AVANT-PROPOS
Avant de commencer une vie nouvelle, il est un juste et très agréable devoir, celui de penser à ceux dont le dévouement a permis d’atteindre ce premier but : le terme de la scolarité. ÿ
Je les remercie tous du fond du cœur.
Je ne puis oublier cependant que l’année 1924 se passa tout entière dans le Service de M. le Professeur Massabuau qui, le premier, me fit aimer l'acte chirurgical. Ses leçons cliniques dont la précision n’a d’égale que leur rigueur scientifique sont restées pour moi un exemple et un modèle. La pensée d’être un de ses élèves m'est vraiment très douce. Parfois, cependant, on prend peur de la charge d’un: tel titre, mais on se rassure en songeant à une indulgence dont on ne compte plus les preuves.
Vous me faites, mon cher Maître, l’honneur de présider mon jury de thèse. Cela devrait suffire si je n’avais tant d’autres bonnes raisons, à vous assurer ma reconnaissance et mon affection.
Vous avez été, M. le Professeur Ducamp, pour votre interne, si tourmenté pendant l’année 1925, un
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Maître dont la bonté a été sans égale. Vous m'avez aidé puissamment par le réconfort moral que vous m'avez généreusement accordé en dépit de toutes les influences contraires, vous m’avez toujours accueilli avec une sympathie active et vous n’avez cessé jamais d’être pour moi le plus précieux des amis.
Ce ne sont pas là des sentiments qui s’oublient.
Une figure s’est penchée sur moi, alors que j'étais aux prises avec le mal. Sa présence a apporté le réconfort ainsi que les paroles amies qui sont descendues jusqu’à moi. Je n’oublierai jamais cette heure émouvante où M. le Professeur Forgue vint tendre la main à son bien modeste collaborateur.
Pendant un an, admis à profiter de votre haute culture et de votre enseignement, j’ai pu, M. le Professeur Forgue, apprécier votre largeur de vue sur tous les problèmes, et aussi votre bonté.
Je ne pourrai jamais exprimer assez haut la respectueuse admiration et la reconnaissance que je vous garde.
M. le Professeur Agrégé Lamarque, vous avez été pour moi un Maître et un ami. Auprès de vous, d’emblée, j'étais conquis par la simplicité de votre accueil, par la communauté de nos idées sur de nombreux points, et par la sûreté de vos méthodes scientifiques.
Largement vous m'avez ouvert les portes de votre bibliothèque où étaient de précieux documents. Vous m'avez permis de mener à bonne fin ma thèse.
Là ne se borne pas ma dette de reconnaissance, vous le savez, et c’est surtout pour ce qu’il y a d’in-
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exprimable dans ses causes, que je vous demande de croire à mon très affectueux dévouemént.
M. le Professeur agrégé Etienne à bien voulu accepter de me juger sur des questions où sa compétence est pour moi un sûr garant. Il n’a cessé, au cours de mes études, tant à la Faculté qu’à l'Hôpital, de me prodiguer ses encouragements. Qu'il veuille bien, aujourd’hui, accepter ici mes remerciements très reconnaissants.
Enfin, je n’aurai. garde d'oublier ceux qui, pendant deux années, se sont occupés de ma formation scientifique, mes Maîtres de Conférences d’Internat : M. le Professeur Riche, M. le Professeur Agrégé Giraud, M. le Docteur Lapeyrie.
Ils m'ont permis d’être ce que je suis.
A mes Maîtres de la Faculté et des Hôpitaux où pendant cinq années j'ai travaillé avec bonheur, soit comme externe, soit comme interne, à MM. les Professeur Truc, Margarot, Jeanbrau, Euzière, Estor, à tous : Merci!
Oublierai-je l’'Internat, la camaraderie si franche que j'y ai rencontrée ? Non, certes, et c’est même un de mes plus grands regrets de voir venir le jour où il faudra rompre cette douce chaîne.
Enfin, dans ce regard jeté en arrière, je dois nommer M. le Docteur Pagès : Il est celui qui m'a fait comprendre la valeur de l’amitié.
