‹ Contribution à l'étude des huiles siccatives d'aleurites utilisées dans l'industrieChapitre 3 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Parmi les substances naturelles utilisées dans la technique industrielle, les huiles siccatives constituent une catégorie particulièrement importante.

La propriété de ces huiles de se transformer en une pellicule dure et élastique, par oxydation, lorsqu'elles sont étendues en couche mince et exposées à l’air, est la raison de leur emploi dans les vernis et peintures.

Jusqu'à la fin du siècle dernier, la technique de fabrication de ces produits s’est développée lentement, par l’emploi de l’huile de lin et des résines naturelles. Mais, depuis une trentaine d'années, elle a subi de profondes transformations. Il a été fait usage, d’une part de produits de synthèse, d’autre part de produits naturels jusqu’alors inutilisés dans nos régions. L'introduction de ces produits a nécessité des procédés de fabrication de plus en plus nombreux et complexes. L'étude scientifique des matières premières et des procédés nouveaux est donc devenue indispensable.

Parmi les produits récemment introduits, les huiles siccatives provenant des graines de certains arbres du genre Aleurites ont pris une place prépondérante. Ces huiles sont employées depuis plusieurs siècles en Extrême-Orient et quelques voyageurs les avaient fait connaître ; mais ce n’est que vers la fin du siècle dernier que l’on a songé à les utiliser dans l’industrie de nos régions.

L'intérêt de ces huiles siccatives n'avait pas échappé au chimiste français Cloëz qui, en 1875, a déterminé leur constitution et leurs principales propriétés.

On ne les a utilisées cependant que bien plus tard, mais leur emploi a pris, depuis une vingtaine d'années une importance croissante. Elles ont, en effet, des qualités remarquablement siccatives et permettent de préparer des vernis particulièrement imperméables. Actuellement, l’huile produite par l’Aleurites ford, originaire de Chine, est à la base de la fabrication des vernis gras à séchage rapide. Une autre variété, l’Aleurites montana, qui croît abondamment en Indo-Chine française, produit une huile présentant de grandes analogies avec la précédente, mais qui a été peu utilisée chez nous, jusqu’à présent, en raison, surtout, de la méconnaissance de ses qualités.

Les qualités intéressantes de ces huiles sont dues à leur composition particulière. Leur constituant principal est, en effet, le triglycéride de l’acide

élaeostéarique, acide gras à trois liaisons éthyléniques conjuguées.

La position relative des doubles liaisons confère à ces huiles des propriétés qui les différencient nettement des autres huiles siccatives connues antérieurement et qui rendent, en particulier, leur traitement plus délicat lors de la fabrication des vernis.

L'étude des propriétés de ces huiles nous a semblé présenter un grand intérêt, tant au point de vue chimique que pour la fabrication des produits de l’industrie.

Il y avait lieu, également, de préciser les qualités respectives des huiles d’aleurites fordii et d’aleurites montana. Une telle étude présentait un intérêt national en raison d’un emploi possible de l’huile de notre colonie d’Indo-Chine en remplacement de l'huile chinoise.

Nous avons donc appliqué nos recherches principalement à l’étude des transformations pratiquées dans la technique industrielle et à la comparaison des deux variétés d’huiles.

Notre travail a été effectué au Laboratoire du Comité des Peintures et Vernis de l'Office National des Recherches Scientifiques et Industrielles et des Inventions.

Nous tenons à adresser ici l’expression de notre profonde et très respectueuse reconnaissance à M. J.-L. BRETON, Membre de l’Institut, Directeur de l'Office, pour avoir bien voulu nous admettre dans ce Laboratoire et nous fournir les moyens matériels d’effectuer cette étude.

Nous sommes également très vivement reconnaissants à M. le Professeur URBAIN, Membre de l’Institut, de nous avoir autorisé à présenter cette thèse sous sa haute direction et d’avoir bien voulu accepter la présidence de notre jury.

Nous assurons de notre très vive gratitude M. le professeur Marquis, dont les excellents conseils nous ont été de la plus grande utilité.

Nous sommes heureux de témoigner de notre plus profond attachement envers M. ViLa, Chef des Services techniques du Comité des Peintures et Vernis, qui a été pour nous le guide le plus bienveillant dans l’exécution de ce travail et nous a prodigué une sollicitude de tous les instants.

Enfin, nous ne saurions oublier ce que nous devons à l'Association Schutzenberger pour la précieuse aide matérielle qu’elle nous a apportée.

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