OBSERVATION IX
(M. Besson. — Société anatomo-clinique de Lille,
24 janvier 1900).
Rupture d’une varice vulvaire.
Le 16 octobre entre à la Maternité une femme de vingtquatre ans, enceinte pour la troisième fois. L’enfant est à terme et cette femme souffre depuis huit heures. On remarque des varices moyennes aux membres inférieurs et un paquet veineux assez accentué sur la grande lèvre gauche. L'accouchement se fait en O. I. D. P. Après l'accouchement, le sang ruisselle en cascade ; la délivrance se fait normalement. Devant cette hémorragie, on fait une piqüre d’ergotine et une injection vaginale chaude. L’utérus est revenu sur lui-même, le globe de sûreté existe et cependant le sang coule. On a alors l'idée qu'il peut bien s'agir d’une rupture de varices ; l’on regarde et l’on constate que le sang s'échappe par quatre à cinq petits orifices. On place alors un gros tampon à ce niveau. Le tout a duré un quart d'heure et la femme est mourante ; les téguments sont complètement exsangues. Le pouls a disparu à la radiale ; il existe à peine à la fémorale.
On pratique une injection massive de sérum artificiel, et on assiste alors à une véritable résurrection. M. Delassus, qu’on avait fait appeler, arrive.
Les pinces à forcipressure ne tiennent pas et ne permettent pas de faire des ligatures. On pratique alors une suture en
masse.
Grâce aux injections de sérum artificiel, le pouls, qui était
misérable, se relève, le délire cesse. Les varices ont presque dis-
paru.
OBSERVATION XVI (Septembre 1904).
Rupture ‘de thrombus vagino-vulvaire,
La nommée L..., secondipare, vingt-cinq ans.
Première grossesse à vingt-quatre ans se termine par un avortemement de quatre mois.
Deuxième grossesse. — Pas à terme. Accouchement spontané en O. S. Délivrance par expression. Au moment de la toilette, la sage-femme constate au niveau de la partie inférieure de la grande lèvre une tumeur du volume d’une petite noix, de consistance ferme. La pression détermine de la douleur. Le dia- -gnostic de thrombus est porté, Mme la sage-femme en chef est avertie. La parturiente se plaint de plus en plus, change constamment de position et dit avoir un besoin irrésistible de pousser. Le facies qui était très bon avant l'accouchement est décoloré. Le pouls est bon. Mn la sage-femme en chef examine et constate que le thrombus est rompu. La face regardant le vagin est violacée : le volume est celui d’une grosse orange. Il s'écoule du sang. Un tamponnement à la gaze stérilisée est commencé et fini par l’interne à l’aide d’une pince à pansement, l’introduction avec le doigt étant trop douloureuse. On fait un tamponnement vulvaire avec du coton hydrophile imbibé de sublimé qu’on maintient serré avec un bandage en T. Les douleurs sont continues et l’accouchée se plaint toujours. M. le Dr Porak
vient à la salle, fait retirer la première mèche, l’écoulement
sanguin se reproduit ; la deuxième mèche qui faisait compression au fond du vagin et pouvait faire obstacle à la circulation est extraite, L’hémorragie s'arrête. On met un pansement sur la vulve, puis une vessie de glace. On remonte la malade avec du
champagne et une injection de sérum.