‹ Contribution à l'étude des expectorations sidérofèresChapitre 13 sur 33 · C.. Dona, 52 ans, ménagère · texte numérisé non relu

C.. Dona, 52 ans, ménagère

La malade entre dans le service pour maux d’estomac.

Dans les antécédents : Rien de particulier.

Personnellement : Pas de maladie de l’enfance. Aucun antécédent pulmonaire. C’est une œno-éthylique moyenne : 1 litre 1/2 de vin et un verre d’eau-de-vie par jour.

Il y a un mois, la malade se mit à présenter des troubles digestifs caractérisés par des douleurs diffuses survenant irrégulièrement durant toute la journée, consistant en une sensation de brûlure et de fourmillement le long de l’œsophage et au niveau de l’abdomen. Ces brüûlures étaient plus nettes après les repas et après ingestion de vin. Ces douleurs s’accompagnaient de régurgitations acides, mais jamais de vomissements, même le matin à jeun; elles n’étaient pas irradiées dans l’épaule.

La malade accusait une constipation opiniâtre et après repas copieux des sensations de pesanteur dans l’épigas-

tre. Elle est alors envoyée en chirurgie, dans le service du Professeur Tixier. L'examen montre :

Weber : < 0.

Analyse d’urines : négative.

Radiographie de l'estomac : négative.

B.-W. : négatif.

Laparotomie le 26 novembre 1929, qui montre un dusdénum uni à la vésicule par des adhérences. L’examen méthodique du duodénum et de la vésicule est négatif, ainsi que celui de l’appendice que l’on n’enlève pas. Fermeture totale. Suites d’opération bonnes. Elle est alors envoyée dans le service du Professeur Paviot.

A l'examen : L'état général de la malade paraît satisfaisant. Elle expectore quelques crachats gommeux ra- 1es, mais nettement mélaniques.

Le cœur et les poumons sont normaux. Le système nerveux également.

Au point de vue hépatique : L’abdomen est souple, la palpation ne réveille aucune douleur. Le foie ne déborde pas. La région vésiculaire n’est pas douloureuse. Pas de subictère des conjonctives.

La malade accuse toujours les troubles digestifs décrits précédemment. De plus, ayant été mise à un régime alimentaire d'œufs et de lait, elle a vu ses troubles augmenter et s'accompagner de violentes migraines. On trouve une belle ligne de grains cholestériniens sous la muqueuse de la lèvre supérieure. La peau est incontestablement pigmentée. On pourrait croire à une pigmentation ethnique (italienne et vénitienne). Mais sur le thorax, pigmentation rappelant celle des éphélides. Dans les régions scapulaires, dans les plis de flexion, pigmentation intense.

EXAMENS PRATIQUÉS

1° Urines : ni sucre, ni albumine, ni sels, ni pigment, ni urobiline.

Dent par

2° Coefficient de Maillard—9.

3° Sang :

a) Résistance globulaire: H1—0,62; H2—0,50; H3—0,42. b) Temps de saignement: 2’5; temps de coagulation: 11’. c) Bilirubinémie=—+ ++.

d) B.-W. : négatif.

4° Cuti-réaction peptonée : +++.

5° Expectoration :

Pas de B. K. après homogénéisation.

Fer en milligr. % de crachats secs—0,076.

6° Radioscopie pulmonaire : normale.

OBSERVATION V (Service du Professeur PAVIOT)

Crise de foie avec subictère chez un homme de 49 ans, présentant depuis de nombreuses années des symptômes de petite insuffisance hépatique : digestions pénibles avec renvois amers, éructations, pesanteur épigastrique, migraines violentes persistantes et fréquentes avec nausées et scotome sombre ; poussées fréquentes d’urticaire, prurit génital, glycosurié. Fistule borgne interne incisée il y a un an, crachats gommeux et noirâtres. Fragilité sanguine. Aucun signe clinique, ni bactériologique actu”l de bacillose pulmonaire.

A... Joseph, 49 ans, ébéniste.

Le malade entre d’urgence à l’hôpital pour perforation gastrique (?).

Dans les antécédents : On relève que sa mère présente des crises hépatiques.

Personnellement : Grippe en 1918. L’année dernière, il a été opéré pour une fistule borgne interne. Il nie éthy-

lisme et spécificité,

Depuis longtemps le malade se plaint de digestions pénibles avec renvois amers et acides, éructation, sensation de pesanteur gastrique prolongée après les repas. Il n’a jamais présenté de vomissements, ni de douleurs véritables. Il n’a jamais eu d’hématémèse, ni de mælena. Par ailleurs, le malade n’a jamais présenté de coliques hépatiques, ni d’ictère. Mais, par contre, il avoue des migraines extrêmement fréquentes sous forme de céphalées hémicraniennes très douloureuses et.souvent très persistantes avec nausées et scotome sombre. En outre, il présente depuis plusieurs années de l’urticaire, surtout marquée au niveau des avant-bras et il souffre d’un prurit génital extrêmement marqué depuis trois ans. Ce prurit semble d’ailleurs évoluer parallèlement à l’urticaire. Il se plaint également de sueurs profuses généralisées.

