‹ Contribution à l'étude des Infections Secondaires dans la Tuberculose Pulmonaire: Etude clinique; hemocultures et examens bactériologiques de l'expectorationChapitre 23 sur 62 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

F... Léon, 40 ans. à

Bucillose pulmonaire commune bilatérale à tendance caséeuse. Signes d'ulcération spetoncique aux deux sommets. Respiration 40. Pouls 112 .Tension 11 4, 9. Température entre 38° et 39° à petites oscillations. Décédé le 21 août 1921.

Autopsie : Poumon droit : Le lobe supérieur est transformé en une immense caverne remplie de pus. Le reste du poumon est parsemé des tubercules ramollis et des granulations miliaires disposés en ilots. ete

[le poumon gauche très adhérent, présente au sommet une

caverne. Le tiers moyen, nombreux tubercules caséifiés et des gra nulations grises.

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Tous ces malades à côté des lésions cavitaires indénia-

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bles et d’ailleurs souvent considérables, présentent des lésions étendues de généralisation de processus tuberculeux sous la forme des lésions récentes. Ces lésions sont tantôt des poussées de granulie plus ou moins généralisée, tantôt des poussées des petits tubercules en période de crudité et non ulcérés. La juxtaposition des lésions avec les symptômes cliniques présentés par les malades montre bien, que se sont ces lésicns de généralisation récente qui ont amené le malade à l'hôpital venu pour y faire sa poussée tuberculeuse terminale. Par suite il semble bien également que la fièvre présentée par ces melades soit comme les autres symptômes en rapport direct avec la poussée récente et terminale des granulations et des tubercules et non pas avec l'infection d’origine speloncique, émanée des cavernes existant depuis fort longtemps et à manifestations cliniques plus ou moins silencieuses du point de vue des phénomènes généraux tout au moins.

A signaler d’ailleurs tout particulièrement que le malade de l’observation [ qui, sans présenter le type régulier de la fièvre hectique, avait cependant une température oscillant très irrégulièrement entre 37° 5 et 39° 5, a présenté exclusivement à l’autopsie un processus de granulie pulmonaire sans aucune ulcération cavitaire ou autre ct par conséquent « présenté un lype indéniable de fièvre. élevée et à grandes oscillations irrégulières relevant de la seule infection tuberculeuse. Nous signalerons encore ‘e malade de l’observation 9, qui présentait des cavernes aux deux sommets, et une fièvre relativement peu élevée et à petites oscillations.

Il semble donc bien d’après l’ensemble de ces observations que, tout au moins sur le terrain anatomo-clinique,

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la plupart des grands processus thermiques terminaux chez les tuberculeux pulmonairees, qu’ils soient réguliers, qu'ils soient irréguliers jusqu’à la production du type hectique; il semble donc, disons-nous, que tous ces mouvements fébriles s’intérprètent uniquement. par intervention des poussées terminales purement lubecruleuses sans “qu'il ait lieu de faire appel à des processus microbiens surajoutés dont l'intervention devient en tout cas tout à fait hypothétique.

B. Réflexions sur l’allure terminale des phtisiques

Les malades que nous avons observés pendant les dernieres semaines de leur vie présentaient, comme du reste tous les phtisiques, une allure terminale spéciale que l’on n’observe généralement pas dans les autres maladies, tant au point de vue mental que symptômatique. Cette allure terminale ne se retrouve d’ailleurs pas non plus chez les chirurgicaux infectés avec lesquels surtout nous voulons établir un parallèle. Ce qui frappe surtout dans l’habitus de-nos phtisiques, c’est le calme répandu sur leur face et contrastant avec les symptômes généraux extrêmement graves qu’un examen complet révèle au médecin. Les malades interrogés avec Soin finissent par reconnaître l’existence de certains de ces symptômes, mais encore ne le font-ils souvent qu'avec des réserves d’un optimisme vraiment déconcertant. Leur face est le plus souvent pâle, les muqueuses. sont décolorées, celles des lèvres et de la : . bouche principalement ; la pâleur du voile du palais est, à ce point de vue, très caractéristique, quoique inconstante. En opposition avec cette pâleur, il y a souvent de la rougeur des pommettes qui persiste jusqu’au dernier

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jour. Nous n’observons pas chez nos phtisiques : ce teint plombé, ce facies tiré des infectés chirurgicaux ; de délire, ni des troubles psychiques, ni cette « agitation calme » de si mauvais augure. L'état mental en particulier reste intact ; le grand phtisique fait des projets d'avenir la veille de sa mort et bien souvent il s’éteint, sans avoir Conscience que la fin est si proche, épuisé, quelquefois avec un sourire aux lèvres. C’est le cas d’un officier, qui mange avec appétit malgré ses 40° de fièvre, et qui projette une demi-heure avant sa mort de louer une villa pour passer sa convalescence. C’est le cas d’un autre malade qui, sous-officier de carrière, ne veut pas se laisser réformer désirant auparavant terminer ses quinze ans de service pour avoir sa retraite. Nous aurions pu citer nombre d’anecdotes et des mots, cyniques mais surtout tristes concernant la mort où le cimetière et qui cæculent couramment dans les salles des grands tuberculeux (boulevard des allongés, champ des courses, etc) |

Chez nos tuberculeux à la période ultime nous observons tous les types de fièvre. Tantôt le pouls suit l’évolution thermique, tantôt, et le fait est relativement fréquent, ’e pouls est aux environs de 100, alors que le thermomètre n'indique qu’un 38°. En général le pouls reste petit et accéléré allant jusqu’à 100, parfois au-dessus pendant la matinée, pour augmenter encore au moment de l’exacerbation fébrile vespérale. Un caractère important de cette fièvre est de ne pas être ressentie, et tel malade qui à une température de près de 40° n’en est pas incommodé et conserve même son appétit. Ces faits sont loin d’être excep- tionnels chez les phtisiques. Par contre les infectés chirur-

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gicaux ressentent souvent de frissons, des frissonnements prolongés, perdent constamment leur appétit.

Il semble donc d’après ces constatations que l'allure générale des grands phiisiques à la phase terminale est empreinte des caractères spécifiques, que ces troubles sont produits par le bacüle de Koch et ses toxines puisqu'on ne les retrouve pas avec cette entité chez d’autres infectés, et, à notre sens, ü n'y à pas licu d’invoquer les infections secondaires pour expliquer la cachexie et. la mort des phtisiques. È

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