OBSERVATION XII
(Recueillie à la Maternité, septembre 1899).
La nommée D..., primipare, vingt ans, domestique.
Antécédents héréditaires. — Mère morte des suites de couches, Père atteint de rhumatisme et d’une affection pulmonaire. Antécédents personnels. — Nourrie au biberon. Ne sait pas à
quel âge elle a marché. A eu la rougeole.
Elle dit avoir toujours souffert d'oppression et de palpitations.
Premières règles à dix-sept ans, irrégulières, durant trois ou quatre jours. |
Grossesse actuelle. — Dernières règles, 10 décembre. Grossesse évolue normalement. Au sixième mois, elle fut hospitalisée
à l'asile Stendal, d'où elle fut envoyée à Tenon où on lui dit
qu’elle a une affection cardiaque. Le 18 septembre, elle fut hospitalisée à l'asile Michelet. Le 22 septembre à 2 heures du soir, elle entre en travail et est amenée à la Maternité. On trouve de l’albumine dans ses urines; il s’agit, sans doute, d’une albuminurie de travail. À Michelet, äl n’y en avait pas. On l’envoie à la salle d'accouchement à 11 heures.
Le sommet est engagé en G. À. Le toucher fait constater une dilatation de à centimètres. Les contractions sont fortes et fréquentes et à 2 h. 20 la dilatation est complète. La poche des eaux est rompue. Liquide amniotique normal. Tête apparaît aussitôt à la vulve. Les contractions sont violentes et la parturiente pousse malgré les recommandations qu'on lui fait. C'est en vain que la sage-femme essaie de protéger le périnée, qui est franchi brusquement par la tête. Une déchirure se produit. À 2 h. 45, la délivrance est faite. À l'examen des organes génitaux on s'aperçoit que l’accouchée perd. La sage-femme palpe immédiatement l'utérus et constate qu’il est fortement rétracté. L'accouchée est mise en travers du lit, la sage-femme voit alors que le sang s'échappe en assez grande abandondance des parties supérieure et inférieure de la petite lèvre droite. Elle fait immédiatement un tamponnement maintenu par un bandage très serré : l’hémorragie s'arrête. M. le D' Porak vient à la salle et l’on défait le pansement pour lui montrer la déchirure. Elle ne saigne pas. À ce moment, la sage-femme quitte l’accouchée pour aller chercher un pansement propre, quand elle revient, elle s'aperçoit qu'elle perd et que le drap est traversé. Elle couvre immédiatement les organes génitaux de coton et comprime de toutes ses forces. Le coton s'imbibe rapidement, Elle fait alors comprimer l'aorte. L’écoulement est alors moins
intense. Mme la sage-femme en chef arrive et fait faire de suite
la périnéorraphie, pendant qu'on remonte l’état général de la
femme qui est exsangue. Sérum 1.000 grammes.
Diamètres : O. F. 11. — O. M. 14. — B. P. 9,5. —B. T. 8,9. — S. O0. B. 9,5.