d) peuvent se développer aux dépens du cartilage de conjugaison et aux dépens du périoste ;
c) sont constituées par du tissu d’ostéite.
Il est évident que ces caractères sont beaucoup trop
absolus et on ne peut appeler exostoses ostéogéniques
des productions osseuses locales survenant à la suite
d’une affection articulaire ou au cours des maladies
infectieuses. k
En acceptant cette division on peut faire rentrer
toutes les néoformations osseuses dans le cadre des
exostoses de développement.
Cette conception des vraies et fausses exostoses ostéogéniques ne peut donc être admise et le nom d’exostoses ostéogéniques doit être réservé à des variétés d’exostoses constituant un groupe bien défini.
Il n'y a done ni vraies ni fausses exostoses ostéo-
géniques, mais il y a