Jeudi 4 novembre, après un repas normal, le malade s’est couché à 9 h. du soir et s’est aussitôt endormi. A 11 h. 1/2 environ, il fut réveillé brusquement par une douleur très vive mal localisée qui d’emblée occupait tout Pabdomen — la douleur s’irradiait dans le dos et aux épaules, surtout à droite.

Il n’eut ni diarrhée, ni vomissement, ni phénomènes urinaires, ni état syncopal. Une heure après, s’étant mis des cataplasmes très chauds sur le ventre, les douleurs diminuent d'intensité et il put s’endormir.

Le lendemain matin, diarrhée légère. Les douleurs s’étaient suffisamment calmées pour qu’il pût reprendre son travail. Néanmoins, il se sentit las, courbaturé et le soir se coucha après avoir bu seulement un peu de bouillon.

Dès minuit, il fut réveillé par la même douleur que la veille, mais beaucoup plus vive. Inquiet il fit venir le médecin qui constata, paraît-il, que le malade présentait un ventre de « bois ». Pensant à une perforation gastrique, il fit transporter d’urgence le malade à LOOPRES où cependant il ne fut pas aussitôt (pa

À l'examen : Le malade souffre moins. Il présente très nettement du subictère. Il tousse peu, mais expectore des crachats gommeux nettement mélaniques. L’abdomen est un peu météorisé sans contracture; la palpation est un peu douloureuse au niveau de l’abdomen dans toute son étendue, mais les douleurs provoquées paraissent plus vives au niveau de la région sous-hépatique. Cependant, on ne sent pas le bord inférieur du foie. La vésicule n’est pas perçue.

Au niveau de la verge, lésions mécaniques de grattage avec petites ulcérations au niveau du sillon balano-préputial. Les selles sont décolorées.

Rien de particulier, au cœur, aux poumons ni au système nerveux.

Six jours après : Le malade quitte le service après avoir signé une décharge. La température est encore subfébrile. Il existe un peu d’empâtement dans l’hypocondre droit. Les urines sont claires. Les matières se sont recolorées.

EXAMENS PRATIQUÉS-

1° Urines : présence de sucre, pas d’albumine, présence de pigments biliaires, pas de sels, pas d’urobiline, 2° Coefficient de Maillard=—s8.

3° Sang :

a) Résistance globulaire: H1—0,62; H2—0,54; H3—0,44. b) Temps de saignement: 2°5; temps de coagulation: 12. c) Bilirubinémie—+-+.

d) B.-W. : négatif.

4° Cuti-réaction peptonée : ++.

5° Expectoration :

Pas de B. K. après homogénéisation.

Fer en milligr. % de crachats secs—0,070.

6° Radioscopie pulmonaire : normale,

20 de

OBSERVATION VI (Service du Professeur PAVIOT)

Insuffisance hépatique sè manifestant chez une jeune filla de 19 ans, par des migraines aux règles avec vertiges, nausées, hyperesthésie du cuir chevelu, des troubles digestifs précoces avec vomissements, diarrhée post-prandiale provoquée par l’ingestion de lait, d'œufs, de corps gras; une infiltration cellulitique aux divers points d’élection, des grains cholestériniens de la lèvre supérieure, des troubles vaso-moteurs.

Pleurésie à l’âge de 10 ans, aucune manifestation pleuro-pulmonaire ultérieure. Expectoration gommeuse nettement tigrée. Fragilité sanguine.

Aucun signe clinique, ni bactériologique actuel de bacillose pulmonaire.

K... Madeleine, 19 ans, tisseuse.

La malade est envoyée dans le service pour maladie de foie.

Dans ses antécédents : Rien de particulier.

Personnellement : Coqueluche et rougeole dans l’enfance. A l’âge de 7 ans, pleurésie à début insidieux qui l'aurait tenue un mois alitée. La ponction aurait retiré un liquide très clair, léger, citrin. A la suite d’un bain dans un étang glacé, elle eut pendant 3 mois un point pleurétique au niveau de l’hémithorax droit. Depuis, la malade se plaint de nombreux malaises : lassitude générale au moindre effort, diarrhée survenant après les repas, quels que soient les aliments ingérés, vomissements survenant systématiquement après l’ingestion de certains aliments : crème, graisses et surtout œufs; d’autres aliments comme le lait ne donnent pas lieu à des vomissements, mais déterminent des douleurs épigastriques consistant essentiellement en sensation de lourdeur,

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