ETUDE CLINIQUE
Obs. I — Enfant Bernard C.….., 17 avril 1936. Chir. M. Luzuy, aide M. Martinat. Un enfant de 14 ans, à 7 heures et demie, le matin, tombe à la renverse sur le macadam de la route. Un peu étourdi, il se relève seul et rentre chez son père.
Pendant une heure et demie, il ne se plaint de rien, mais vers 9 heures, il se plaint de céphalée, se couche, et vomit. Depuis lors, il entre progressivement dans un état de somnolence et de coma.
On appelle le docteur Malachier qui pratique une ponction lombaire, celle-ci montre un liquide clair non hypertendu. Amené à la clinique du Docteur Luzuy à 17 heures, il présente un coma à peu près complet, il ouvre cependant les yeux lorsque son père l’appelle. On ne constate aucun signe de fracture du crâne, mais il est atteint de monoplégie brachiale droite complète. Paralysie incomplète du membre inférieur droit avec Babinski positif et ébauche de Babinski à gauche.
Pouls à 60.
Respiration ralentie à 12.
Pas de mydriase mais l'examen du fond d'œil révèle un léger flou des bords de la papille.
Devant ces signes cliniques, le diagnostic posé est celui d’hématome extra-dural gauche.
. INTERVENTION. — Sous anesthésie au Lejars. Trépanation gauche par incision en T avec une branche
:MARTINAT »
verticale pré-tangienne et une branche horizontale qui file vers la partie postérieure.
Au début la respiration est très ralentie, 6 à 8 par minute. On a l’impression que l’enfant va mourir.
On élargit très rapidement la brèche et évacue les caillots d’un volumineux hématome, au moins 200 cc. occupant la partie postérieure de la zone décollable de Gérard-Marchant.
L’hématome est produit par une petite branche de l'artère méningée moyenne qui est hémostasiée par électrocoagulation. On cesse l’anesthésie.
Respiration et pouls normaux.
Petite mèche dans l’angle postérieur et inférieur ; surjet de la peau à la soie.
A la fin de l'intervention, l’enfant bouge son bras droit et dit « espèce de brute » au chirurgien.
SUITES IMMÉDIATES. — L’amélioration dure une heure, puis apparaît de la contracture avec pouls à 150, température à 40°, et l’enfant retombe dans le coma.
A 3 heures du matin, ponction lombaire. Le liquide céphalo-rachidien est hypertendu à 25, on le ramène à 15 par évacuation de 5 cc. de liquide très sanglant.
Légère amélioration.
Une ponction par l’orifice de trépanation à travers la dure-mère ne ramène pas de liquide. Le cerveau continue à battre.
Quelques heures plus tard, reprise du stertor. L’enfant meurt à 10 heures, soit 14 heures après l’intervention et 26 heures après le traumatisme.
Obs. IL. — Chirurgien : M. Luzuy. Aide : M. Martinat. Le 12 janvier 1939, vers 14 heures, un garçonnet de 12 ans, dans la cour de l’école, heurte violemment crâne contre crâne un de ses camarades. Il est sur le moment
EE TS: vu
un peu étourdi mais termine sa journée de classe, puis rentre chez lui à 16 heures et sort de nouveau faire des commissions pour sa mère, C’est seulement dans la nuit qu’il est réveillé par une céphalée violente accompagnée de vomissements. La mère s’inquiète en outre d’un état d’hébétude puis de torpeur progressive et l’enfant est amené à l’hôpital le lendemain vers midi, soit 22 heures après le traumatisme.
L'examen montre : un œdème léger de la région pariétale gauche, au niveau de l’œil droit: mydriase très accentuée et ptosis.
Au point de vue neurologique :
— Hémiplégie gauche avec réflexes tendineux abolis
et Babinski positif.
Au point de vue circulatoire et respiratoire :
— Pouls à 50.
— Respiration ralentie à 10.
— Tension artérielle normale.
TRÉPANATION IMMÉDIATE. — IJncision verticale prétangienne droite, dissociation du temporal et trépanation étroite. A peine la corticale interne est-elle enfoncée que s’échappent des caillots se laminant par le minuscule orifice. L’orifice agrandi à la gouge, les caillots sont enlevés doucement avec une curette mousse.
La trépanation est agrandie en suivant la forme au caillot. Celui-ci était épais de 4 cm., mesurant 6 à 7 cm. dans le sens antéro-postérieur et 6 cm. dans le sens vertical.
Durant l'intervention, le second aide notait :
— que la rapidité du pouls augmentait,
— que la respiration activait son rythme,
— et fait plus frappant, la mydriase diminuaïit.
L’ablation douce et prudente des caillots amenait sur la source de l’hémorragie, une branche de l’artère méningée moyenne, au-dessous des caillots, la dure-mère ap-