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les septicémies et les pyoémies pour qu’on ne cherchat pas de microbes dans le sang. Les méthodes étaient variées. Jakowski, le premier, en 1893 ,ensemençait le sang prélevé par piqûre du doigt, et il trouve 7 fois sur 9 malades observés des microbes dans ses cultures : staphylocoques blancs et dorés et streptocoques. Strauss un an après montre la nécessité de ne se fier qu’à l’ensemencement de sang obtenu par ponction veineuse, et personnellement il obtient 13 résultats négatifs sur 143 examens. Depuis, les résultats négatifs se multiplièrent. Mangin-Bocquet sur 7 examens eut deux résultats positifs. Vaquez avec la technique de Strauss fit 17 examens avec résultat négatif dans tous les cas. Huguenin présente deux cas où il a pu isoler du sang de deux phtisiques un streptocoque ; une ponction de la rate lui donne aussi un streptocoque.
Beco prélève du sang veineux chez 20 malades, pen-. dant les dernières heures de leur vie, et dans tous les cas ses cultures restèrent stériles. Kerschenstèiner sur un total de 194 prélèvements, où la technique fut suffisante pour qu'il n’ait pas de doute sur la valeur de ses résultats, obtint 20 résultats positifs, mais presque toujours au moment de l’agonie. Zanoni, en 1900, cultive le sang ramené par ponction du poumon chez 14 phtisiques et dans six cas il a obtenu le staphylocoque (quatre malades fébriles, deux apyrétiques). Pierre Teissier recueillait le sang dans la veine et répartissait un centimètre cube dans 6 à 8 tubes de culture ; il insiste sur la nécessité de ne pas faire une répartition trop généreuse dans les tubes, et c’est à cela qu'il attribue les échecs de Strauss et de Béco. Sur cinquante-trois malades atteints de tuberculose chronique ulcéreuse avec fièvre, fièvre n’ayant pas toujours le
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type hectique, il a eu neuf résultats positifs : dans deux cas, c'était le staphylocoque doré, dans quatre, le staphylocoque blanc et enfin dans trois autres cas le streptocoque. 5
En 1903, M. Lemierre, dont la technique présente toute
garantie de sûreté, vu les très nombreux résultats positifs obtenus dans les infections les plus variées, ensemence 10 ec. de sang dans 300 à 500 gr. d’eau peptonée. Il obtint chez huit tuberculeux porteurs de.cavernes pulmonaires et présentant tous les signes d’infection profonde de façon constante des résultats négatifs. Il croit cependant qu’il y a pénétration passagère à un moment donné de microbes pyogènes dans le sang, et ce qui le prouve, ce sont les endocardites et les phlébites qui seraient dues aux microbes secondaires. En 1907, Spillmann, Simon et Ri- .chard rapportent un cas de tuberculose pulmonaire ulcéro-Caséeuse à marche rapide, où le sang fournissait un bâtonnet semblable au « bacillus mesentericus vulgaris » et un autre élément semblable au bacille de Bienstock. Ils attribuent à ces bactéries un rôle saprophyte.
En 1908, Parrichi de Gênes examine le sang de quatre phtisiques, quinze mois, deux mois, quinze jours avant la mort et qui à isolé une fois un pneumocoque, sans réaction spéciale, pathogène pour læ souris. La thèse de Braun, de 1912, comprend huit cas d’infection sanguine à pneumocoques chez ‘des tuberculeux pulmonaires. En 1913, Avary et Lyall examinent le sang de cinq bronchéctasiques, de sept tuberculeux au début, de soixante-cinq tuberculeux moyens, de trente-huit avancés et un au moment de la mort sans trouver à aucun moment de bactériémie caractérisée. Ernst Peters, en 1914, essaye de détermnier la
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part de l'infection mixte par les réactions humorales : fixation de l’alexine par le serum de malades et les microbes notés dans leurs crachats et la réaction d’agglutination. Il trouve des réactions positives dans des cas où les crachats présentent des éléments microbiens autres que le bacille de Koch, mais aussi dans des cas où le bacille de Koch est pur. Fairfack, Halel et Hervey publient en 1917 leurs recherches sur les infections dans le sang de tuberculeux : ils trouvent que le sang est infecté chez deux malades sur quarante-trois examinés. Hall décrit le streptococcus non hémolyticus comme l’agent pathogène le plus fréquent dans la tuberculose pulmonaire. H.-J. Corper, W.-G. Donald et N.-W. Antz, rapportent neuf cas de cultures positives sur deux cent seize phtisiques (quatre staphylocoques considérés comme des contaminateurs ; un tetragène, deux pneumocoques, deux streptocoques).
