‹ Contribution à l'Étude des Indications et de la Technique des Butées Ostéoplastiques dans le Traitement de la luxation congénitale de la hancheChapitre 44 sur 47 · SOINS POST-OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

SOINS POST-OPÉRATOIRES

L’immobilisation correcte de nos opérés nous semble très importante. Un grand plâtre prenant le bassin et tout le membre inférieur y compris le pied nous paraît le mode d’immobilisation le plus sûr et le mieux supporté.

En effet, si les extensions par adhésifs employées par certains orthopédistes s’opposent en principe à l’ascension du fémur — ascension qui serait nuisible pour certaines butées exécutées pour des luxations hautes non appuyées, elles ne préviennent pas suffisamment les déplacements et surtout la rotation externe du membre qui a toujours une fâcheuse tendance à se produire. Or c’est la rotation externe qui éloigne la tête fémorale de l’acétabulum et tend ainsi à dérégler l’ajustage précis de la butée. Il est en outre certain que les malades immobilisés ainsi en rotation externe ont ultérieurement une période d'adaptation fonctionnelle, au moment de la reprise de la marche particulièrement pénible.

Nous faisons le plâtre en imprimant une trés légère

rotation interne et une abduction de 20 à 309 avan-

nt jers

tageuse surtout pour les luxations hautes puisqu'elle aboutit à un léger allongement fonctionnel.

La durée de l’immobilisation plâtrée varie avec l’âge des opérés mais surtout avec la variété de la luxation. Il est bien évident que l’immobilisation doit être notablement plus longue pour un adulte que pour un enfant dont les possibilités d’ossification sont plus considérables et il est logique de penser qu’une butée faite pour une luxation haute non appuyée dont le volet de rabattement est seul à s’opposer à la poussée de la tête fémorale doit être plus strictement et plus longtemps protégée par le plâtre qu’une simple horizontalisation du toit cotyloïdien faite pour une luxation marginale.

Alors que pour une subluxation, une luxation marginale, chez un sujet jeune, 5 à 6 semaines d’immobilisation nous paraissent très suffisantes — pour une luxation haute non appuyée 8 à 10 semaines, surtout s’il s’agit d’un adulte, sont nécessaires.

Ainsi pour gagner du temps, en cas de luxation double, nous avons l'habitude, d’opérer les deux côtés à 8 à 15 jours d'intervalle t.

Dix jours après l'intervention, nous coupons le plâtre en bivalve ce qui nous permet d’enlever les

fils et de surveiller la cicatrisation de la plaie.

, 1. En cas de luxations doubles, nous faisons un plâtre double, dès la première intervention que nous coupons en bivalve et retirons pour la deuxième hanche.

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Très tôt, il est utile de commencer les massages d’abord sur le membre sain puis en enlevant temporairement la valve intérieure du plâtre, sur la partie antérieure du membre opéré.

Surtout chez les sujets opérés pour une luxation non appuyée qui doivent être plus longtemps immobilisés, 11 y a intérêt dès la cinquième semaine, à mobiliser le genou en ouvrant à la partie postérieure de la jambe une large fenêtre. Cet entretien du tonus musculaire facilite considérablement la reprise de la marche qui a lieu de 6 à 10 semaines après l’intervention.

Habituellement, chez les enfants qui n’ont pas fait de poussée d’arthrite, la récupération fonctionnelle est étonnament rapide. Elle est plus longue chez les adultes pour qui, il est nécessaire d’associer les séances de massage et de mécanothérapie. Le genou, s’il n’a pas été mobilisé tôt est plus difficile à récupérer que la hanche opérée et c’est lui qui est habituellement aux premières tentatives de marche le siège de douleur et d'hydarthrose légère. La hanche opérée doit être mobilisée avec prudence et méthode. Il paraît préférable de récupérer les mouvements dans l’ordre suivant : flexion, extension, abduction, adduction, enfin rotation.

Pour les adultes, chaque fois que la chose est possible

il y a intérêt de faire au moins 12 à 20 séances de

ÉRNORNSE

mécanothérapie au rythme de 2 à 3 séances par semaine car il paraît indéniable que la mécanothérapie concourre puissamment au bon résultat fonctionnel des opérés si elle est faite avec méthode et sous une surveillance avertie.

Il est fréquent d’observer au cours de la période d'adaptation fonctionnelle qui suit une butée pour luxation haute, l’apparition de douleurs sur la hanche opposée. Celles-ci sont en rapport avec la fatigue plus grande de la hanche saine dont le temps d'appui au cours de la marche est très augmenté pour soulager le côté opéré. Cependant des douleurs ont souvent une cause que nous avons signalée : la mauvaise orientation du cotyle sain, du fait de l’abaissement du bassin du côté luxé.

Il faut connaître cette subluxation opposée, en quelque sorte fonctionnelle, Quelques uns de nos mala- : des ont été soulagés en quelques semaines par la simple compensation de longueur du côté luxé par une tâlonnette ou un liège dans la chaussure suivant l’importance du raccourcissement. Mais pour que l’amélioration soit réelle, il est indispensable d’avoir une compensation complète et même, du moins pour les premières semaines, une légère hypercorrection.

Enfin, chez les sujets ayant fait des poussées d’arthrite, dont les clichés radiographiques montrent des

lésions rhumatismales, il est abolument indispensable

de complèter l’action mécanique de la butée par un traitement dirigé contre l’arthrite.

Le repos joue certainement chez ces malades un rôle considérable, mais ils obtiennent souvent une amélioration surprenante par les agents physiques et surtout des cures hydrominérales.

Lorsque cette thérapeutique ne suffit pas à procurer une amélioration franche, nous faisons volontiers un forage du col à ciel fermé, guidés par la radioscopie, sous anesthésie locale. Cette intervention minime et de gravité nulle, ne rencontre aucune contre-indication et permet parfois d'obtenir la disparition complète des douleurs. Cet heureux résultat, s’observe surtout dans les cas où l’atteinte arthritique a une prédominance nettement fémorale.

Enfin, d’une façon générale, il nous paraît indispensable de suivre régulièrement nos opérés pendant les deux années qui suivent la butée. Ce laps de temp semble nécessaire pour une parfaite organisation des greffons en un butoir osseux, solide et efficace. Nous avons l'habitude de faire des contrôles radiologiques lorsque les circonstances nous le permettent à la sortie

du plâtre, trois mois puis six mois après l’intervention.

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