‹ Contribution à l'étude des Funiculites de castration chez le cheval: Indications thérapeutiquesChapitre 20 sur 39 · CES · texte numérisé non relu

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La forme chronique qui peut compliquer la précédente a une évolution beaucoup plus lente; l’extrémité inférieure du moignon se présente comme une tumeur bourgeonnante de la grosseur d’une noix, ou même d’une orange; cetté tumeur pédiculée n’intéresse pes la partie supérieure du cordon.

Ces deux formes résultent d’une erreur de technique opératoire; le cordon a été excisé ‘beaucoup trop bas. Dans le premier cas, il est étranglé par l’oedème des tissus intéressés ou par la fibreuse insuffisamment incisée; dans le deuxième cas, il est enserré entre les lèvres de la plaie cutanée en voie de cicatrisation.

La funiculite par étranglement est dénuée de gravité, si elle est traitée en temps opportun; abandonnée à ellemême, elle peut se transformer en funiculite infectieuse proprement dite.

B. Funiculite par infection.

La funiculite par infection peut être, elle aussi, du type aiguë ou chronique.

Dans le type aiguë, le début de l’affection est caractérisé par la persistance de la plaie de castration; la cicatrisation se fait mal; au bout de trois semaines environ, un pus plus ou moins abondant, mal lié, srisâtre, et mal-

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odorant, souille la région de l’aine; si la localisation est d'emblée abdominale, il peut ne pas y avoir de pus. Les bourses et le fourreau sont oedématiés ; l’oedème progresse vers les parties les plus déclives de l’abdomen.

En même temps, les signes généraux apparaissent : pouls accéléré, température 38° à 38°5, anorexie, poil piqué, asthénie progressive,

-Les signes fonctionnels sont plus évidents; le membre du côté malade est porté en abduction; l’animal boite; si la funiculite est double, on constate une raideur accentuée de la colonne vertébrale et une gêne marquée du train postérieur.

À un stade ultérieur, on note une tuméfaction du cordon qui peut siéger à son extrémité : « champignon extra-scrotal », remontant parfois jusqu’à l’anneau inguinal inférieur, pouvant même le dépasser; il s’agit d’une funiculite intra-scrotale ou inguinale : si la tuméfaction franchit l’anneau inguinal supérieur, elle devient intraabdominale.

Le vieux terme de « champignon » devrait être réservé à la funiculine extra-scrotale. Le moignon est rougeâtre, tuméfié, bourgeonnant, sensible à la pression; la partie inférieure augmente de volume pendant que les phénomènes inflammatoires progressent. :

Dans la funiculite intra-scotale, le cordon amputé prend la forme d’un « battant de cloche » chaud et sensible; les plaies de castration mal soudées peuvent être facilement débridées à Ia main.

La localisation intra-inguinale est diagnostiquée par exploration rectale et inguinale, La tuméfaction moulée

par le canal inguinal, s’allonge et peut pénétrer dans l’abdomen : c’est la funiculite abdominale.

Cette forme peut survenir d’emblée. Il faudra penser à cette localisation si, après la castration, les troubles généraux et fonctionnels surviennent sans troubles apparents. L’exploration rectale permet de distinguer deux aspects de cette forme; il s’agit :

Tantôt d’un phlegmon sous-péritoneal: tuméfaction chaude, douloureuse, coiffant l’anneau inguinal supé-

rieur ;

Tantôt d’une sorte de boudin de 2 à 6 centimètres de diamètre, à extrémité supérieure effilée, empruntant le trajet des veines testiculaires; ce boudin traduit l’inflammation veineuse; il est parsemé de nodosités plus ou moins rapprochées.

Au cours de l’évolution de ces diverses formes, l’état général est plus ou moins atteint; la température au voisinage de 38°5 en moyenne, peut dépasser 40°; le pouls devient petit et s’accélère; l’amaigrissement est marqué : amyotrophie, particulièrement au niveau des muscles iléo-spinaux et de la région de la croupe correspondant au côté malade; le flanc est creusé et sa corde tendue. Des escarres de décubitus apparaissent sur l’angle de la hanche du côté sain.

