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V. TRAITEMENT PAR L'AIR CHAUD

Le traitement par l'air chaud peut être employé dans toutes les formes de gelures. Mais c'est dans les cas de gangrène qu'il prend réellement toute son importance. Le D' Longin a employé à l'hôpital de Talant une méthode spéciale que nous allons décrire.

Mode de traitement. — 1° Dès l’arrivée du malade, on découpe l’épiderme aux ciseaux partout où son ablation est facile; la Leinte livide du derme s'aperçoit alors.

Puis on fait une longue application d'air chaud, à température hyperémiante, pendant quinze à vingt minutes, une demi-heure. Cette application sera répétée pendant quelques jours; elle a pour but le dessèchement des parlies malades, qui ne se fait pas attendre, l'apparence du pied de momie étant obtenue en deux ou trois jours, et l'apparition rapide du sillon d'élimination. On se rend compte ainsi de ce qu’il sera possible de conserver et de ce qui est irrémédiablement détruit.

20 Une fois que le sillon est dessiné, on intervient par carbonisation en employant l'air surchauffé à 700 ou 750 degrés, au moyen de l'appareil que nous décri-

rons tout à l'heure. On pourrait évidemment faire ce travail au bistouri, mais alors on risquerait, en sectionnant les vaisseaux, d'ouvrir des voies plus larges à l'infection, tandis que la carbonisation aseptise tout ce qu’elle touche et arrête immédiatement les hémorragies qui pourraient se produire. Elle laisse une escarre superficielle qui se détache après le premier ou le second pansement et au-dessous de laquelle les téguments apparaîtront rouges et de bonne apparence.

Au cours de la séance de carbonisation, on pourra explorer les clapiers purulents qui auraient pu se produire dans les gaines, les ouvrir, les stériliser par un jet d’air surchauffé.

3° Dans la suite, on renouvelle chaque jour les applications d’air chaud à température hyperémiante pour activer le travail de réparation. Entre chaque séance, on aura grand avantage à recouvrir la plaie de baume de Copahu ou de baume du Pérou, et à employer les enveloppements au moyen de compresses imbibées de liqueur d'Hoffmann. On peut également recourir avec succès à une préparation inventée par M. Brocq, consistant en une pâte faite avec du camphre finement pulvérisé et du jus de citron ; elle trouve son indication quand la plaie prend une apparence grisâätre et sanieuse ; le nitrate d’argent en solution faible peut également être recommandé.

Par cette méthode, on arrive très vite à obtenir une cicatrisation. Sans doute, dans certains cas, le moignon ainsi obtenu est sans valeur et il faut faire, dans la suite, une régularisation pour obtenir un point d'appui convenable. Mais, outre qu’on conserve tout ce qui est

susceptible d’être conservé, on a, à la seconde intervention, le bénéfice d'opérer dans un milieu propre, sans avoir la crainte de voir l'infection s'installer et nécessiter par la suite un sacrifice plus considérable. Enfin, le traitement par l'air chaud a encore le grand avantage d’être un sédatif puissant des douleurs, souvent intolérables, qui fatiguent le malade.

Bien entendu, et quel que soit le traitement qu'on emploie, il ne faut pas oublier le traitement général. Il consiste à désintoxiquer le malade par des purgations, à lutter contre l'infection par la quinine, le collargol ; à soutenir le cœur par la caféine, la spartéine, l'huile camphrée, bref, à remonter le malade par tous les moyens possibles.

Pour ce traitement, le D' Longin s’est servi, à l'hôpital de Talant, d'un appareil fabriqué par la maison Gaiffe, de Paris, dont nous allons donner la description schématique.

Description de l'appareil. — L'appareil se compose essentiellement :

1° D'une sonde ou générateur aérothermique;

2° D'un générateur d’air sous pression. Ce générateur peut être une distribution d’air comprimé ;

3° D'un tableau groupant les divers réglages et les appareils de mesures nécessaires aux applications.

Sonde ou générateur aérothermique :

L'appareil est réalisé pour permettre d'élever l’air jusqu’à 700 degrés, régime auquel on obtient une cautérisation instantanée des tissus soumis au Jet d'air.

D D En principe, le générateur est composé d’une résistance chauffante autour de laquelle circule l'air dont on veut élever la température. L'ensemble est monté sur un manche isolant, tant au point de vue calorifique qu’au point de vue électrique.

Le réglage de la température s'obtient d’une façon

aussi précise que facile par la variation de l'intensité circulant dans la résistance chauffante.

On peut aussi agir sur le débit d’air passant dans la sonde au moyen d'un bouton poussoir (B) dont on peut régler l'ouverture par un écrou. Ce bouton permet également de supprimer la circulation dans l'appareil chauffant et de le rétablir ensuite brusquement. Cette manœuvre est fort intéressante pour beaucoup d’applications. Pendant cette opération, on découvre, au moment où la circulation est arrêtée ans la sonde, un orifice en communication avec

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l'extérieur, qui laisse échapper au dehors l’air qui ne passe plus sur la résistance chauffante. Cette précauton évite toute réaction sur le générateur d’air comprimé, même pendant ces très brusques variations de débit. A la sonde peut s'adapter une série d'ajutages interchangeables, de longueur et de diamètre différents et un ajutage en forme de pomme d’arrosoir pour le traitement des grandes surfaces.

Pompe ou générateur d'air sous pression L

Cette pompe peut s'adapter facilement en bout d'arbre à un moteur électrique.

La pompe en elle-même est constituée par une masse de fonte circulaire animée d’un mouvement de rotation et dont l’axe est excentré par rapport au corps cylindrique de la pompe.

Trois volets À, A’, A”, glissant dans des rainures et appliqués contre le corps de pompe par la force centrifuge, partagent ce dernier en compartiments isolés les uns des autres, et dont le volume est variable.

Supposons que la rotation s'effectue dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, l’orifice O sert à l'aspiration de l’air, qui se trouve bientôt emprisonné entre les deux volets A, A”; puis le mouvement de

He rotation se continuant, cet air expulsé par l’ajutage T, sous une pression variable avec les débits demandés à la pompe.

La vitesse de fonctionnement varie entre 400 et 1.000 tours à la minute.

Un générateur d'air très pratique est le groupe moteur-pompe, qui peut s'adapter à une commutatrice pour cautère et lumière.

Le principe de la pompe en est le même.

Enfin, pour régler l'intensité dans la résistance chauffante des sondes, pour mesurer cette intensilé, pour surveiller la pression de l'air, on utilise un

tableau qui groupe les divers réglages et les appareils de mesure.

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Pour les traitements à domicile, la maison Gaiffe a condensé le générateur aérothermique, le groupe moteur-pompe et le tableau, en un ensemble contenu dans une boîte se prêtant facilement au transport ; les deux circuits, sonde et moteur, sont munis de conducteurs souples, de grande longueur, et sont séparés de façon que l’on puisse se brancher sur deux prises de lampes différentes, ne faisant pas parle, autant que possible, de la même salle : ceci dans le but de prendre le courant nécessaire au fonctionnement de l'appareil, sans danger de faire fondre les plombs de l'installation.

Nous citons maintenant une série d'observations qui mettent en valeur l'efficacité du traitement que nous venons de décrire.

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