AUSCULTATION
Historique. — Le premier cas dans lequel le diagnostic de la grossesse triple a été fait pendant la grossesse remonte à 1841 ; il a été publié par le D: Bell Fletscher, médecin du dispensaire de Birmingham.
L’auscuitation a pu permettre à Rausset, de Bordeaux, en 1857, et à Dunal, de Montpellier, en 1860, de distinguer trois foyers d’auscultation, à pulsations non isochrones, et de diagnostiquer ainsi une grossesse triple.
Nœgelé fils a passé pour avoir fait aussi un tel diagnostic avec le stéthoscope ; mais il ne fit en réalité que le diagnostic de grossesse gémellaire, après l'expulsion du premier fœtus (Ribemont-Dessaignes).
D'après le Centralblall für Gynækologie, 1880, n° 15, Franck C. Wilson aurait publié dans un journal américain un cas de grossesse triple dont le diagnostic aurait été fait par l’auscultation et la palpation. Il aurait même, par l’auscultation, reconnu qu'il y avail trois garçons ; c’est vraiment beaucoup, car,
quoi qu'on ait dit et écrit, le stéthoscope ne peut per-
2 TRS mettre avec certitude de distinguer le sexe de l’en-
faut (Budin).
Technique. — Pour que le diagnostic de grossesse triple soit fait par l’auscultation, il faut entendre trois maximum des bruit du cœur fœtal... Il ne doit y avoir isochronisme entre aucun de ces maximum et le pouls maternel. De plus, ces trois foyers doivent être séparés par une zone silencieuse... Enfin, il faut s'assurer, Comme dans les grossesses gémellaires, que le nombre des battements n'est pas le même au niveau de chaque foyer (Budin).
Pour établir l’absence de synchronisme entre les
trois foyers, Semanne conseille de les faire ausculter en même temps par trois observateurs différents qui
notent ie nombre de pulsations.
Ce sont, on le voit, des conditions bien difficiles à remplir et qui n'ont d’ailleurs donné qu’exceptionnellement la preuve d’une grossesse triple, et cela d'autant plus que l’auscuitation est gènée le plus souvent par un abondant hydramnios, qui assourdit con-
sidérablèment les bruits du cœur fœtaux.