‹ Contribution à l'étude des hémorragies secondaires du post-partumChapitre 39 sur 68 · DANS L'OBSERVATION XXVIII · texte numérisé non relu

DANS L'OBSERVATION XXVIII

L'examen de l'utérus prélevé au cours de l’'autopsie montre une infiltration globale de la paroi utérine par des éléments inflammatoires nombreux.

Par places, des hémorragies interstitielles.

Enfin, endartérite oblitérante extrêmement intense.

De l'étude histologique de ces cinq observations, nous pouvons tirer un certain nombre de lésions communes à tous les cas d’hémorragies par infection sans rétention placentaire.

Les divers examens nous montrent des lésions inflammatoires parfois considérables.

La muqueuse utérine est plus ou moins altérée. Sa régénération est retardée. Elle est réduite quelquefois à quelques sacs glandulaires.

Le chorion de la muqueuse dans les parties non recouvertes d'épithélium est infiltré d'éléments polynucléaires.

Au-dessous se trouve au niveau de l'aire placentaire une zône hémorragique avec des parties formées de caillots en voie d'organisation, et des parties formées d'amas d'hématies peu altérées (zone d’hémorragie récente).

Au-dessous la musculeuse présente parfois un peu d'oedème avec infiltration discrète, surtout localisée au voisinage des vaisseaux.

Les fibres musculaires elles-mêmes peuvent être altérées, et complètement dégénérées.

ETUDE MICROBIOLOGIQUE

Les recherches bactériologiques dans les cas d'hémorragie par infection ont été le plus souvent positives quand elles ont été pratiquées.

Observ. XV, XXII, XXIV, XXVIT, XX VII.

Une seule fois les prélèvements utérins, malgré des ensemencements nombreux sur les différents milieux de culture habituels, ont été négatifs : observation XVIII. Les cas étudiés avant nous au point de vue bactériologique (XV-XXIV-XXVII-XXVIII ont donné les résultats suivants :

Observ. XXIV.

Un premier prélèvement de lochies fait avant tout traitement intra utérin a montré la présence de streptocoque en culture pure. Un second prélèvement fait trois jours après le premier prélèvement intrautérin, a montré la présence de streptocoque, associé au bacillus cutis communis.

Observ. XXVII.

Le prélèvement intra utérin de sérosité fait deux jours après le premier tamponnement a montré la présence de streptocoque en culture pure.

Observ. XXVIII.

L'examen de la sérosité utérine avant tout traitement ,a permis de déceler du streptocoque et des bacilles gram positif.

Observ. XV.

Des prélèvements utérins ont été faits sur la pièce opératoire recueillie aseptiquement.

On a pu découvrir du streptocoque à l'état de pureté.

Le pus du pyosalpinx outre le streptocoque, contenait

du staphylocoque blanc.

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La seule observation que nous ayons eue l’occasion d'étudier au point de vue bactériologique est l’observation XXIII.

Suivant la technique habituelle, nous avons prélevé la sérosité intra utérine à l’aide d’une forte pipette, après avoir placé la femme dans la position gynécologique.

Nous nous servons de deux valves et après désinfection du col utérin à la teinture d’iode, nous prélevons directement au fond de la cavité utérine un peu de sérosité.

Notre prélèvement est immédiatement ensemencé sur

deux tubes :

L'un de bouillon ordinaire.

L'autre de gélose ordinaire.

C’est à partir de ces deux tubes que nous pratiquons les ensemencements sur divers milieux pour isolement des germes.

Nos isolements ont été faits par ensemencements sur gélose ascite, sur gélose au sang, et sur huit tubes de gélose profonde.

En outre, nous avons pratiqué des cultures en eau péptonée sucrée.

Au bout de quatre jours de tous les tubes deux seulement ont poussé.

Un tube de bouillon ordinaire qui s’est troublé avec un dépôt au fond du tube.

Un tube de gélose profonde qui contient une colonie biconvexe à la surface, granuleuse à bords irréguliers, ayant un bourgeon sur une de ses faces.

La coloration gram-fuchsine d’une gouttelette de bouillon étalée et fixée sur une lame a montré des cocci en amas gram posilif.

La même coloration d'un prélèvement de la colonie anaérobie nous a montré des éléments bacillaire peu allongés prenant fortement le Gram.