Quand la maladie à pris une grande extension, tout dénonce dans le comportement des animaux la continuité et l’intensité de leurs souffrances : faciés grippé, tristesse, abattement, appétit presque nul, bouche sèche; l’animal refuse de se déplacer; quand il s’y décide, ses premiers mouvements son accompagnés de plaintes, L’attitude

debout est presque constante, la respiration bruyante, le pouls dur, rapide; l'animal présente tous les signes d’un état fébrile intense.

Le tableau clinique que nous venons d’exposer, peut être transformé par l’apparition de complications.

De toutes, l’une des plus fréquentes, est la péritonite. Un abcès funiculaire peut s’ouvrir dans le péritoine, spontanément ou à la suite d’une intervention chirurgicale portant sur la partie inguinale du cordon. Les signes généraux s’aggravent; la température se maintient au voisinage de 41°; le pouls est rapide, d’abord petit et dur, puis filiforme, la respiration raccourcie du type costal, le flanc douloureux, dur à la palpitation. La constipation est de règle et ne s’accompagne pas d’efforts expulsifs; à l’exploration rectale on peut retirer des crottins secs et , coiffés. Au bout de 2 à 3 jours, le flanc devient ballonné; une diarrhée abondante peut succèder à la constipation opiniâtre du début; les signes généraux augmentent encore et la mort survient dans un délai maximum de 4 à 5 jours. D’autres fois, une péritonite localisée, ‘adhésive, péut se circonscrire autour d’une anse intestinale déterminant un syndrôme d’occlusion. :

La pyohémie est aussi une complication assez fréquente; la dissémination des microbes dans tout le réseau vasculaire, se traduit par une courbe thermique à grandes oscillations; les signes dus à la formation d’abcès métastatiques apparaissent les jours suivants :

Au poumon : symptômes plus ou moins accusés de pneumonie ; | |

Au foi : ictère, sensibilité douloureuse de l’hypocondre droit;

Au rein : présence d’albumine dans les urines,

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Ces localisations sont les plus fréquentes, mais on peut observer aussi des abcès métastatiques dans les régions musculaires de la croupe et de la cuisse,

Les signes généraux sont très importants : torpeur, adynamie, refroidissement des extrémités, amaigrissement rapide, pouls petit et aécéléré; l’évolution dure de 5 à 10 jours en moyenne, parfois beaucoup plus longtemps, mais la mort est en général fatale.

Dans létude des complications, nous retiendrons la phlébite de la veine cave postérieure qui péut continuer ‘la phlébite ascendante de la veine spermatique. Un syndrôme de stase apparaît sur lé territoire drainé; hydropisie du péritoine, oedème des membres postérieurs pouvant entraîner un décubitus complet de l’animal. A l’exploration rectale, on peut constater sur la veine cave postérieure, une tuméfaction étendue d'autant plus douloureuse qu’elle est moins indurée.

Le Professeur LASSERRE a signalé des hydarthroses du’ jarret et du grasset au cours de l’évolution de certaines funiculites ; elle se traduisent par une claudication intense et par la distension des culs de sac chauds et douloureux.

