‹ Contribution à l'étude des extraits hépatiques injectablesChapitre 18 sur 28 · LATTES · texte numérisé non relu

LATTES

Le 8 décembre :

Globules rouges 2.994.009 Polynaneutr 22 76 % Globules blancs 17.800 Polyn. éosin..... SA Hémoglobine . 361% Grands monos.... 6% Val. globulaire. 0,65 Moyens monos... 4% Réticu'ocytes .… 1,207 Lymphocytes .... 12% Normoblestes . 0

Le 10 décembre : le malade meurt de péritonite suraiguë par rupture intestinale.

ANÉMIE ET ASCITE

Mme de B..., 71 ans, journalière, entre dans le service le 18 octobre 1933, pour ascite.

Dans son enfance, nous relevons une rougeole à 15 ans, puis à 23 ans, une congestion pulmonaire qui la laisse très fragile et sujette à des grippes toujours longues à guérir. Mariée l’année suivante, elle a deux enfants bien portants.

Depuis de longues années, elle se plaint de douleurs au niveau du foie, douleurs sourdes sans irradiations, avec léger subictère au niveau des conjonctives. Elle reconnaît boire deux litres de vin par Jour et de nombreux alcools.

En novembre 1932, la malade vient une première fois dans le service pour troubles digestifs vagues et anorexie. Après un séjour de deux semaines elle retourne chez elle. Un régime assez strict et deux mois de repos lui permettent de reprendre son travail, mais se remettant à boire, elle souffre, par moments, de douleurs abdominales, de céphalée tenace, tandis qu'elle est réveillée presque chaque nuit par de violents cauchemars.

Au mois d'août 1933, elle fait un second séjour dans le service. lle souffre de constipation opiniâtre, alternant avec des crises diarrhéiques, a perdu l'appétit et se sent incapable de travailler.

La pression du foie est douloureuse, le ventre est météorisé, mais aucune trace d’ascite. Les phénomènes douloureux disparaissent

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au bout de quinze jours, mais à ce moment, un examen minutieux permet de déceler la présence d’une très petite quantité le liquide dans l’abdomen.

Rentrée chez elle, la malade revient le 24 septembre se faire ponctionner. Le ventre a considérablement augmenté de volume, la peau est tendue, luisante, on note une légère circulation collatérale.

La malade est dyspnéique et depuis quelques jours reste étendue. Une ponction donne péniblement 5 litres. Elle repart chez elle, mais amaigrie, sans forces, ne peut faire quoi que ce soit.

Le 18 octobre, elle revient dans le service, le liquide s’est reformé avec une grande rapidité, et l’état général est nettement déficient. Une nouvelle ponction amène 8 litres, mais la peau œdématiée laisse couler le liquide après la ponction, aussi reste-t-elle dans le service .

A l’auscultation du cœur on percoit un souffle systolique de la pointe, se propageant vers l’aisselle. La tension artérielle 14 — 8 au Vaquez : le pouls rapide mais bien frappé.

Aux poumons, légère congestion des bases.

Le foie, facilement palpable après la ponction, est dur, scléreux, dépassant de deux travers de doigts le rebord costal, la pression en est douloureuse.

Les urines, troubles, sont en petite quantité, 500 gr. par jour, contiennent de l’urobiline, mais on ne trouve ni sucre, ni albumine.

La malade est mise au régime lacto-végétarien, et prend chaque jour deux cachets d’urotropine.

Le 9 novembre, les pénomènes de compression pulmonaire et cardiaque nécessitent une nouvelle ponction : 7 litres 1/2. La malade a considérablement maigri.

Le 14 novembre, nous la voyons pour la première fois, la figure pâle, les traits tirés, facilement dyspnéique. Une numération globulaire nous donne les résultats suivants :

Globules rouges 3.600.000 Globules blancs 7.200

Une formule leucocytaire faite quelques jours avant avait montré une assez forte lymphocytose, sans modifications appréciables des autres éléments.

Nous commençons alors un traitement par l'extrait hépatique injectable, à dose de 2 cc. correspondent à 10 gr. de foie, par

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jour, en injection intra-musculaire, et pouvons suivre les effets du traitement par des numérations faites tous les quatre Jours environ :

Le 21 novembre. GI.R. 3.950.000 GI. B. 8.400

Le 24 novembre. 57/20: 000 010200 Le 28 novembre. 0519) 000 012000 Le 1” décembre. — 3.800.000 — 7.800 Le 5 décembre. — 3.600.000 20112600

Une ponction pratiquée donne 10 litres. L’état de la malade est assez précaire, l'œdème gagne les jambes, elle se plaint d’insomnie et de faiblesse générale.

La température monte à 39°3. A l’auscultation, on perçoit des râles humides dans toute l’étendue des champs pulmonaires : de fréquentes quintes de toux sèche laissent la malade prostrée. On redonne de la digitaline, le cœur donnant des signes de fatigue.

Le 8 décembre. GI.R. 3.900.000 GI. B. 12.000

La température oscille entre 38°5 et 39°7, la congestion s’est nettement déclarée, mais la toux est moins sèche, et la malade se met à cracher.

