I. Luxation postérieure unilatérale
Nous n’en retracerons pas le tableau clinique bien connu, la démarche typique avec importantes oscillations des épaules, en rapport avec le signe de Tredenlenburg, l’atonie du moyen fessier. L'aspect bien caractéristique du malade dont la fesse est élargie dans sa partie haute par la saillie postérieure du grand trochanter ; le bassin est nettement antéversé du côté luxé, la cuisse a tendance à se mettre en flexion et en adduction.
Cependant toutes les luxations postérieures ne provoquent pas à un égal degré de troubles de la statique. Sans vouloir parler des luxations doubles symétriques dont nous verrons le surprenant équilibre et l’adaptation parfois remarquable, on doit reconnaître les profondes différences qui existent entre les malades. Chez certains les troubles de la statique sont tels que ia marche devient extrémement pénible du fait de l’absence totale d'appui osseux, de l’énorme lascité ligamentaire, de l’atonie des fessiers, de la position vicieuse des leviers osseux avec modification de l’équilibre transversal et aussi antéro-postérieur du corps, du fait enfin des attitudes secondaires de compensation qui s’établiront mais péniblement au niveau du rachis, des articulations des genoux même des
pieds.
La marche devient si pénible qu’elle ne peut dépasser quelques centaines de mètres. Ces malades sont vraiment des infirmes. Mais chez d’autres au contraire la luxation postérieure n’est pas incompatible avec un travail actif, voire une certaine agilité. Le nombre est grand surtout dans les campagnes des boiteuses infatigables, malgré leurs luxations très hautes au
stade ultime.
Pour ces luxations postérieures remarquablement supportées, les grossesses successives, l’obésité, la ménopause, l’arthritisme sont encore bien souvent les facteurs générateurs de douleur et obligent les patientes jusqu'ici peu soucieuses de leur luxation à venir demander une thérapeutique active.
Au point de vue radiologique, il est assez difficile de situer exactement une luxation postérieure. La tête fémorale est visible par transparence à travers la partie large de la fosse iliaque externe. On peut dire schématiquement que la luxation est d'autant plus postérieure et haute que la tête, sur un cliché rigoureusement de face, se rapproche davantage de l’inter-
ligne articulaire sacro-iliaque.