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séparé du corps de l'animal, dans les mêmes conditions que dans la vie réelle.
Le lapin ou le chien eue (le labi, de préférence, car son intestin est plus sensible et plus con- © tractile), on tire en dehors la partie moyenne de l'intestin grêle qui correspond à l’anse la plus longue et la plus mobile. On place deux canules, l’une dans l'artère mésentérique correspondante à l’anse, l’autre dans la veine ; les canules de verre sont maintenues solidement en place par des ligatures. Les canules en place, l’anse est réséquée ; on lie les vaisseaux latéraux intéressés par la section du mé sentère. On introduit alors aux deux extrémités de l’anse des canules permettant de recueillir le liquide intestinal évacué. L’anse est placée dans le liquide de Ringer-Locke contenu dans une étuve plate dont on maintient la température constante : environ 30°. Le liquide de Ringer-Locke a la composition suivante : | de : |
Chlorure de sodium....... 8 à 9 grammes.
— potassium..... O gr. 20 centigr.
nr D CACHE AERS >: oO gr. 20 centigr.
Bicarbonate de soude....... o gr. 20 centigr. Glycoset 7.21 te 2. D QTATNMIE | Eau distillée.......... Pire 1000 grammes
Les sels une fois dissous dans l’eau distillée, onfait passer un courant d'oxygène dans le liquide ;
on y place l’organe et on maintient Île tout à une température de 38, 4o degrés. On entretient ainsi,
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pendant un assez long temps, la vie de fragments d’'ntestin et même de l’utérus, de la vessie et du cœur. Le liquide de Ringer-Locke est destiné à rem-
placer le sang : c'est un fait, en effet, connu mainte-
nant, que des organes dans lesquels on rétablit la circulation de sang oxygéné, après les avoir séparés du corps, reprennent leur fonctionnement, même lorsqu'ils’ ont été pendant plusieurs heures privés de sang. On remplace avantageusement lé sang par des solutions isotoniques stérilisées de chlorure de soude à 7 ou mieux 9 pour 1000 d’eau bouillie, stérilisée ; ces solutions peuvent rétablir et entretenir le fonctionnement des organes durant un temps variable ; on se sert actuellement du liquide de Ringer- Locke -OxXYgéné. L'intestin plongé dans ce liquide
‘continue à présenter de légers mouvements péristal-
tiques, comme il en avait présenté à l'ouverture de l'abdomen sous l'influence de l'air. Le plus vite possible, afin d'éviter des coagulations vasculaires, on fail passer à travers les artères et les veines une solution de Ringer-Locke à la même température que celle de l’étuve : 39°. Aussitôt que le liquide commence à couler, l'intestin animé de peu de mouvements, présente des contractions péristaltiques très amples et continues. Ce sont des ondes bien ryth mées, des mouvements de reptation ressemblant
aux mouvements des serpents ; ces ondes augmentent peu à peu d'intensité et finissent par évacuer
lout le contenu de l'anse intestinale : c’est une véritable défécation. De plus, dans l'intestin, il se pro-
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duit une transsudation aqueuse qui s'écoule au dehors par la canule intraintestinale et que l'on recueille dans une capsule pour en évaluer la quantité.
L'intestin placé dans ces conditions et traversé quant à ses vaisseaux par un courant continu de liquide de Ringer conserve sa vitalité (mouvements péristaltiques, transsudation) pendant très longtemps : »4 heures et plus. Cependant Carnot et Glénard n'ont utilisé, dans leurs expériences, Îles segments d’intestin que pendant deux heures au maximum ; car, après ce laps de temps, des phénomènes RSA se Juxtaposent aux phénomènes Vilaux : putréfaction commençante capable de fausser les résultats et même de donner, comme nous l'avons constaté dans quelques cas, des résultats inverses à ceux que nous attendions.
Il faut encore que la température, la pression, la vitesse de passage, l’oxygénation du liquide perfusé soient constantes et que la température de l'étuve égale celle du liquide de Ringer injecté dans les vaisseaux. |
La température doit être de 89°, 40°. au maximuun ; le débit optimum de passage du Ringer doit être de ro à 15 cc par minute : c’est le meilleur débit pour l'étude des phénomènes de profusion : ia pression doit être de 0.50 em d’eau (1).
Pour étudier l’action des substances médicamen-
(1) Messieurs Carnot et R. Glénard ont modifié depuis peu cette technique. mais le principe en reste toujours le même.
