‹ Contribution à l'étude des Incurvations et Pseudarthroses congénitales de la jambe: Leur traitementChapitre 8 sur 16 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(M. FRoLiGn, 1909, revue en 1922, XXIF Congrès de Chirurgie)

Incurvation el pseudarthrose congénitale (traitée par la méthode de M. Frœtzicn).

Marcelle H..., de Void, âgée de 4 ans, nous est adressée par le docteur Rouyer : elle présente une incurvation antérieure de la jambe droite avec forte mobilité et pseudarthrose. Il ÿ a un an, en sautant à pieds joints, elle se fit mal au niveau de la jambe, resta trois semaines au lit, Au bout de ce temps, elle essaya de marcher mais sa jambe ne la soutenait plus. Le père nous raconte que la jambe de l'enfant a toujours été depuis la naissance courbée en avant. Nous constatons que

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l’incurvation antéro-postérieure et légèrement interne existe au niveau du tiers inférieur ; la jambe est atrophiée avec raccourcissement de 1 em. 1/2 ; pas de cicatrice sur le sommet de la courbure,

Une radiographie montre que le fragment inférieur du tibia est arrondi en boule et le fragment supérieur creusé en cupule,

4 15 avril 1908, résection des deux extrémités osseuses et suture avec une agrafe de JAcoëL.

Auparavant, la jambe avait été immobilisée pendant six mois dans un plâtre sans résultat.

La suture osseuse ne fut pas plus heureuse : le 4 juin 1908, la pseudarthrose persistait, la mobilité anormale avait plutôt augmenté,

Je pratique alors l’opération suivante : j'excise de nouveau la pseudarthrose qui est constituée par un trousseau de tissus fibreux et du cartilage. Les extrémités de l’os sont friables, jaunes, d'aspect graisseux. Je creuse avec le perforateur le centre des fragments jusqu’à pénétrer dans le tissu médullaire. Puis, sur le tibia de la jambe saine, je prélève un lambeau ostéopériosté de 4 em. de long sur 2 de large et 3 mm. d’épaisseur, et je le place sur les fragments de la pseudarthrose préparés comme il vient d’être dit. Suture et plâtre. Réunion par première.

Au bout de deux mois, la consolidation était obtenue. L’enfant marche d’une façon parfaite, le cal est solide, ainsi que le montre une radiographie très démonstrative, Cette enfant fut montrée à la Société de Médecine de Nancy le 23 juin 1909.

En 1922, l'enfant est revue : elle a 19 ans. QG février 1922 Depuis cinq mois elle commence à souffrir de son ancienne fracture. Raccourcissement de 1 cm. 1/2 et atrophie du mollet de 1 cm. Une légère incurvation persiste. Le cal est gros et douloureux à la pression. La radio révèle des traînées d’ostéite raréfiante. Octobre 1922 : L’ostéite du cal semble être en voie de réparation grâce au repos et à une médication recalcifiante,

OBSERVATION V (Commentaire d’une ancienne observation, exposé par M. Nové- Josseranp au XXXI° Congrès de Chirurgie [NOvÉé-JossERAND,

Pseudarthrose congénitale de la jambe gauche traitée et guérie par la méthode de Reichel.

(Revue guérie 18 ans après l'intervention.)

I s’agit d’une femme qui est âgée actuellement de 26 ans et demi et que j'ai soignée depuis l’âge de 4 ans. Elle était atteinte, comme vous le montre une radiographie, d'une pseudarthrose portant sur les deux os de la jambe gauche, avec une atrophie accentuée surtout sur le tibia où les deux extrémités osseuses étaient amincies et effilées en pointe. Après plusieurs tentatives opératoires sans intérêt aujourd'hui : je lui fait en novembre 1904, alors qu'elle avait 8 ans et demi, une greffe pédiculée prise sur le tibia du côté opposé, suivant le procédé de ReiceL. Le pédicule fut sectionné au bout de quinze jours, et la consolidation fut complète au bout de six mois.

Voici les radiographies successives qui vous montrent le développement progressif du tranplant. La première date du 25 octobre 1905, soit un an après l'intervention. La deuxième du 7 juillet 1906 montre que le transplant a augmenté sensiblement de volume et que le tibia s'est allongé.

La troisième, du 26 novembre 1906, fait voir la tendance de plus en plus grande à la reconstitution d’un os normal.

Enfin la dernière, faite le 21 septembre 1922, soit dix-huit ans après l'opération, montre le. tibia reconstitué sous une forme à peu près normale.

La malade marche parfaitement sans appareil. En l’examinant, on sent encore à la surface de la jambe le transplant formant une plaque dure. Le membre s’est très bien développé en longueur et en volume comme vous le montre cetie photographie. Le raccourcissement du tibia, qui était de 6 em. le

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23 juin 1905, est maintenant de 6 cm. 5, et l’atrophie du pied qui était de 4 cm. en longueur s’est réduite à 3 cm.

Ainsi, chez cette malade, l’atrophie du membre a cessé de progresser du jour où la fonction a été rétablie, et le développement s’est poursuivi dès lors d’une façon tout à fait normale,

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