L’hémorragie interne est la complication la plus grave; elle est due à l’ulcération d’un vaisseau par lé processus suppuratif. L’ulcération de la veine cave postérieure ou de l’aorte, détermine un hémo-péritoine; l’ulcération de l’uretère entraîne une hématurie intense aboutissant rapidement à la mort. La symptomatologie revêt le tableau classique des grandes hémorragies : pouls rapide, petit, filiforme, respiration accélérée au début, dyspnéique à la fin, pâleur des muqueuses, refroidissement des extrémités, hypothermie. |

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La thrombose de l’aorte postérieure est exceptionnelle; elle se manifeste au début par une raideur de la croupe; la température des régions irriguées est inférieure à celle des régions voisines; la douleur est parfois très vive, la respiration haletante, le faciès anxieux; des secrétions sudorales peuvent recouvrir tout le corps de l’animal sauf l’arière-train. L’exploration rectale permet de constater l’épaississement del ’aorte au niveau du thrombus; le pouls est faible ou même absent en aval de l’obstacle formé. par le caillot suivant que la thrombose est partielle ou totale. L'évolution est fort longue, mais il est rare qu’il y ait gangrène du membre, la circulation collatérale étant suffisante.

Diagnostic.

On pensera à la funiculite aiguë par infection si les plaies opératoires tardent à cicatriser ou sont le siège d’une suppuration anormale; un appétit délicat, une démarche difficile, l'élévation thermique amèneront le chinicien à pratiquer une exploration inguinale et rectale qui préciséront le diagnostic et la localisation de l’affection.

L'analyse du pus et du suc tumoral permettront de reconnaître les espèces microbiennes en cause; on soupconnera le bacille de BANG-SCHMORL en nanie d’un pus nauséabond, putride, spumeux.

L’inspection de la région des bourses suffira à diagnostiquer le « champignon extra-scrotal ».

Cette funiculite sera facilement différenciée des funiculites par étranglement qui surviennent, soit dans les

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premières heures, soit dans les premiers jours, après La

castration.

On devra aussi la distinguer des fistules des bourses par corps étrangers qui déterminent une tuméfaction atypique évoluant vers la suppuration; un cathétérisme de la fistule sera suivi de extraction du corps étranger. .

Il ne faudra pas non plus la confondre avec la collection purulente par défaut de drainage qui se constitue quelquefois dans la région des bourses quelques jours après la castration par excision; elle est dûe à la rétention des sérosités inflammatoires, les plaies de castration ayant cicatrisé trop rapidement. Le décollement des lèvres de la plaie suffit à vider cette poche purulente, le pus s’évacuant le plus souvent sous la forme d’un jet. La guérison est presque immédiate.

La symptomatologie des complications que nous avons déjà exposée permet leur diagnostic.

Pronostic.

La funiculite extra-scrotale est souvent une affection locale, compatible avec la santé et l’utilisation des animaux. Par le fait même de sa localisation superficielle, l’intervention chirurgicale est facile; la simple excision suffit à amener la guérison.

Dans la localisation intra-scrotale ou inguinale basse des funiculites, l’intervention chirurgicale, plus difhcile, est encore possible.

Les localisations inguinale haute et abdominale, en raison même de leur extension à l’intérieur d’une cavité splanchnique, étaient jadis considérées comme incurables,

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Elles s’accompagnent toujours de désordres généraux

persistants; dans les cas les plus heureux, le pus formé dans la trame du cordon peut se frayer un passage à travers les enveloppes et être éliminé au dehors; cette évacuation peut être suivie d’une amélioration de l’état général, exceptionnellement d’une guérison complète; le plus souvent, l’animal succombe épuisé par la suppuration profonde, l’inanition.… ou bien, une complication grave apparaît : la mort survient par péritonite généralisée, hémorragie profonde, septicémie.. |

Lésions.

Les lésions dues aux funiculites aiguës de castration des solipèdes se présentent avec différents caractères de volume, de forme, de constitution, suivant la durée de leur évolution et leur localisation.

Au début, la tumeur du « champignon » est constituée par les éléments plastiques de l’inflammation qui vont s'organiser et se transformer en un tissu homogène, blanc, dur, d'aspect fibreux lardacé, irrégulier, criant sous le tranchant du scalpel:; sur une coupe longitudinale du cordon, les nerfs et les vaiseaux lymphatiques paraissent avoir disparu, sans qu’on puisse en retrouver des traces à l’œil nu; seules, les artères et les veines restent reconnaissables, grâce aux caillots qui obstruent leur lumière et dont la teinte varie du brun au jaune et au blanc grisâtre

“suivant le stade d'évolution.

