INTRODUCTION — HISTORIQUE
La transfusion sanguine en goutte à goutte a été employée dans le traitement des anémies par Mariott et Kekwick, qui, les premiers, en donnent une technique et des indications précises en 1935.
À leur suite d’autres auteurs anglais, américains et russes : Wood, Sakajane, Vinograd et ses collaborateurs, publient de nouvelles observations en 1936. L'année suivante d’autres cas ont été publiés en grand nombre par Cubitt, Silverman, Matao, Starlinger, Winterton. Judine fait connaître également vingt cas de transfusions goutte à goutte avec du sang du cadavre.
En 1938, nouvelle modification de la technique utilisée : Clemens emploie du sang hépariné cependant que de nouvelles observations de transfusions avec du sang citraté sont publiées par Wilm et Jannisson.
Et pour la première fois en France Tzanck et Dreyfuss étudient cette nouvelle méthode, transfusion continue de quantités considérables de sang avec une lenteur extrême (100 grammes à l'heure), drip-transfusion des auteurs anglais, et lui donnent le nom de perfusion sanguine.
Mais le goutte à goutte ainsi utilisé pour transfuser de grandes quantités ne paraît s'appliquer, pour Mariott et Kekwick, qu’au traitement de l’anémie aiguë, soit qu'il s’agisse d’anémies par spoliation (Hématémèse, moelena d’ulcères gastriques, colite ulcéreuse) où souvent la transfusion a seule permis l'intervention curatrice, soit qu'il s’agisse d’anémie d'ordre médical (toxique, infectieuse, hémolytique, aplastique). En effet, à la fin de la driptransfusion effectuée avec une lenteur extrême, le taux d’hémoglobine, considérablement abaissé (20 à 25 %) est ramené à un chiffre voisin du taux normal (88 %), parfois même légèrement supérieur (103 %).
Mariott et Kekwick considèrent donc comme inutile et même dangereuse l'application de cette méthode aux malades dont le taux d’hémoglobine est normal.
En fait les indications de la transfusion goutte à goutte débordent largement le cadre des anémies. Tout d’abord, à l'encontre de l'opinion de Mariott et Kekwick, Tzanck et Dreyfus citent le cas d’une brulée ayant reçu trois litres de sang en cinq jours, après quoi la malade gardait un chiffre normal de globules.
Mais le fait important pour ces auteurs ainsi que pour Benda, c'est que la transfusion goutte à goutte permet d'éviter les dangers de réaction posttransfusionnelle dans les cas d’instabilité sanguine.
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Cette remarquable propriété doit être rattachée à l'introduction veineuse goutte à goutte du sang ; cette technique de goutte à goutte dépasse même fa, transfusion sanguine comme l'ont fait connaître les travaux de M. Loeper sur l’administration de substances médicamenteuses en goutte à goutte intra-
veineux.
Nous laisserons de côté les grandes transfusions de plusieurs litres « transfusions chirurgicales » d'urgence, pour consacrer ce travail aux transfusions médicales, généralement de petit volume. Celles-ci, en effet, lorsqu'elles sont effectuées suivant les différentes techniques classiques, n’apportent souvent aucune amélioration et peuvent même amener une aggravation de l’état du malade, du fait des réactions post-transfusionnelles, pour ainsi dire constantes chez des sujets en instabilité sanguine où se pose l'indication de ces petites transfusions.
Il nous a donc paru particulièrement intéressant d'étudier les indications et les avantages du goutte à goutte dans les petites transfusions médicales et d’en rappeler une technique intéressante par sa simplicité.
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