Introduction
Le terme de hanche désaxée fut employé par Lance dans sa dernière communication au Congrès d'Orthopédie de 1926.
Il était appliqué à une déformation spéciale de
l'extrémité supérieure du fémur dans laquelle l’axe
du col subit une ascension par rapport à la tête fémorale qui garde avec le cotyle des relations telles qu’à première vue, sur le cliché radiographique, on pourrait croire à une hanche normale.
De la critique qui a suivi cette communication et à laquelle prirent part Galeazzi, Frœlich, Rœderer et Nové-Josserand, il résulte :
1° que le terme de hanche désaxée ne s’identifie pas forcément à une subluxation congénitale de la hanche;
2° que la désaxation peut être le fait (Rœderer) non seulement des variations de l’angle d’inclinaison ou de déclinaison du col fémoral, mais encore « des variations de l’angle de rotation de la tête par rapport au col ».
Il nous a paru que cette critique était amplement justifiée. Le qualificatif « désaxé » appliqué à la hanche devait comprendre toute une série de types de malformations et n’était vraiment d’un choix heureux que parce qu’il pourrait nous permettre un groupement, sous un même vocable, de ces types dont la parenté est étroite.
Nous entendrons, sous le terme de hanche désaxée, une hanche dans laquelle les axes respectifs du col fémoral, de la tête fémorale et du cotyle n’ont pas entre eux des rapports normaux.
Ce sera pour nous une première étape dans notre travail que de rappeler les connaissances que nous avons sur la hanche normale au point de vue anatomique et comment se présentent les axes de cette hanche sur le cliché radiographique.
Il nous reste, avant de songer à donner ici le plan directeur de ce travail, à faire une restriction que les faits nous imposent.
C’est de la hanche congénitalement désaxée que nous parlerons, laissant ainsi délibérément les desaxations résultant de lésions acquises au cours de l'existence et n’ayant pour la plupart rien à voir avec le groupement synthétique que nous avons en vue ici.
Cette restriction n’exclut pas de cette étude les déformations résultant de la malformation congénitale par suite de l’effort d'adaptation de la hanche aux conditions spéciales de statique que cette malformation a créées.
Elle n’exclut pas davantage l'étude des rapports
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pouvant exister entre la hanche désaxée et la hanche douloureuse, entre la malformation congénitale et ce que Calot admet être ses conséquences : l’ostéochondrite, l’arthrite déformante juvénile, le morbus coxæ senilis.
Pour nous résumer et préciser notre pensée, nous envisageons comme but de ce travail l’étude synthétique de divers types de hanche dont un point commun est la désaxation congénitale et dont un autre point commun est leur parenté étroite avec ce que nous considérons comme leur expression ultime, la luxation congénitale de la hanche. à
Pour parvenir à ce résultat, nous entreprendrons une étude documentaire de ce qui a déjà été vu sous
les étiquettes diverses
1° Subluxation congénitale de la hanche;
2° Coxa valga luxans ou subluxans;
3° Coxa valga congénitale;
4° Coxa valga héréditaire;
5° Hanches subluxables, hanches aplastiques, hanches désaxées de Lance, etc.
Cet historique sera complété par l’étude des auteurs ayant cherché à connaître l’expression clinique et radiologique de ces hanches congénitalement malformées, à étudier leur physiopathologie.
Nous ne pensons pas qu’il soit superflu de consacrer un chapitre spécial à la hanche normale dont les aspect anatomiques, radiologiques et cliniques varient avec l’âge du fait de l’ossification progressive
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des surfaces articulaires, des facteurs physiologiques qui en règlent peu à peu la structure intime.
Nous examinerons alors avec fruit une série de faits cliniques et radiologiques classés d’après leur aspect clinique en désaxations latentes,
Désaxations cliniquement décelables non douloureuses ;
Désaxations accompagnées d’un syndrome douloureux ;
Nous porterons à ce moment une vue d’ensemble sur ce groupe de hanches désaxées envisagées :
1° du point de vue anatomo-radiologique; 2° du point de vue clinique; ; 3° du point devue thérapeutique.
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