Au total, les recherches que nous venons d’énumérer portent sur six cent quatre-vingt-sept cas ; le nombre de cultures positives remonte à quarante-cing, donc la fréquence de septicémies pyogènes chez des phtisiques serait d’après nos prédécesseurs de 6,5 %. Mais de ce nombre il nous faut, croyons-nous, éliminer les expériences où la technique était défectueuse, comme celle de Jakowski qui prélevait du sang par piqüre du doigt, comme celle de Zanoni qui ramène son säng par ponction du poumon malade ét nous voyons alors que les cultures positives se réduisent à
un nombre minime ; nous sommes donc en droit de con-
clure que les septicémies pyogènes ne se rencontrent au cours de la tuberculose pulmonaire qu’à titre exceptionnel. Formule leucocytaire. — Certains auteurs ont ratta-
raies
ché aux infections secondaires les modifications dans la composition du sang, dans la formule hémo-leucocytaire qui se produise dans la tuberculose pulmonaire ulcéreuse. Hayem fut le premier à remarquer combien l’état phlegmatique du sang était plus marqué dans les cas ou une autre infection s’associerait à la tuberculose. Stein et Erbmann, Grawitz essayent de dissocier les perturbations de l’équilibre leucocytaire, ce qui revient à la tuberculose elle-même et ce qui était la part de microbes suraJoutés. On attache une importance croissante à ces associations secondaires et une série d’auteurs (Strauer, Klein, Appelbaum, Lœper) arrivent à conclure que la tuberculose pure ne s'accompagne pas dé grandes modifications leucocytaires et que celles-ci relèvent entièrement de l’infection secondaire. D’après les mêmes auteurs les tuberculoses aigües, en particulier la granule, s’accompagnent d’hypoleucocytose ou d’une leucocytose modérée. Halbron trouve que la tuberculose au début ne s'accompagne pas de grandes modifications leucocytaires ; dans ses périodes avancées, au contraire, on constate la formule hématologique des infections suppuratives : leucocytose plus où moins intense et surtout polynucléose très marquée: D’Oelsnitz a vu la même modification se produire après inoculation d’un crachat contenant à la fois des bacilles tuberculeux et des microbes pyogènes.
A l’état actuel de nos connaissances ‘on admet — et les classiques sont d'accord sur ce point — qu'aux premières périodes il peut y avoir une légère leucocytose, et de la polynucléose s’il existe de la fièvre ; les oesinophiles sont en quantité normale. Au moment des cavernes on constate une leucocytose qui atteint fréquemment 30.000, au lieu
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de 6.000. Gravitz et Loepper l’attribue aux infections secondaires, Besançon et Labbé à la fièvre ; de fait sa marche est assez parallèle à celle de la température ; mais elle ne va pas en s’accentuant progressivement jusqu’à la mort ; elle évolue parallèlement aux poussées évolutives de la maladie et se rapproche de la normale dans tes périodes d’accalmie. Ces notions sont évidemment en faveur de l'infection tuberculeuse ; c’est donc celle-ci, et non pas l'infection secondaire, qui cause les modifications dans
la formule leucocctaire dans les formes communes avec
poussées évolutives ulcéreuses. De plus, dans la bronchopneumonie tuberculeuse et la pneumonie caséeuse il y. augmentation légère de leucocytes et polynucléose appré-
Cia. Quant à la granulie, les résultats sont contradic-
toires : hyperleucocytose d’après Osler, hypoleucocytose pour Besançon et Labbé, peu de modifications dans le nombre de leucocytes pour Halbron.
Réaction glycogénique d’Ehrlich. —— Ehrlich a montré qu’en exposant des lames de sang desséché aux vapeurs d’iode, les leucocytes se teintaient en jaune, sauf les points contenant du glycogène qui prenaient une coloration bruuacajou. Cette réaction est surtout marquée dans le sang de malades atteints de suppurations diverses. Kaminer l’a recherchée et. observée chez des phtisiques gravement atteints qui présentaient de la fièvre hectique. En comparant ces résultats avec ceux obtenus dans les processus septiques et suppuratifs, il conclut que la réaction est l'expression de l'infection mixte par les microbes pyogènes. | Schrœder s’est livré aux mêmes études chez trente phti-
pie
siques qui étaient pour la plupart des cavitaires et qui présentaient les divers types de fièvre. La réaction d’Ehrlich fut négative dans tous les cas, sauf chez deux malades où elle fut suspecte : il s'agissait dans un cas d’une tuberculose laryngée grave avec ulcérations, dans l’autre d’une tuberculose miliaire aigüe. Mais Kaminer a examiné le sang de ses malades peu de temps avant la mort, ef d’après Schrœder c’est là l'explication de leur désaccord à cette période l’organisme devient le rendez-vous de microbes de toutes sortes et on s’explique que la réaction glycogénique puisse se produire. Il est donc bien difficile de voir dans les recherches de Kaminer une indication nette sur le rôle.des infections secondaires dans les modificalions pathologiques du sang de tuberculeux.