CHAPITRE IT
Anatomie pathologique.
Pour essayer de comprendre la pathogénie des hémorragies grippales, il est nécessaire de connaître les diverses lésions anatomo-pathologiques, qu'on rencontre dans la grippe: ce qui domine, ce sont les phénomènes congestifs intenses qui intéressent tous les organes, tous les viscères, les muqueuses et les séreuses et même les tégu-
ments.
Du côté de la peau, il y a de l’hyperhémie, laquelle se inanifeste par de la rougeur, surtout de la face, et par les diverses éruptions ou par les divers exanthèmes que nous avons signalés.
L'hyperhémie de la muqueuse pituitaire explique les epistaxis, dans lesquelles on voit la muqueuse saigner en nappe.
La muqueuse bucco-pharyngée est aussi congestionnée, quelques fois ulcérée, surtout au niveau des piliers anté-
\ à rieurs du voile du palais. BROUARDEL a rapporté plusieurs
— ho, —
cas d’exanthèmes pharyngiens et palatins, roséoliformes. Dans un article du traité des maladies de l'enfance, Gin
LeT signale la tuméfaction des plaques de PExer et des
follieules clos dans la grippe. Max Frescn a décrit aussi
des lésions inteslinales profondes, et même des perforations de l'intestin grêle au voisinage du duodénum. La congestion de la muqueuse s'étend à tout l'intestin, et les
poussées hémorroïdaires sont fréquentes.
Nous avons cité les observations de MM. SIREDEX et.
TixEL d’entérites aiguës grippales, avec congestion intense de l'intestin et hémorrsgies intrapariétales, vaso dilatation énorme des vaisseaix de la muqueuse et de la sousmuqueuse avec eXtravasition sanguine interstitielle.
Nous avons déjà parlé des ulcérations gastriques qu'on pouvait rencontrer dans la grippe. |
Du côté de la rate, nêmes phénomènes congestifs intenses avec hémorragies fréquentes et foyers de nécrose.
Le foie est toujours congestionné. Les reins sont fré-
quemment altérés, cela ressort d’ailleurs de la fréquence
de l’albuminurie dans l’influenza. L’hématurie peut être
sous la dépendance de la congestion rénale simple ou de la néphrite aiguë grippale, ou encore d’une cystite comme nous l'avons vu.
Du côté du système nerveux : les observations de mé: ningo-encéphalite-hémorragique avec lésions profondes sont nombreuses et l’hémorragie cérébrale peut déterminer des ictus apoplectiques (Observation de BARTHÉLEMY et de Cornir).
Observation de BozzoLo, en 1890, sur un cas de polioen-
din
— dr ST
céphalite aiguë hémorragique grippale — et de Foa qui a constaté à la même époque un cas d'hémorragie de la moelle,
Les: ne périphériques peuvent être le siège.-de conges- Lions violentes, se manifestant par des névralgies intenses et subites ‘avec quelquefois de véritables névrites.
Les symptômes auriculaires sont l'expression d’une hyperhémie intense de la muqueuse auditive. Dans la myringite grippale hémorragique, le tympan est rouge foncé avec des traînées hémorragiques; on a signalé aussi des phlyctènes hémorragiques dans le tympan. :
Du côté des yeux, on observe de l’ædème des paupières, de la conjonctivite hémorragique par hyperhémie de la muqueuse, de la rétinite hémorragique avec endartérite, des hémorragies miliaires de la rétine.
Les organes génito urinaires, l’utérus sont aussi congestionnés : nous avons vu que les métrorragies pouvaient s’observer en dehors de la menstruation.
Mais, c'est surtout dans le poumon que se montrent les exemples les plus fréquents et les plus intéressants de congestion intense. On à déjà signalé, en 1890, qu ‘il ne s'agissait pas tant de pneumonies vraies que de congestion violente, véritable splénisation pulmonaire, d’ate-) lectasie pulmonaire, avec affaiblissement du murmure vé-
siculaire, retentissement exagéré de la voix, augmenta-
tion des vibrations thoraciques et submatité. C’est cette
congestion initiale qui prépare la pneumonie et la favorise. Nous avons décrit avec les hémoptysies, les lé-
sions anatomo-pathologiques du poumon constatées au
NRA
fr
cours de l'épidémie de 1918, consistant surtout en con-
gestion intense avec infarctus multiples,
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