IL. — MÉTHODE RÉSOLUTIVE
Elle est surtout indiquée dans les cas d’hématomes peu abondants, nettement circonscrits, avec solution de continuité peu importante. La diffusion sanguine paraît céder à des applications locales de glace. Il est également recommandé dans ces cas, après s'être bien assuré du début de la résorption, de fixer l’organe en bonne position et de l'y maintenir par de petites gouttières en carton, usant même avec précaution de la mise en place d’une sonde à demeure assez rigide, non métallique, pendant quelques heures par jour, et non la nuit.
Ce traitement donne, en général, de bons résultats au point de vue de la miction et des fonctions sexuelles.
OBsEeRvATION XIII. 4
(Valentine Mort, Recueil de l’Académie de médecine de New-York.)
Traitement antiphlogistique.
C... (B.), jeune médecin de 35 ans, non marié, vint me consulter le 43 mars 1848. Il me fit, plein de terreur, l’histoire du cas qui suit : en se levant, un jour, il trouva son pénis dans un complet état d’érection; s’habillant à la hâte, il appliqua sa main sur le côté gauche de son membre et le poussa vigoureusement dans ses caleçons. A ce moment, il entendit un craquement et éprouva la sensation d’une déchirure profonde. Un gonflement énorme se manifesta aussitôt dans le pénis, qui doubla de volume sans présenter la rigidité qui caractérise l'érection.
Sa première pensée fut qu'il avait fracturé son membre, une
Rougé 4
DE RULET
douleur poignante existant dans ce point. Je le vis quelque temps après et je constatai que le volume de l'organe avait triplé : 4l étaït mou et ‘couleur rouge sombre, Le sang extravasé atteignait le bout du prépuce.
Dès qu’on essayait de porter la verge à droite, le malade éprouvait une vive douleur dans un point du corps caverneux gauche, situé environ à un demi-pouce du serotum.
La déclaration du malade et le triste aspect de l'organe ne permettaient pas de douter de la fracture du corps caverneux gauche. J'avisai le docteur de garder le repos dans la position couchée, de relever le pénis au-dessus du pubis et d’user de frictions d’eaude-vie camphrée.
Dans la soirée, le membre avait grossi démesurément, la région du pubis était très tuméfiée et le gonflement avait même envahi le côté gauche du scrotum. Il était question maintenant de sangsues. Mais, craignant que leur application ne déterminât une inflammation érysipélateuse, j'avisai au moyen suivant : une vessie remplie partiellement de glace brisée serait maintenue appliquée sur les parties affectées, la nuit durant, le pénis étant maintenu relevé au-dessus de l’abdomen.
Une érection partielle se produisit cependant pendant la nuit : celle-ci détermina une douleur très vive au niveau de là partie lésée, mais le malade en eut vite raison en renouvelant la glace. Le lendemain, la tumélaction du pénis diminua sensiblement, mais l’ecchymose s'était étendue jusqu’au scrotum.
Le malade voulut persévérer dans le même traitement. Les jours suivants, la couleur des parties atteintes était encore devenue plus sombre. Les téguments du pénis commençaient à prendre une teinte livide et le doigt promené sur le côté gauche de l'organe ne parvenait pas à découvrir le siège de la lésion. Le jeune médecin se trouva bientôt en état de supporter la voiture et de continuer ses visites. Il avait la précaution de maintenir le pénis relevé et l’humectait de temps en temps avec un linge imbibé d’alcool camphré. L'inflammation diminuait de jour en jour, au point qu’elle avait complètement disparu à la date du 410 mai; seule, la teinte ecchymotique persistait sur le scrotum principalement. Le malade