‹ Contribution à l'Étude des Indications et de la Technique des Butées Ostéoplastiques dans le Traitement de la luxation congénitale de la hancheChapitre 47 sur 47 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Il nous paraît intéressant de rappeler que la butée, intervention d'appui, trouve des indications variables avec les différents types de luxations congénitales

invétérées.

I. — La luxation antéro-externe. est une luxation essentiellement douloureuse —la douleur est en rapport avec la mauvaise qualité de l’appui, l’irrégularité, l’adaptation insuffisante des surfaces articulaires La butée, rééquilibrant l’articulation peut prévenir l’évolution fatale vers la coxarthrose.

L'intervention est vraiment efficace lorsque la coxarthrie n’est pas trop profonde. Lorsqu'il n’y a pas eu une modification trop importante de la morphologie des surfaces articulaires.

Il est parfois nécessaire de compléter l’action de la butée par une ostéotomie correctrice mais il nous paraît avantageux de ne poser l'indication de cette ostéotomie que secondairement et après le résultat fonc-

tionnel obtenu par la simple butée.

II. — La luxation intermédiaire est une luxation instable, caractérisée par l'importance de la boiterie transversale en rapport avec l'éloignement du point d'appui iléo-fémoral de la ligne médiane. C'est pour ramener leur centre de gravité, lors du temps d'appui unilatéral dans la marche, sur la verticale passant par ce contact iléo-fémoral très externe, que ces malades font une si ample oscillation des épaules.

La butée dans cette forme surtout, si elle est faite après un abaissement, une antéposition de la tête fémorale, peut notablement diminuer la boiterie et l'ascension à chaque pas, mais on peut penser que c'est dans cette forme qu'une ostéotomie d'appui et de direction, du moins pour les luxations bilatérales, trouverait son indication la plus logique car elle permet de reporter nettement plus près de la ligne médiane

le point d'appui iléo-fémoral.

III. — La luxation postérieure peut être étonnamment bien supportée dans ses formes bilatérales équilibrées. Dans cette variété de luxation les douleurs ne sont pas des algies osseuses, elles sont en rapport avec la distension des parties molles, de la masse des fessiers et avec des tiraillements du nerf sciatique. Cette distension constante et souvent progressive doit être arrêtée. Sans doute la butée pour ces luxations

postérieures est de technique difficile, elle nous paraît

cependant aussi justifiée que pour les luxations anté-

rieures.

Chez l’enfant :

La butée nous paraît avant tout être le complément du traitement orthopédique. Elle doit être proposée en fonction du pouvoir d’ostéogènèse qu’on peut logiquement espérer.

La radiographie donne une image infidèle de l’aplasie cotyloïdienne.

L'incoercibilité n’est réelle qu'après une loyale tentative de traitement orthopédique.

L'irréductibilité pour être vraie doit résister aux manœuvres externes faites par un orthopédiste entraîné. Mais les tentatives de réduction préalables pour les luxations rebelles ne doivent être ni trop appuyées ni trop renouvelées, elles ne doivent pas précéder de trop près une intervention sanglante car elles dévitalisent la zone opératoire. Les manœuvres externes et les interventions sanglantes, extemporannées, nous

paraissent incompatibles.

Au point de vue technique opératoire.

10 La voie de Smith Petersen semble la plus avantageuse même pour les luxations postérieures, si on a scin pour celles-ci, de prolonger l’incision suffisamment

en arrière, le long de la crête iliaque.

20 I] faut s'attacher à exciser complètement la fibrose comblant l'angle iléo fémoral. La section du tendon réfléchi du droit antérieure est indispensable. Ce temps d'excision est facilité par ia rotation externe du membre opéré.

3° Le volet de butée doit être adapté pour chaque variété de luxation quant à sa forme, son orientation, sa charnière de rabattement. Le volet est ajusté et fixé par un gros catgut à la capsule articulaire lersque la tête fémorale est, par la rotation interne, le plus possible rapprochée de la cavité articulaire.

4° Pour toutes les luxations où la tête fémoraie garde un certain contact avec le cotrie, il est utile de faire une large « horizontalisation » du toit cotvloïdien.

— Enfin l'appareillage des opérés, précis et suftisamment prolongé, pour les luxations hautes non appuvées, la mécanothérapie, une surveillance suivie et, chez l'adulte, un traitement médical dirigé contre l’arthrite, concourrent à la bonne qualité des résultats définitifs.

Va : Va :

de Doyen, Le Président &e thèse M. TIFFENEAU. MATHIEU,

Vu ei permis &’rmprumer :

Le Recteur de l'Académie de Paris,

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