OBSERVATION XLIV
Guénor. (Thèse de Paris, 1905.)
L. L.., 18 ans, charretier, eatre à l’hôpital Saint-Antoine, salle Dupuytren, le 15 septembre 1904. L’avant-veille, voulant monter dans sa voiture pendant qu’elle était èn marche, son
Massacré 7
— 98 — far je pied glissa, et la roue lui passa dessus ; il ressentit une douleur très vive rendant la marche très pénible. | |
A l’examen, on constate une tuméfaction de tout le dos du pied gauche. La pression révèle une douleur vive localisée sur le deuxième métatarsien au niveau de son tiers postérieur ; on peut encore provoquer une douleur à ce niveau, en pressant sous la plante du pied, et en cherchant à repousser en haut l’extrémité antérieure du deuxième métatarsien ; on observe, en outre, une ecchymose s'étendant sur la face dorsale du pied, embrassant les flancs des deuxième et troisième orteils.
Cette ecchymose, le malade l’affirme, ne s’est manifestée que le lendemain de l’accident.
M. Thiéry voit le malade et diagnostique une fracture du deuxième métatarsien. On le fait radiographier ; mais la radiographie ne révèle aucune lésion osseuse; l’ombre des cinq métatarsiens est normale. Néanmoins, M. Thiéry, s’appuyant sur la douleur exquise nettement localisée, et surtout sur l’ecchymose tardive, maintient son diagnostic.
On traite le malade par le massage et la compression.
Il quitte l'hôpital le 8 octobre et part à Vincennes.
Le 20 octobre le malade souffreencore beaucoup ; il boite et ne peut marcher sans bâton.
Le 20 mars 1905, c’est-à-dire six mois après l’accident, le
malade n’a pu encore reprendre son métier de charretier.