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Divers isolements successifs en gélose profonde, et sur les divers milieux, en particulier les milieux sucrés, nous ont permis d'identifier le germe comme un b. cutis communis.

Il donne des colonies dans toute la hauteur des tubes de gélose profonde aussi bien dans la zône d’aérobiose que dans la zône d’anaérobiose.

Les colonies sont mieux développées près de la surface du tube.

Elles ont un aspect étoilé.

Sur gélose ascite, les colonies sont isolées, souvent irrégulièrement arrondies, visqueuses, légèrement surélevées, non ombiliquées.

Elles rappellent l’aspect des cultures de staphylocoques blancs.

Après coloration gram-fuchsine, on se rend compte qu'il s’agit de germes à forme bacillaire prenant fortement le Gram. Ces germes ont des bouts arrondis ‘et leurs extrémités sont légèrement plus larges que jleur partie moyenne.

Ils sont rangés en palissade et affectent l’allure de bacilles d'Hoffmann. | Les cultures sur gélose ordinaire ont le même aspect.

Il en est de même sur les milieux sucrés.

Il fait fermenter la saccharose et la fait virer en rouge.

Il pousse en eau peptonée sucrée, en donnant une cul- Lure abondante : trouble unilorme, légèrement opalescent, avec dépôt au fond du tube et collerette à la surface.

La culture en bouillon est beaucoup moins riche.

La recherche de la virulence des germes a été négative.

Deux souris, un cobaye, un lapin ont reçu respectivementA/2tc cHlece 2cC., 2 cc., de culture en injection

Ep

sous cutanée ; aucun de ces animaux n'a présenté de réaction.

De même la recherche des propriétés hémolytiques a été négative.

Nous avons recherché qu’elle pouvait être l’action de la toxine du germe sur la coagulation du sang.

Nous avons poursuivi nos expériences sur le lapin.

Nos recherches sur la coagulation «in vitro » en mettant en présence du sang de lapin et des doses variables de filtrat ne nous ont pas donné de résultats très appréciables.

De même pour la recherche de l’action de la toxine in vivo.

Le sang prélevé à la carotide primitive deux heures après l'injection intraveineuse de 10 c. c. de filtrat se coagule en 14 minutes 15 secondes.

I1 nous a paru que le sang avait mis plus longtemps à se coaguler dans ce. cas :

Nous avions déjà obtenu une coagulation complète du sang normal en 9 minutes, 30 secondes.

Nous avons recherché aussi quelle pouvait être l’action du filtrat des cultures du b. cutis communis sur la fibrine humaine.

Un fragment de fibrine mis en présence de 5 c. c. de filtrat et placé à l’étuve est lysé complètement en 48 heures.

Cette propriété fibrinolytique a persisté pendant des mois.

Cette propriété nous a paru intéressante à rapporter. elle peut dans une certaine mesure expliquer la production de certaines métrorragies.…

L'action fibrinolytique du filtrat persiste malgré un chauffage à l’étuve à 65, elle est détruite par un chauffage à 80° pendant une demi-heure,

hi

Nous avons essayé de vacciner des lapins avec le filtrat de nos cultures, mais nous n’avons pas eu de résultats bien nets.

Le sérum des lapins vaccinés nous avait paru avoir une réaction antifibrinolytique, mais dans nos dernières expériences, le sérum d’un lapin normal présentait les mêmes propriétés.

En résumé, l’étude bactériologique de cette observation nous à permis d'isoler un bacille cutis communis, auquel nous avons reconnu une propriété fibrinolytique, et dont la toxine paraît avoir « in vivo » une action de retard sur la coagulation du sang.

L'étude analytique des observations d’hémorragies secondaires par infraction nous a permis de noter un certain nombre de points importants :

1° La gravité de certaines de ces hémorragies :

2° L'importance des signes infectieux au cours de leur évolution, à partir du moment où se produit l'hémorragie, aussi bien qu'avant ce moment :

3e L'état d'infection de toute la paroi utérine avec localisation prédominante au niveau du chorion mu-

queux ; 4° La présence fréquente, mais non exclusive du streptocoque. ;

Nous étudierons dans la deuxième partie de ce travail les divers modes de traitement, nous efforçant de rechercher quel est parmi eux le plus-rationnel.

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