‹ Contribution à l'étude des formes anormales de la maladie de Hansen: Difficulté de leur diagnosticChapitre 5 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La lèpre est la maladie protée par excellence, « la morphée aux travestissements nombreux » dont parle Zambaco. Elle ne revêt pas une allure et une symptomatologie uniformes, ses manifestations sont les plus diverses et elle se cache sous les apparences les plus variées. Comme toutes les maladies, à mesure que nos connaissances cliniques s'étendent, que nos moyens de diagnostic deviennent plus nombreux et plus fidèles, la maladie de Hansen nous paraît déborder assez souvent le cadre étroit de la symptomatologie classique.

Cette maladie qui, au moyen âge, était un véritable fléau social, a régressé et presque diparu de nos jours, dans notre pays. Cependant, elle existe encore à l’état endémique dans certaines régions de la France. Le plus souvent, le lépreux que nous avons à examiner a contracté son mal dans un pays où la maladie de Hansen fait encore de nombreux ravages.

En dehors de certains milieux, cette affection, disons-le bien, est peu connue. Elle passe parfois ina-

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perçue lorsqu'elle se présente avec son cortège de symptômes classiques ; le Docteur Bonnet, à ce sujet, rapporte à la III° Conférence internationale de la lèpre, une observation caractéristique que nous nous permettons de citer :

« Il y a un mois, un confrère m’adressa une domestique qu'il soignait depuis plusieurs mois pour une violente névralgie de la région scapulaire gauche et qui présentait plusieurs taches fauves sur le corps, des doigts en rave, de gros nerfs cubitaux... Cette malade, atteinte de lèpre nerveuse, était restée plus d’un an comme cuisinière chez un médecin originaire d'un village où les lépreux n'étaient pas rares ; à cette époque, l’anesthésie des mains était telle que sur les conseils de son maître, elle faisait la cuisine avec des gants pour éviter les brûlures. »

Si la maladie de Hansen, dans ses formes classiques, passe inaperçue, à plus forte raison sera-t-elle méconnue lorsque la symptomatologie sortira du cadre que lui ont assigné les classiques. Or, il est d’autant plus regrettable de la méconnaître, qu'ici plus que partout ailleurs, il importe de faire un diagnostic précoce, condition essentielle d’une prophylaxie et d’un traitement efficace. Plus tôt le mal aura été dépisté, moins grands seront les ravages, moins difficile sera la guérison, moins importants seront les dangers de dissémination de la maladie.

Pour ces différentes raisons, il nous a paru utile d'attirer l’attention des médecins sur certaines formes de lèpre dans lesquelles le diagnostic présente une

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réelle difficulté. Après un rappel succinct de la symptomatologie classique, nous avons envisagé quelques difficultés du diagnostic de la lèpre liées soit à certaines anomalies de début, soit à un certain degré d'atypie de ses manifestations objectives ultérieures.

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