‹ Contribution à l'étude des formes anormales de la maladie de Hansen: Difficulté de leur diagnosticChapitre 18 sur 24 · TV, D · texte numérisé non relu

TV, D

albuminurie légère. Bordet-Wassermann négatif, absence de microfilaire sanguine.

Etat général médiocre avec amaigrissement progressif. Instabilité thermique avec accès de fièvre ne dépassant pas 39°.

12 décembre 1930 : L'attention est attirée du côté de la peau par une « desquamation de dénutrition ». Le 23 décembre, ce tirailleur a été évacué sur l'hôpital militaire de Marseille, en vue d’un rapatriement ultérieur.

Lors de son entrée, le malade est très amaigri, extrêmement frileux, inquiet, avec une tendance très marquée au sommeil. Une tache hyperchromique, érysipéloïde, infiltrée du dos du nez, attire immédiatement l'attention. En outre, surtout dans les sillons naso-géniens et au niveau du menton, la face est criblée de petites papules un peu plus grosses qu'une tête d’épingle ; la plupart d’entre elles, centrées par une croûte du type dyskératose folliculaire de Darier, certaines centrées par un orifice pilo-sébacé, d’autres nettement extra-folliculaires, puisque quelquesunes siègent sur la muqueuse labiale. Légère dépigmentation des joues, pas d’épaississement du lobule de l'oreille.

En découvrant le malade, on est frappé par les caractères particuliers de la peau, qui est rugueuse, sèche, couverte d'écailles noirâtres très adhérentes, siégeant, avec le maximum d'intensité, sur les faces d'extension des membres, sur le dos — entre les épaules et le long de la colonne dorso-lombaire — et sur l'abdomen. La disposition est symétrique. Les faces de flexion des membres et les plis surtout sont indemnes. On observe, par contre, par une kératodermie palmaire et plantaire; ici la couche cornée, très épaisse, — 3 à 4 millimètres — peut être détachée facilement, en grands lambeaux; audessous, il n’y a pas de rougeur, la peau n’est pas rétractée.

Anhydrose généralisée et pas de prurit.

er 7e

Les ongles sont secs, striés longitudinalement. Les poils sont rares, cassants ; au cuir chevelu, on note une alopécie en clairière nette, les cheveux restant sont sers, lamigineux. Pas d’alopécie de la quene du sourcil.

Les muqueuses ne sont pas épargnées, il y a des taches pigmentaires brunes violacées sur le bord de la langue et quelques points de même couleur sur le voile du palais.

Lésions ulcéreuses de la cloison nasale, partie antérieure. Ulcération des deux cordes vocales dans le tiers antérieur. Polyadénopathie cervicale, occipitale, axillaire, crurale, avec ganglions durs, indolores.

Au point de vue nerveux :

Pas de troubles moteurs.

Hypoesthésie à la piqûre dans certaines régions.

Douleurs à la percussion des os longs.

Infiltrations des gros troncs nerveux, cubitaux et cruraux; plexus superficiel, hypertrophie avec renflement; réflexes tendineux, réflexes achiléens abolis.

Amyotrophie des intérosseux, des éminences thénar et hypothénar.

Escharre sacrée de la dimension d’une pièce de 2 centavos.

Albuminurie persistante. Pouls : 58. Hypotension. Foie normal. Rate impercutable. Bordet-Wassermann négatif.

Bacilles de Hansen en globi dans le mucus prélevé au niveau des ulcérations nasales.

D) Lèpre tuberculoïde : Darier, à la III° Conférence internationale de la lèpre, attira un des premiers l’attention des léprologues sur la forme tuberculoïde de la maladie de Hansen. Darier en rapporta deux observations. MM. Pautrier et Boez, de Strasbourg, en publient un autre cas.

En effet, on peut rencontrer sur la peau de certains

UD

lépreux, des taches ou plaques multiples et parfois fort étendues, qui ne sont ni des lépromes, ni des léprides érythémato-pigmentées du type commun. Elles ressemblent beaucoup à du lupus vulgaire, leur structure histologique est au plus haut degré tuberculoïde, elles ne renferment pas de bacilles ou seulement quelques très rares bacilles isolés. Deux signes principaux les distinguent du véritable lupus :

1° Elles sont hypoesthésiques ou anesthésiques :

2° A Ia vitropression, la translucidité de leurs éléments est moindre que celle des lépromés. Par ailleurs, leur évolution est moins lente que celle du lupus.

La lèpre peut aussi créer des lésions ressemblant à s’y méprendre aux sarcoïdes.

Ces différents faits sont habituellement groupés sous l’étiquette de lèpre tuberculoïde.

Nous avons pu trouver, dans la Révista Argentina de Dermato-Sifililogia, deux observations de lèpre festations lépreuses habituelles existaient des télangiectuberculoïde lupiforme.

Par ailleurs, nous avons rencontré au cours de nos recherches trois cas de maladie de Hansen où le malade présentait des lésions à type de sarcoïdes. Nous allons rapporter ci-dessous ces différentes observations.

Page 1