V..., 36 ans. Entrée le 20 février 1919, grippe au 5° jour
Début habituel avec vomissements répétés, diarrhées profuses, selles sanglantes. Ces symptômes diarrhéiques durent 4 jours. Toux légère, pas d’expectoration. Signes de bronchite bilatéraux. Sortie par guérison le 4 mars.
Oss. 16 (personnelle). — Grippe simple. Règles avancées.
Mie-55;ans. Entrée le 20 février 1919. Début brusque le 18, par frissons, céphalée, courbature extrême, fièvre, catarrhe oculo-nasal.
Toux, légère, pas d’expectoration. Submatité des deux bases avec diminution du murmure vésiculaire.
Courte rechute le 23. Sort guérie le 28 février.
Règles avancées de 8 jours, sans anomalies autres.
O8s. 17 (personnelle). — Grippe simple. Epistaxis. Ménorragies. .
R..., 25 ans. Entrée le 28 février 1919, grippe au 3° jour. Légère matité des deux bases avec diminution du murmure vésiculaire. Ge
Epistaxis abondante le 25. Autre epistaxis le 1° mars.
Pas de modification du côté des règles, légèrement douloureuses. Sortie le 15 mars, guérison. |
Ogs. 18 (personnelle). — Grippe avec bronchite. Métrorragie.
C..., 26 ans. Entrée le 4 mars 1919. Début le 27 février par signes habituels. Quelques sibilances disséminées dans les deux poumons. Métrorragia du 1° au 5 mars, survenue 15 jours après les dernières règles.
Sortie par guérison le 15 mars.
Oss. r9 (personnelle), — Grippe avec bronchite, Métrorragie,
RC EN ra R..., 26 ans. Entrée le 25 février 1919. Grippe simple. ir à ques signes de bronchite diffuse. | Aa Règles terminées le 24 février. Métrorragie durant deux jours. le 27 et le 28. Sortie par guérison le 5 mars.
. Epistaæis. Gingivor-
O8s. 20 (personnelle).
ragie. es \
T..., 22 ans. Entrée le 23 février 1919. Grippe au 3° jour. Pas de signes pulmonaires anormaux. fi Règles normales. ÉpRRe le 25 février. Gingivorragies quo:
Se
tidiennes. ë US LR An } Sortie par guérison le g mars. : Ts \\: ’ OBs, 21 (personnelle). — Grippe avec congestion pulmonaire chez uné femme enceinte de 8 mois. Pas de métrorragie. Epistaxis et expectoration sanglante, Pas d'accouchement prémaluré. |
D..., 35 ans. Entrée le 5 mars 1919. Début le 20 février par signes généraux habituels. Tousse beaucoup. Expectoration muco-purulente, puis sanglante. Mouche constamment du sang. |
Pas de métrorragie, pas de modifications fœtales. Matité des deux bases, surtout droite. Silence base droite.
Râles sous crépitants disséminés dans toute la hauteur des deux poumons en arrière.
O8s. 22 (personnelle), — “ue simple. Règles avancées. Epis-
de
taxis répétées.
B..., 21 ans. Entrée le 22 février 1919, grippe au 3° jour avec 4 epistaxis au début. Toux fréquente sans expectoration. Foyer FEV ER | Ë LEA AS RAPUNESS de râles sous crépitants base droite, avec sibilances disséminées. Re
PR Règles avancées de 8 jours, du 21 au 28 février, Métrorragie du F2 2
ps
ie au 3 mars. Nouvelle métrorragie du 15 au 18 mars. Epis-
taxis quotidiennes du 20 au 28 février.
Fe
1 + 8 (personnelle). —— Grippe à à forme pulmonaire grave, Chez une malade enceinte de deux mois. Epistaxis. Pas de métror- ragie. Pas d'avortement.
D..., 6 ans, entrée le 17 février 1919. Début le 1. “Toux.
Angine. . Sibilances disséminées.
Le 18 février, matité base droite, avec diminution du mur-
mure vésiculaire et sous crépitants fins. | Le février, à la base droite, souffle aux deux temps; sibi-
lances à gauche.
ANT 24 Tévrier, tion d’un deuxième foyer à ‘one Epis-
taxis.
