‹ Contribution à l'étude des hémorragies secondaires du post-partumChapitre 7 sur 68 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les hémorragies secondaires des suites de couches semblent n'avoir été décrites qu'au cours du siècle dernier.

Dans les auteurs, tels que Smellie, Velpeau, voire même Cazeaux, on trouves des faits se rapportant à des hémorragies du post-partum.

De la lecture de ces auteurs, il semble que les hémorragies, des suites de couches, étaient attribuées le plus souvent à une rétention placentaire partielle.

On trouve même dans le Dictionnaire des Sciences médicales (1817) une description de ces hémorragies par rétention placentaire, et le traitement à adopter en pareil cas : le nettoyage de la cavité utérine après dilatation du col.

Mais, aucun auteur ne fait une distinction nette entre les hémorragies primitives et les hémorragies secondaires.

La rétention placentaire semble donc avoir été la grande cause reconnue aux hémorragies secondaires du post-partum. Cependant, des auteurs tels que Velpeau, Virchow, décrivirent des coagulations sanguines se déposant au niveau de l'insertion placentaire, sur les thromboses qui normalement oblitèrent les sinus utérins.

Ces coagulations, ils les trouvèrent uniquement constituées de sang, et n’y virent pas de tissu placentaire d'où le nom de polype fibrineux donné à ces formations.

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Ces hémorragies n’étaient-elles pas plutôt dûes à une infection locale utérine ?

Quoiqu'il en soit, la première étude des hémorragies fut faite, d’après Kermauner, en 1840 par Robertson.

En 1850, Chiari évaluait leur fréquence à environ une hémorragie pour 270 accouchements.

Scanzoni, en parle comme d’une chose très connue de son temps.

En 1880, Pelaprat dans sa thèse fait une classification des différentes hémorragies des suites de couches.

Parmi les causes locales qu'il énumère, il cite

a) La rétention de portions de placenta ou des membranes. C’est sans contredit, une des causes les plus communes de l’hémorragie puerpérale secondaire.

D) L'inflammaltion. — Pendant la période puerpérale, la muqueuse utérine qui se régénère est à l’état de couche mince et molle. Les vaisseaux de nouvelle formation sont peu résistants et entourés de üssus plus friables qu'à l’état normal.

Il n'est donc pas étonnant que l’hémorragie symptôme habituel des inflammations de l'utérus et des organes voisins (ovaire, péritoine pendant l’état de vacuité complique plus fréquemment encore ces lésions pendant les suites de couches.

En 1889, F.-A. Kehrer estime que les hémorragies des suites de couches sont devenues plus rares et il admet que la cause de cette amélioration est une meilleure technique de délivrance et une meilleure asepsie.

La notion de l'importance de l'infection dans l’étiologie des hémorragies des suites de couches, avait donc apparu dès le début de l’ère pastorienne, et Budin (in Tarnier Budin) à propos des hémorragies tardives du post-partum parle de cas où l'écoulement sanguin des premiers jours du post-partum peut continuer pendant

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15 jours à {1 mois et plus chez certaines femmes dont les suites de couches n’ont pas été absolument apyrétiques.

Chez ces femmes, on trouve un utérus volumineux, mou, parfois douloureux. C’est un utérus atteint de métrite hémorragique qu’il faudra nettoyer.

Commandeur (in Bar Brindeau) accorde peu de place aux hémorragies secondaires. I1 indiqüe que les hémorragies secondaires tardives sont habituellement dues à des rétentions placentaires :

Il est rare cependant que celles-ci restent latentes pendant plus de 8 à 10 jours. Les hémorragies qui surviennent au delà du 15° jour sont ordinairement liées à une inflammation de la muqueuse utérine, à une endométrie puerpérale, d’origine infectieuse. Dans ce cas l’utérus reste gros en subinvolution.

Ainsi donc jusqu'à ces derniers temps, les auteurs, les traités classiques, attribuaient les hémorragies secondaires du post-partum à des rétentions partielles du placenta ; tout en reconnaissant qu'il existait des hémorragies d’origine infectieuse. Ces hémorragies, ils les considéraient pour ainsi dire avec mépris, estimant qu'elles étaient peu graves.

« C’est un utérus à nettoyer », disait Budin.

Ces auteurs ne semblent pas avoir assisté à ces hémorragies parfois si graves et si rapidement mortelles que notre maître a pu observer

M. le professeur CouvELAIRE fut frappé, en effet, de la gravité de certaines hémorragies secondaires du post-partum sans rétention placentaire.

Sur les trois premiers cas qu'il vit, il y eut deux morts. Ces observations furent rapportées et décrites dans une communication à la Société de Gynécologie et d’'Obstétrique de Paris en 1926 sous le nom de forme métrorragique de l'infection puerpérale.

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A la suite de cette communication plusieurs cas.analogues furent rapportés.

M. le professeur BRIN;EAU rapporte deux cas d’hémorragies secondaires sans rétention placentaire par infection ; l’un guérit à la suite d’une hystérectomie abdominale, l’autre malgré une hystérectomie vaginale se termina par la mort.

MM. Lévy Solal et Ravina rapportèrent cinq observations entrant dans le cadre de cette classe d’hémorragies.

Depuis, nous nous sommes attachés à rechercher les observations de ce genre, et il nous paraît possible de tenter l’étude d'ensemble de ces hémorragies.

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