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teuses sur l'intestin, des purgatifs en particulier dans le cas qui nous intéresse, on ajoute ces substances, à doses convenableë, mais presque toujours minimes, au liquide de Ringer-Locke. Cette substance passe avec le Ringer .par les artères et les veines mésentériques et viennent influencer soit la motricité, soit la sécrétion de l’anse intestinale isolée ou les deux à la fois.
Le schéma suivant montre la disposition de l’ap- - pareil. :
À. Entonnoir gradué contenant le liquide de Ringer-Locke, plus la substance médicamenteuse ;
B. Tuyau de caoutchouc muni d’une pince et aboutissant à la canule placée dans l’artère mésentérique ;.
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GC. Cuvette remplie de sérum physiologique ou de Ringer et contenant l'intestin E ;
D D’, Thermomètres : les deux températures doivent être, autant que possible, égales ; ce qui, en sénéral, n’est pas très facile à obtenir ;
F. Rampe de gaz ; ,
G. Etuve plate pareille à celles employées en bactériologie pour la solidification du sérum ;
H. Support de l’entonnoir sur lequel glisse celuici : ce qui permet de faire varier la pression.
La photographie ci-dessous montre l’anse grêle gonflée, remplie de sécrétion, les vaisseaux intestinaux injectés par le liquide, la canule placée dans l’artère mésentrique irriguant l’anse et le tuyau en caoutchouc amène le liquide de Ringer- -Locke contenant le médicament, ‘de l’entonnoir dans les
vaisseaux. =
L'intestin placé dans ces conditions vit à peu de ‘chose près comme s’il faisait encore partie du corps de l’animal. Les purgatifs injectés dans les vais-
seaux. par l'intermédiaire du Ringer agissent sur
l'intestin comme s'ils avaient été injectés sous la
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peau ou dans les veines. La technique de Carnot et R. Glénard était la meilleure pour nous pour étu dier l'effet des divers purgatifs en injections souscutanées ou intraveineuses. |
Avant de commencer cette étude, disons quelques mots des mouvements normaux dé l'intestin. Dans l'intestin grêle, les mouvements péristaltiques sont lents, faibles, et s'ils s’exagèrent sous l'influence d’un purgatif — le séné par exemple = ces,mouve-. ments donnent des coliques. Certains purgatifs provoquent l’exagération du péristaltisme, d’autres agissent en augmentant l’hypersécrétion des glandes de Lieberkhün, donnant de la diarrhée séreuse sans colique. Ces mouvements péristaltiques sont dus à la contraction des {uniques musculaires transversale et longitudinale de l'intestin. En arrière des matières, les fibres circulaires et transversales, en se contractant, chassent ces matières devant elles ; en avant, les fibres longitudinales, en se raccourcissant par suite de leur contraction, amènent au-devant de ces matières la portion de canal dans laquelle elles vont s'engager. Au mouvement péristaltique, pour faciliter encore la progression des matières, se Joint un phénomène d'inhibition dans le segment sousjacent. Celui-ci se relâche alors qu'au-dessus des matières il y a renforcement de la contraction. Il se produit ainsi sur toute l'étendue de l'intestin grêle, mais surtout dans les premières portions (duodenum. et jejunum) des mouvements péristaltiques (peutêtre aussi antipéristaltiques, mais ces mouvements
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sont contestés) des ondes continues surtout visibles à l'ouverture de l'abdomen grâce à l’air et auxquelles on a donné le nom de mouvements vermiculaires. Dans le gros intestin, mêmes mouvements péristaltiques mais plus lents. Ces contractions poussent lentement les matières fécales vers l’S iliaque. Là, les matières s'arrêtent et ne descendent dans le rectum que par intermittence sous l'influence de contractions plus vives : il se produit alors un réflexe provoquant la défécation ; si ce réflexe n'aboutit pas, les matières retournent dans l'S iliaque. De plus, des mouvements antipéristaltiques étudiés par Cannon en 1903-1904, brassent et mélangent les matières fécales dans le cœcum et les colons transverse et ascendant jusqu'à ce qu'une contraction péristaltique plus énergique chasse plus loin lo masse fécale accumulée en quantité suffisante. Les matières ne provoquent le besoin que si elles sont arrivécs dans je rectum : leur état solide exige l’effort ; si ces matières ont une liquidité anormale, le ,ectum seul suffit à les expulser sans intervention de la volonté qui s'abstient de mettre aucun obstacle à cette expulsion.
Sulfate de Soude
On a employé des solutions faibles dans le liquide de Ringer-Locke. On a expérimenté sur des intesins présentant des mouvements péristaltiques