‹ Contribution à l'étude des expectorations sidérofèresChapitre 11 sur 33 · C... Denise, 34 ans, dactylographe · texte numérisé non relu

C... Denise, 34 ans, dactylographe

Entre dans le service le 7 septembre 1929 pour dou-

leurs du côté droit irradiées à l’épaule et au bras droil. Rien de particulier dans les antécédents héréditaires. Personnellement pas de maladie de l’enfance. En 1920, double salpingectomie. En 1923, appendicectomie à chaud. Aussitôt guérie, la malade s’installe à Lyon et commence alors à présenter de nombreux malaises qui consistent en vomissements muqueux le matin au réveil et en migraines fréquentes avec hyperesthésie du cuir chevelu. SA

En janvier 1929, la malade se met à tousser sans expectoration notable et probablement sans température, mais avec douleurs sourdes dans le côté droit.

Ce sont ces douleurs du côté droit qui amènent la malade à l’hôpital. Elles sont localisées à la partie moyenne de l’hémithorax droit, «en arrière, et s’irradient à l’épaule et au bras droit et empêchent tout travail. Depuis le 15 juin, état subfébrile à 37°5-38°, sans céphalées, sans vomissements, sans douleurs dans l’hypocondre droit.

La malade n’a jamais eu de rhumatisme articulaire aigu, jamais d’urticaire, ni de jaunisse.

A l’examen. — L’aspect général est bon. La malade tousse peu, mais expectore cependant quelques crachats gommeux, légèrement tigrés. L’examen pulmonaire est entièrement négatif. Au point de vue hépatique, l’examen permet de déceler un foie légèrement débordant — en outre on perçoit dans la région vésiculaire un point très sensible quand on déprime la paroï et à ce niveau on sent une masse profonde dont on ne peut distinguer la nature et qui n’est probablement que le foie. On trouve : des grains cholestériniens de la lèvre supérieure. La palpation des régions para-vertébrales, du bord supérieur du trapèze, du V deltoïdien permet de sentir de petits nodules et des infiltrats cellulalgiques douloureux à la pression.

Au cœur, souffle systolique de la base assez doux, sans frémissement, limité à la région mésocardiaque. L'examen du système nerveux est négatif.

EXAMENS PRATIQUÉS

1° Urines : ni sucre, ni albumine, ni sels, ni pigment, ni urobiline. |

2° Coefficient de Maillard—6.

3° Sang :

a) Résistance globulaire: H1—0,48; H2—0,43; H$—0,32. b) Temps de saignement: 2”; temps de coagulation: 10°. c) Bilirubinémie : 0.

d) B.-W.: négatif.

4° Cuti-réaction peptonée : +.

5° Expectoration :

Pas de B. K. (après homogénéisation).

. Fer en milligr. % de crachats secs—0,019.

6° Radioscopie pulmonaire : aspect normal.

OBSERVATION II (Service du Professeur PAVIOT) Î Insuffisance hépatique légère, se traduisant chez une femme de 53 ans, par des poussées d’urticaire (fréquentes dans l’adolescence, plus rares depuis quelques années), des migraines avec nausées sans sCotome sombre, soit spontanées, soit provoquées par l’ingestion de lait. Expectoration gommeuse fortement tigrée. Fragilité sanguine. Aucun signe clinique ni bactériologique actuel de bacillose pulmo-

naire.

De B... Marie, 53 ans, ménagère.

La malade entre à l’hôpital étant incapable, dit-elle, de continuer son travail de ménagère.

Dans les antécédents : Son père mort à 73 ans était asthmatique; 5 de ses frères et sœurs sont morts en basâge.

Personnellement : Pas de maladie dans l’enfance. Mariée à 25 ans, elle n’a jamais eu de fausses couches. Œnilisme léger.

La malade se plaint depuis longtemps de maux de tête fréquents, survenant particulièrement après ingestion de lait, accompagnés de nausées, sans scotome. De même, elle se rappelle avoir eu fréquemment de l’urticaire, quand elle était jeune, plus rarement ces dernières années. Le moindre effort la fatigue, et lui donne des douleurs dans la région lombaire.

A l'examen : L'aspect général est satisfaisant. Elle expectore quelques crachats gommeux fortement tigrés.