La tumeur du cordon testiculaire présente ces mêmes caractères dans les premiers temps de sa formation; la surface de section est lisse, grisâtre; des faisceaux durs et brillants s’entrecroisent avec un tissu de soutien plus

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fragile; puis, cette trame fibreuse devient plus épaisse, blanc nacrée, entourant des vaisseaux béants à parois épaissies et sclérosées. Plus tard, elle finit par se creuser de cavités purulentes, qui, au début, très petites et isolées : les unes des autres, peuvent se réunir par la suite en un seul vaste foyer ou s’ouvrir au dehors, soit à travers la cicatrice opératoire, soit en tout autre point, ou bien encore continuer à s’agrandir et à se prolonger dans la cavité abdominale. Dans ces abcès renfermant un pus grisâtre, on trouve quelquefois un « séquestre fibrineux »; (thèse du Professeur LASSERRE, sur. la contribution à l'étude de la funiculite aiguë de castration chez les solipèdes. Phlébite spermatique. 1934, page 61, ligne 22); ce séquestre paraît s’allonger en s’amenuisant vers les parties supérieures du cordon, représentant un caillot qui se moule dans la cavité d’un vaisseau.

La tumeur abdominale se présente comme une masse dure, s'étendant de l’anneau inguinal supérieur vers les reins et englobant les éléments funiculaires qu’il est toujours difficile, sinon impossible de différencier. Une section transversale montre un foyer central arrondi, en communication sans doute avec un vaisseau; de là est née hypothèse de la phlébite spermatique, plastique d’abord, suppurative et adhésive ensuite.

Les caractères extérieurs de la tumeur varient suivant qu’elle est isolée des tissus qui l’enveloppent ou qu’elle a contracté avec eux des adhérences. Dans le premier cas, elle figure un véritable « champignon » recouvert de bourgeons charnus, rouge foncé, saignant facilement; la pression donne une sensation de grande résistance. Ces caractères n'existent qu’autant que la tumeur demeure en saillie, en dehors de la plaie serotale;. lorsqu'elle est

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recouverte par les enveloppes, elle ne reste à l’état d’isolement parfait au milieu du sac vaginal que dans la première période de sa formation; plus tard, des adhérences se constituent par l'intermédiaire de bourgeons venus de sa périphérie et par d’autres qui se sont développés à la partie inférieure du moignon et dans le tissu cellulaire sous-scrotal; la tumeur est alors limitée par la fibreuse: sa partie inférieure est si étroitement soudée avec les enveloppes et la plaie cutanée, qu’elle ne peut en être séparée que par la dissection au moyen d’un mstrument tranchant. Toutefois, il est rare que les enveloppes cica- ‘trisent totalement au-dessous de cette tumeur; le plus souvent, son extrémité inférieure garde une partie centrale libre, qui devient la source d’une secrétion purulente; cette suppuration entretient une ou plusieurs fistules dont les trajets peuvent remonter à l’intérieur de la tumeur draînant le pus des abcès funiculaires.

L'examen microscopique permet seulement de reronnaître du tissu fibroïde entourant des vaisseaux en voie de sclérose ou complètement selérosés. Le nom de « squirrhe du cordon » donné par les vieux auteurs était impropre. Aux points ou la tumeur est en voie d’extension, on trouve des néo-formations capillaires avec infiltration cellulaire abondante; ces cellules évoluent les unes vers la sclérose, d’autres subiront la dégénérescence graisseuse pour former les ilôts graisseux qui peuvent être rencontrés dans la trame de la tumeur, d’autres constitueront de nouveaux abcès.

Dans la cavité abdominale, les lésions observées sont les lésions de phlébite de la veine spermatique; la densification du thrombus dépend de son stade d'évolution,

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