Le 27 février, souffle expiratoire région hilaire gauche. Epistaxis. | Le 5 mars, amélioration considérable. Pas de métrorragie. Pas de modifications fœtales. Sortie par SRE s
Os. 24. — Grippe avec congestion pulmonaire massive et brutale. Hémoptysie, Mort. (Observation de MM. ME RAOERReS “ Me RAFINESQUE).
Le soldat L... est pris brusquement le 11 août 1918 de céphalée, courbature, lumbago, toux et vomissements avec température à 39° 9. Quelques sibilances disséminées dans les deux poumons. Langue saburrale avec érythème pharyngé. Pas de point
de côté. Pas de dyspnée. Grande asthénie. Les 12 et 13 août 1918,
température en plateau à 40° 2, pouls à 100; céphalée et douleurs lombaires persistent; à l'auscultation, le murmure respi: ratoire semble diminué, avec sonorité et vibrations thoraciques normales. Quelques crachats hémoptoïques. Les 14 et 15 août,
même état; légère hypertension artérielle.
MT eue)
Expectoration plus Abondante de crachats sanglants, aérés, sans B. K. PUR ï
Diminution plus nette du murmure vésiculaire à la base droite, avec expiration soufilante dans la fosse sus-épineuse droite; ni dyspnée, ni point de côté. Diarrhée.
Le 16 août au matin, T. 40°, P. 100. L’ expectoration Parts
s'accentue jusqu'à de A de petites hémoptysies. Dans les deux lobes inférfeures du poumon droit, submatité, diminution des vibrations thoraciques, petit souffle expiratoire, sans égaphonie, ni pectoriloquie aphone. Ponction exploratrice négative. Dyspnée croissante, subdélire. Dans l’après-midi, l’état du malade s'aggrave rapidement : T. 40° 6, P. 108. Dyspnée in-. tense, agitation, délire, hémoptysies petites mais répétées.
À 23 heures, le malade meurt après une abondante hémoptysie. L’autopsie a montré que cette congestion massive grippafé était de nature streptococcique.
ref
Au cours de la récente épidémie de grippe, les manifestations hémorragiques ont été nombreuses. Parmi ces hémorragies, nous avons surtout observé les epistaxis, les hémorragies utérines (règles avancées, ménorragies, métrorragies) et les hémoptysies. Les autres variétés d’hémorragies, signalées d’une façon exceptionnelle au cours des épidémies anciennes, se sont montrées tout aussi rarement dans l'épidémie de 1918 : hémorragies pleurales, gastrointestinales, cutanées, méningées, auriculaires, oculaires,
L'epistaxis et les ménorragies ont été observées avec une telle fréquence dans les premiers jours de la maladie, au cours de l'épidémie de grippe récente, qu'elles pouvaient être considérées comme un syndrôme hémorragique de début, n’ayant aucune signification pronoslique, mais une
réelle valeur diagnostique.
ze Il
Les formes hémorragiques tardives, analogues aux for-
dire "0
mes hémorragiques de certaines maladies infectieuses ont
été plus rares, mais certaines’ hémorragies de Ja période d'état, comme les hémoptysies, ont été au prémier plan
parmi les symptômes caractéristiques d'une complication
pulmonaire. Elles ont pu faire hésiter sur le diagnostic,
d autant que parfois elles ont annoncé le réveil d’une tu-
nue latente. EE Hat
Les hémorragies au cours de la grippe n’ont pas paru
par elles-mêmes aggraver le pronostic de la maladie. Il faut faire une réserve pour les hémoptysies. he importance des lésions anatomo-pathologiques hémorragiques, obser-
vées notamment dans les autopsies de broncho-pneumo-
nies grippales, lésions qui vont de la congestion marquée
à linfarctus hémorragique, explique la fréquence “anor-
male de ces hémoptysies vraies dans la grippe. « L'importance des infections secondaires à pneumoco-
ques et surtout à streptocoques dans la grippe, explique
pour une part la fréquence de certains accidents hémorra-
giques tardifs.
Vu ë ï ; Le Président de Thèse, BEZANCON.
NEA e Doyen: