HISTORIQUE
Si l’on veut remontér aux premiers travaux qui ont paru sur la question, il faut en premier lieu rechercher les premières études anatomiques ayant pour objet l'appendice et le cæcum. En s'en rapportant aux travaux de Portal, le premier qui dans ses observations signala à l'attention des médecins la région iléo-cæcale, est Carpi, en 1524. Quelques années plus tard, Estienne donne une reproduction du eæcum et de l’appendice dans ses planches d'anatomie. |
Avec l'essor que prend vers la fin du XV° siècle l'étude de l'anatomie humaine aidée de l’observation sur le cadavre, qui devient alors plus fréquente, grâce à l'émancipation des préjugts qui jusqu'alors faisaient de la dissection une profanation, les connaissances se précisent. Les travaux de-Vésale, Fallope, Baubhin (1605) mettent en lumière la constitution du tube digestif. Mais jusqu'ici
hous sommes encore dans la période des études anatomiques, et c’est à titre de curiosité anatomique que Morgagni signale dans ses observations les premiers cas d'appendice hernié. Santorini, Bichat poursuivant les recherches apportent sur l'anatomie du cæcumde nouvelles précisions.
. En 1847, Gerlach décrit avec précision la valvule qui sépare l’appendice du cæcum et qui porte son nom. Deux ans plus tard, ce sont les travaux de Bardeleben et après lui ceux de Kraüse en Allemagne, ceux de Henle et Luschka en Angleterre qui viennent apporter des notions plus exactes encore sur cette question. Enfin, à une époque plus rapprochée de nous, les travaux de Trèves (1886), de Tuffier semblent déterminer nettement et de façon définitive les rapports du cæcum et de lappendice.
Cette longue série d'observations anatomiques ne pouvait manquer d'attirer l'attention sur les lésions pathologiques de l'appendice et du cæcum, et des inflammations dont ces organes herniés pouvaient être le siège. En 1765, dans son cours de pathologie chirurgicale, Hervin, professeur à l'Ecole royale de chirurgie, donne une description chirurgicale nette de hernie suppurée de l’appendice grangrené :
«Je me trouvais à l'ouverture d'un grand dépôt qui s'élait fait par congestion à la partie supérieure et interne de la cuisse et qui s'étendait jusqu'au-dessous de sa partie moyenne ; Je fus très surpris d'en voir sortir une énorme quantité de sanie putride dont l'odeur vraiment stercorale me fit soupçonner que quelque portion d'intestin s’élait pincée sous l’arcade crurale et s’y était ouverte par la mortification dont les tissus graisseux du foyer de l’abcès étaient atteints. Effectivement, à l’ouver-