L'examen des divers appareils est négatif.

On remarque seulement une légère douleur à la palpation de la région hépatique, dans la zone vésiculaire.

EXAMENS PRATIQUÉS

1° Urines : ni sucre, ni albumine, ni sels, ni pigment, ni urobiline.

2° Coefficient de Maillard=—7,5.

3° Sang :

a) Résistance globulaire: H1—0,58; H2—0,50; H3—0,44. b) Temps de saignement: 3”; temps de coagulation: 9’. c) Bilirubinémie : 0.

d) B.-W. : négatif.

4° Cuti-réaction peptonée : ++.

9° Expectoration :

Pas de B. K. (après homogénéisation).

Fer en milligr. % de crachats secs—0,052.

6° Radioscopie pulmonaire : normale.

OBSERVATION III (Service du Professeur PAvIoT)

Insuffisance protéo-pexique du foie, chez une femme de 40 ans sans antécédents pathologiques (sauf hydarthroses à répétition de nature probablement protéinique) caractérisée par des troubles digestifs précoces avec régurgitations, aigreurs, des migraines violentes, des phénomènes vaso-moteurs très marqués, dermographisme, rougeur de la face et du thorax, sueurs profuses, tous phénomènes en relation avec l’ingestion d'œufs et de laitages; des grains cholestériniens de la lèvre supérieure, des nodosités cellulalgiques (fascia lataet nuque: pseudo-torticolis). Expectoration gommeuse très mélanique, fragilité sanguine. Aucun signe clinique ni bactériologique actuel de bacillose pulmonaire.

D... Francia, 40 ans.

La malade entre à l’hôpital pour des céphalées violentes et tenaces, avec douleurs lancinantes au niveau de la nuque.

Dans les antécédents : Rien de particulier.

Personnellement : Aucune maladie grave dans l’enfance. Bien portante jusqu’à 23 ans. À cet âge, elle eut une crise d’entérite dont elle a souffert pendant plusieurs années. En 1919, grippe espagnole; trois ans plus tard, elle commença à souffrir d’hydarthroses bilatérales, non tuberculeuses, qui furent améliorées à ce moment-là, par des bains de lumière et des massages, en Suisse, mais qui réapparaissent par périodes.

Mais surtout la malade se plaint depuis presque 10 ans, de troubles digestifs ; ils apparaissent après l’ingestion alimentaire s’accompagnant de régurgitations, d’aigreurs, d’éructations; ils durent tout le temps de la digestion. C’est ainsi qu’à 10 heures, la malade « souffre

ANT"; jee

encore de son café au lait » pris 2 heures avant. Ces troubles digestifs s’accompagnent de phénomènes vasomoteurs très marqués, rougeur du thorax et de la face avec sudation abondante, surtout à l’aisselle. La malade a supprimé de son régime alimentaire les œufs et les laitages, ayant trouvé que ces aliments la fatiguaient. Enfin et surtout, au moment des règles, elle est fréquemment sujette à des migraines tenaces, accompagnées de véritables « douleurs » siégeant sur toute la hauteur de la nuque et durant plusieurs jours sans interruptions.

A l’examen.: Bon état général. L’expectoration est formée de crachats gommeux très mélaniques.

L'examen des divers appareils est négatif.

Au point de vue hépatique, le foie n’est pas sensible. On constate l’existence de grains cholestériniens très nets au niveau de la lèvre supérieure. Le dermographisme est facilement mis en évidence. La palpation du fascia lata est douloureuse. On trouve en couture de pantalon de petits grains sensibles à la palpation qui montrent que la malade est une cellulalgique nodulaire. C’est ainsi que l’on explique le torticolis qu’elle présente par l’existence de nodules cellulalgiques au niveau de la nuque.

EXAMENS PRATIQUÉS

1° Urines : ni sucre, ni albumine, ni sels, ni pigment, ni urobiline.

2° Coefficient de Maillard—6.

3° Sang :

a) Résistance globulaire: H1—0,58; H2—0,52; H3—0,46. b) Temps de saignement: 2’; temps de coagulation: 9. c) Bilirubinémie — +.

d) B.-W. : négatif.

4° Cuti-réaction peptonée : ++.

9° Expectoration :

Pas de B. K. après homogénéisation.

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