Le 12 décembre. GI.R. 4.100.000 Gil. B. 6.600 La congestion diminue, les râles. ont presque complètement disparu aux sommets, la température baisse lentement.

Le 15 décembre. GI.R. 3.500.000 GI. B. 4.800 Le 19 décembre. GI.R. 4.000.000 GI. B. 9.600

La malade souffre d’une escharre sacrée. Elle est abattue et ne répond que par monosyllabes aux questions.

Le 22 décembre, les injections sont devenues impossibles par suite de l’œdème; ne s’alimentant plus, la malade est d’une faiblesse extrême.

Globules rouges 4.000.000 Globules blancs 15.000

Le 26 décembre, la malade est subcomateuse, le pouls irrégulier, les bruits du cœur sont sourds, l’escharre sacrée augmente sans cesse. Une dernière numération nous donne :

Globules rouges 3.900.000 Globules blancs 6.000 Le 28 décembre, la malade est dans le coma.

Le 29 décembre, décès.

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ANÉMIE ET CIRRHOSE, ETHYLISME

Mme Mar.…., 55 ans, laveuse, entre dans le service le 25 septembre, pour troubles digestifs et ascite.

Elle à toujours eu une excellente santé, lorsqu’au mois d’août 1933 apparaît une anorexie progressive accompagnée de nausées continuelles avec alternatives de crises diarrhéiques et de constipation.

Les insomnies, les hallucinations nocturnes se font plus fréquentes. Les pituites matinales ont apparu depuis déjà longtemps. La malade avoue d’ailleurs absorber 2 à 3 litres de boissons alcoolisées par jour, depuis des années.

Au début de septembre, des douleurs abdominales diffuses, et une augmentation progressive du volume de l’abdomen, l’obligèrent à cesser tout travail.

À son entrée dans le service, on est frappé par le facies amaigri de la malade, sa coloration à la fois terreuse et subictérique, la maigreur du thorax contrastant avec le volume de l’abdomen qui pointe en avant, ombilic déplissé, la peau tendue et luisante avec œdème de la paroi, qui garde l'empreinte des doigts.

La percussion révèle une zone de matité en croissant, à concavité supérieure, se déplaçant avec les positions de la malade.

L'examen du foie nous le montre ptosé, débordant de 4 travers de doigts, légèrement douloureux. |

La rate est percutable sur 3 travers de doigts.

Les poumons et le cœur sont normaux. Aucun trouble depuis la ménopause, il y a dix ans.

Les urines, en petite quantité, 3/4 de litre, de couleur acajou, ne contiennent pas de pigments biliaires.

Les selles qui, un moment, ont été légèrement décolorées, sont redevenues normales.

Dès son arrivée, la malade est mise au régime lacté; elle prend chaque jour deux cachets de théobromine et un cachet de 0,25 d'extrait hépatique.

Malgré un examen du sang négatif, quant au B.W., on lui fait, tous les deux jours, un centigramme de cyanure de mercure Intraveineux.

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Le 3 octobre, après une amélioration légère, la malade présente de la gêne respiratoire et des troubles circulatoires: on pratique une ponction qui amène difficilement 6 litres 1/2.

Le 12 octobre, le cyanure provoquant des crises diarrhéiques, on suspend le traitement.

Le 28 octobre, nouvelle ponction de 9 litres 1/2. On tente de diminuer la reproduction du liquide par la diathermie (3 applications par semaine, 800 à 1.500 milh A).

Le 20 novembre, aucune amélioration ne s’étant produite, on cesse l’application de diathermie. L'état de la malade nécessite d’ailleurs une ponction qui amène Î| litres 1/2.

Nous la voyons à ce moment pour la première fois, faciès amaigri et cachectique ; anorexle très marquée ; l'état général nettement déficient.

Le 21 novembre, une première numération globulaire nous

donne : 3.470.000 globules rouges, 9.600 globules blancs. Le 24 novembre. GI. KR. 3.300.000 GI. B. 3.600

Nous tentons alors, avec l'autorisation du Chef de Service, un traitement par l'extrait hépatique injectable, à dose de 2 cc., correspondant à 10 gr. de foie, tous les jours en injections intramusculaires.

Le 28 novembre. Gl. R. 3.400.000 GI. B. 12.000

(la malade n'étant pas à jeun).

Le 1” décembre. GI. R. 3.900.000 GI. B. 3.600

Le 3 décembre, la malade souffre de céphalée violente qui cède à l'administration d’aspirine (2 cachets de 0 gr. 50).

Le 5 décembre. Gl.R. 3.300.000 GI. B. 3.600 Le 7 décembre, nouvelles ponctions de 15 litres.

Le 8 décembre. Gl.R. 3.700.000

Le 12 décembre. GI. R. 3.100.000 GI. B. 2.400 Le 15 décembre. 1190.00 — 4,800 Le 19 décembre. —— 3.400.000 = 3,000 Le 22 décembre. =0#%:200000 — 6.000

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