‹ Contribution à l'étude des fièvres intermittentes pernicieuses cérébro-spinalesChapitre 19 sur 28 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Fièvre pernicieuse tétanique. — Convulsions généralisées, puis contractions tétaniques pendant plusieurs heures, dans le cours d'une fièvre iutermittente. — Guérison par le sulfate de quinine. (D' Couraz, Montp. médic., 1864, n° 13.)

Le 24 octobre 1863, est entré à l'hôpital Saint-Éloi le nommé Maury, âgé de : ) le]

32 ans, cultivateur, né à Saint-Michel (Hérault), Son tempérament était bilieux sa constitution bonne. ;

I n'avait eu jusqu'alors d'autre maladie qu’une fièvre typhoïde qu'il contracta

V7: L'ONREE

à l’âge de 24 ans et qui le retint-vingt-huit jours au lit, Il 4e rétablit rapidement, et depuis il avait toujours été vigoureux et bien portant jusqu’au 17 octobre 1843, jour où il est tombé malade pour la seconde fois.

Il était alors depuis plusieurs jours à Maurin, maison de campagne située près de Montpellier, occupé au triage de la garance, lorsqu’à Ja fin de la journée il fut saisi d'un frisson violent. C'était le phénomène initial d’un accés de fièvre qui dure six heures. Le lendemain matin, à 10 h., nouvel accès beaucoup plus intense, qui ne se termine qu'à 11 h. du soir.

Le 19 et le 20 octobre, deuxième et quatrième jours de la maladie, il survint un accès matin et soir. Ces quatre accès sont bien plus faibles que les deux précédents. Les trois jours suivants, il ne survient qu'un seul accès peu intense.

Le 24 octobre, jour de son entrée à l'hôpital et le huitième de l'apparition de la fièvre intermittente, Maury présente les symptomes suivants: débilité générale, teint pâle, coloration jaunâtre de l’ovale inférieur du visage; courbature; inappétence ; langue recouverte d’un enduit blanchätre peu épais ; engorgement de la rate facile à constater par la palpation. — Traitement : Tissne de chicorée, bouillon. L'accès vint à 10 h. du matin; il est trés faible

9° jour. Pas d'accès. — Même traitement.

10° jour, A son réveil, Maury commence à ressentir des frissons qui se répétent à de courts intervalles pendant deux heures environ, A Ja visite (8 h.), il accuse un malaise générai. Il est dans un état qui semble annoncer un paroxysme. Lafièvre est modérée.— Diète absolue.

A 2 b. de l’après-midi, l'anxiété augmente. Tous les membres, les supérieurs surtout, sont agités de mouvements convulsifs. La peau est modérément chaude, Le pouls, petit etirrégulier, donne 120 pulsations par minute, Le mors] est profondément affecté. A 4 h. les convulsions cessent, — On administre la moitié d’une potion contenant : 4

Sulfate de quinine.,.....,.,..,,.,, 1 gram.

Résine de quinquina,.,,..,,,..,,,. À —

Après une heure de calme, tous les membres deviennent le siège de contractions tétaniques qui se suspendent au bout de une, deux ou trois minutes, pour reparaître après un temps sensiblement égal. La langue est projetée en dehors et agitée de mouvements convulsifs trés rapides dans le sens antéro-postérieur ; on tente en vain de la refouler dans la bouche, La déglutition est possible, mais elle ne s’effectue qu'avec beaucoup de peine.

À 5 h. et demie, les contractions tétaniques ne présentent plus d’intermitiences, — Traitement: On applique illico sur chaque mollet un vésicatoire ammoniscal qu'on panse avec 50 centigr. de sulfate de quinine.

- A 8 h., la langue rentre dans la bouche, et à l'instant méme il survient du iris

mus. L'accès est à son plus haut degré d'intensité. Les bras se mettent en croix avec le tronc; les paupières se ferment à demi, maisles pupilles restent impressionnables par l’action de la lumière. La chaleur de la peau est élevée; le pouls présente de longues intermittences. La respiration reste calme.

A 8h. et demie, la raideur des membres supérieurs disparaît. Maury ouvre les yeuxet croise les bras au-devant de la poitrine. — Il avale la deuxième moitié de la potion. :

A 9 h., les contractions envahissent de nouveau les membres supérieurs et ne disparaissent qu'au bout d'une heure. Les membres inférieurs deviennent libres une heure après, Le trismus persiste encore jusqu’à trois heures du matin. Alors Maury demande à boire ; il avale avec avidité la tisane qu’on lui présente, et s'endort pour le reste de la nuit.

À 5 h. du matin, le lit est trempé d'urine et de sueurs.

11° jour {visite du matin). Maury est très abattu ; il se souvient de tout ce qui s'est passé pendant l'attaque ; il dit qu'il n'avait aucune douleur, mais qu'il ressentait une tension incommode dans la région dorsale et dans les membres. Le pouls est petit, régulier, à 72 pulsations ; la chaleur du corps est normale ; les urines ne renferment pas de sédiment briqueté, mais sous l'influence de l’acide azotique elles donnent un abondant précipité d’urates.

Traitement. Potion avec :

Sulfato' dé quinine. Me RS T éram:

Résine de quinquina........... 41078

Laudanum de Sydenham......... XX gouttes à prendre en six fois; limonade vineuse, bouillon, vin.

Soir. Retour de l’accès à 10 h. un quart. Le malade, plongé dans le sommeil, se réveille tout à coup en jetant un cri. A l'instant, tous ses membres sont raides. Comme la veille, les contractions présentent de courtes rémittences. Le trismus survient demi-heure après.

A minuit, les membres supérieurs d’abord, puis les inférieurs, deviennent libres. Le trismus cesse vers une heure. Le malade s’endort de nouveau, après avoir étanché sa soif. Bientôt la peau devient morte, mais la transpiration ne s'établit pas. La sécrétion urinaire n’est pas non plus augmentée.

12° jour. L’abattement est plus considérable, La peau est modérément chaude et en moiteur. Le pouls est petit, à 78°. L’enduit de la langue est devenu plus épais ; la bouche est mauvaise ; il n’y a pas eu de selles depuis quatre jours.

Huile de mieins Sos ee ss e Huile d'amandes douces.....,..... ä&& 20 gram. Sirop de liMOôn.... 2e Ranet IR à prendre de suite par cuillerées d'heure en heure. Quatre selles dans la journée.

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